mardi 26 février 2008

SAVEURS A L'HONNEUR


Rendons à César .... bis repetita


Je dois au Flora Danica (voir article du 18 février 2008) la découverte du Magazine de l'art de vivre gourmand, autrement dit Saveurs. Une pile du numéro de fév-mars me faisait de l'oeil pendant que le maître d'hôtel vérifiait la réservation pour le brunch.

Le feuilletage du numéro me mit l'eau à la bouche et j'ai, depuis, regardé des éditions plus anciennes. Le menu d'aujourd'hui est largement inspiré de celui de novembre 07 pour la soupe et de celui de sept-oct 07 pour le dessert. Le plat de légumes ne doit qu'à mon créativité. Je l'ai conçu pour Bernie qui freine ses envies
pour cause de régime (mais qui nous propose sur son blog une belle mousse orange ... alors je lui ferai tout à l'heure une mousse ... à l'orange) .

L'ensemble du repas est d'ailleurs totalement basses calories au désespoir de ma famille qui me reproche régulièrement le manque de sel, de beurre et de sucre au profit d'épices dont le parfum m'enchante mais dont le goût ne leur convient pas systématiquement.

C'est pour votre bien, mes chéris. Plus tard vous m'en saurez gré ...


Nous démarrons avec les ingrédients de
la soupe de courgettes aux pois chiches

On rince les pois chiches et on les égoutte.

On lave les courgettes et on les coupe en cubes sans les peler (enfin, personnellement je les épluche un peu comme sur la photo).

On retire le germe central de l'ail (c'est bien visible
... on digérera mieux).

On épluche l'oignon et on l'émince pour le faire revenir dans une cocote 5 minutes à l'huile d'olive avec 1 cuill à café de cumin et 1/2 de curcuma.

On ajoute alors les courgettes, l'ail, le bouillon cube émietté (on corrige l'erreur de paquet sur la photo : le bouillon de volaille est préférable au bœuf), 75 cl d'eau (la bouteille entière) et les pois chiches.

Après ébullition, on laisse mijoter 25 minutes à feu doux. On mixe.

On servira avec de la coriandre fraiche ou surgelée.

Pendant ce temps,
les carottes sont cuites

On ne peut pas imaginer plus simple : une noisette de beurre, un éclat d'ail, un morceau de gingembre frais épluché de la taille d'une noisette (cela se devine sur la photo) et des carottes en rondelles. Le tout en cocotte ... un certain temps ... comme aurait dit Fernand Raynaud.
J'insiste : pas de sel !

Le dessert sera sans sucre, sans beurre, mais aromatisé en suivant la préconisation de Saveurs qui revisite
la mousse au chocolat
en y ajoutant un zeste d'orange et le jus d'1/2 orange pour y faire fondre le chocolat. Mais on pourrait remplacer par une cuillère à soupe du sirop de son choix. J'attends vos commentaires pour me lancer moi-même. La photo est suffisamment explicite pour que je n'ai pas besoin de recopier la recette.

Bon appétit ... pour sûr ...!

lundi 25 février 2008

JAMAIS DEUX (Oscars) SANS TROIS


Thank you MARION pour lobbying


Aujourd’hui la France entière se réjouit autour de Marion Cotillard.

Entendre des bêtises à la télévision, c’est banal … Sur TF1, Jean-Pierre Pernaud enchaîne ce midi les erreurs en annonçant par exemple que Marion Cotillard est la première française à recevoir un Oscar. On a du lui souffler dans l’oreillette (heureusement qu’il existe des oreillettes et des prompteurs …) les bonnes réponses puisqu’il corrige ensuite en rappelant que Simone Signoret a reçu cette distinction en 1960 (pour les Chemins de la haute ville de Jack Clayton), et plus récemment Juliette Binoche (pour le meilleur second rôle féminin dans le Patient Anglais d’Anthony Minghella en 1997). S’il y a bien une première fois je dirais que c’est de récompenser un film français d’un réalisateur français, Olivier Dahan en l’occurrence.

Roberto Benigni peut respirer: le cinéma français est à la hauteur de ceux qui l’ont inventé. Les français reçoivent trois oscars : l'Oscar du maquillage pour la Môme, celui du meilleur court métrage pour le "Mozart des Pickpockets" de Philippe Pollet-Villard (précédemment primé à Clermont-Ferrand et aux Césars) et celui de la meilleure actrice.

Nombreux sont les villes et villages à revendiquer désormais une parenté avec Marion ! Le billet consacré à la soirée des César m’a valu de recevoir d’un lecteur de la région d’Orléans un message électronique exprimant ses vœux pour les Oscars pour sa compatriote orléanaise. Je n’ai pas eu le temps de publier ce commentaire, ce qui m’évite de devoir apporter moi aussi un démenti.

Car c'est à Paris que Marion est née en 1975. Elle a certes passé des années à Orléans où elle a reçu sa première distinction professionnelle. Avec le premier prix du conservatoire d’Art Dramatique en 1994.

C’est ce qu’on appelle « une enfant de la balle » puisque sa maman est comédienne et son père réalisateur, ce qui ne diminue en aucune manière son talent, immense, et son travail, manifestement énorme.

On raconte que depuis deux ans elle se consacre à la promotion du film, en multipliant les actions de lobbying. C’est-à-dire qu’elle fait comme nos chers « vieux » (l’adjectif se veut ici affectueux) académiciens qui doivent rendre visite à chacun des membres de l’Académie française avant d’oser espérer une élection et d'endosser le superbe habit vert. Rien ne tombe du ciel. La reconnaissance ne peut pas être due à un concours de circonstances.

Lobby est un mot anglais signifiant « vestibule-antichambre ». Le lobbyiste est celui qui attend patiemment dans les couloirs du pouvoir l’occasion de parler à un décideur, pour le convaincre … en général de quelque chose qui a besoin d’être défendu. C’est plutôt un terme péjoratif, rarement traduit par l’expression plus neutre de porte-parole.

Le sous-titre du présent billet « Thank you pour lobbying » est une allusion à l’excellent film Thank you for smoking, de Jason Reitman, sorti en 2006. Le principe amoral du lobbying y est parfaitement démonté, avec intelligence et humour. On peut encore y voir une pirouette car si on retirait le mot «merci» des soirées de remise de prix il n’y aurait plus guère de dialogues !

Voici donc deux films à voir ou revoir : la Môme et Thank you for smoking.

Ceci n’était pas une négociation, mais une argumentation
(une des savoureuses répliques d’un des deux longs métrages cités)

J’ajouterai Thank you E…. pour celui qui m’a fait découvrir le film.

dimanche 24 février 2008

CADEAU POUR LES VACANCES





J'ai reçu cette jolie carte postale et vous pouvez cliquer sur le lien pour choisir la vôtre parmi trois modèles.



Voici ce qui était en quelque sorte écrit sous la carte :




français
English
中文
日本語
Cette carte postale électronique vous est envoyée depuis le site du
Musée National des Arts asiatiques - Guimet
Le 24/02/2008 par A bride abattue
La plaine de Musashi

Utamaro Kitagawa (1753-1806), xylogravure sur papier
Heureuse découverte d'apprendre que 6 grands musées nationaux sont gratuitement ouverts depuis le 1er janvier pour 6 mois (merci Monique !) : le musée archéologique de St-Germain -en-Laye, le musée du Moyen-Age de Cluny (Paris) , celui des Arts et Métiers, du Bourget, le musée de la renaissance d’Ecouen et le musée Guimet.

Que ceux qui ne peuvent pas partir en vacances se réjouissent : ils pourront par exemple admirer les trésors de l'Asie sans investir davantage que le prix d'un billet de métro ou de RER.

Que ceux qui auraient la flemme de sortir en profitent au moins pour envoyer une carte postale à leurs amis. Sans besoin de prétexter le manque de carte, d'enveloppe, ni même de stylo. Tout est virtuel mais le plaisir est bien réel !

J'AI DESCENDU DANS MON JARDIN

La bruyère ne fait pas l’automne

Un rayon de soleil et la journée prend une toute autre allure. Et je ne vais pas me priver de vous faire partager mon étonnement.
Jusqu’ici j’associais la bruyère aux jours qui raccourcissent, aux teintes mordorées qui colorent les arbres, au crissement des allées sablées des forêts solognotes, au parfum des cèpes, à l’annonce des feux de cheminées, à l’envie d’une tasse de thé.

Est-ce le bouleversement climatique, un caprice de la nature, une erreur de jugement … toujours est-il que ce matin je ne vous chanterai pas : c’est aujourd’hui dimanche, voici des roses blanches …
Je me réjouis de la découverte de ces délicates clochettes mauves et je vous lance le défi de trouver le nom de la plante qui émerge à côté et qui bientôt (indice précieux) protégera la bruyère aussi bien qu’un parasol.

samedi 23 février 2008

RENDONS A CESAR !

Pinocchio au secours de César

Voilà que je vais signer mon premier billet d’humeur.


Je confesse que je n’ai rien lu sur ce qui a pu être publié à propos de la soirée télévisée d’hier et que je n’ai absolument rien écouté en terme de critique à la radio depuis.

Je ne sais donc pas si je me situe dans la moyenne de ce qu’ont pensé les téléspectateurs ou si je suis a-normale (au sens propre : hors normes) mais j’ai fini par éteindre mon poste avec dégoût.

J’étais pourtant heureuse de passer une soirée en compagnie de ces gens du cinéma auxquels je dois tant de bons moments comme simple spectatrice. La performance offerte par Valérie Lemercier l’année dernière était si époustouflante que je m’attendais à au moins autant de bonheur.

J’avais donc allumé le poste en avance, ce qui est le meilleur moyen de ne pas être en retard. J’apprends qu’on attend Fanny Ardant, qui est annoncée en retard pour remettre un César d’honneur. C’est curieux car d’habitude les César d’honneur sont donnés en cours de cérémonie, pour rompre un rythme qui pourrait s’essouffler.

Le journaliste interroge l’actrice « enfin » là et lui propose les embouteillages parisiens en guise d’excuses. L’étonnement se lit sur son visage. Mais cette grande dame susurre lentement de sa voix profonde : on m’avait dit 9 heures … L’homme encaisse : alors c’est que nous sommes en avance…

L’émission démarre avec les sacro-saints hommages aux disparus de l’année. Sauf que cette fois mes yeux n’arrivent pas à capter la totalité des noms qui sont tous sur le même écran. Seul Alain Robbe-Grillet se détache, peut-être en raison de sa longueur. Suivent quelques extraits de films peu connus et bien choisis qui mettent en valeur les talents d’interprète de Jean-Claude Brialy, Jean-Pierre Cassel et Michel Serrault. Un carton nous apprend que la soirée leur est dédiée. On pense donc en toute logique qu’il en est fini des hommages posthumes. Première erreur.

Déboule sur scène Jean Rochefort. Un acteur immense, mais dont on ne sait pas toujours s’il plaisante ou s’il est sérieux. Ce qui est manifeste, c’est qu’il ne connaît pas son texte. Il essaie d’en tirer gloire et cherche à nous convaincre que l’originalité de sa tenue va lui valoir une place de choix dans les pages « people » des magazines. Tout cela parce qu’il arbore un smoking avec un col Claudine. Tiens donc, le premier hommage est pour Colette ! Voilà de quoi aider le retour de l’autorité à l’école !!!

Comment donc, vous ne savez donc pas que le col Claudine, c’est le col rond de la blouse d’écolière à l’époque où celle-ci était obligatoire ? Ladite Claudine fut l’héroïne d’un livre de Colette, l’écrivain.

Les yeux de Jean Rochefort hésitent. Je me dis qu’il a du mal à lire le prompteur. Ma famille me raille : un prompteur, pour des comédiens, tu n’y penses pas !

La suite de la soirée me donnera raison. Le cameraman fera moult plans larges où l’on voit nettement défiler du texte sur un écran arrimé à la corbeille au-dessus du parterre, et puis un autre, moins grand, accroché à la scène. Le spontané va être réduit, forcément. Qui osera improviser ?

Les tentatives de plaisanterie d’Antoine de Caunes sont misérables. C’est grossier, inélégant, indigne … Je ne vous raconterai pas son hommage morbide au Mime Marceau. C’est à oublier très vite.

De même que les allusions graveleuses à la vie privée du président de la République qui ne font pas rire les spectateurs. On en a assez de toutes ces blagues autour de quelqu’un m’a dit …

Et quand Antoine de Caunes fume ostensiblement pour agacer ceux qui aimeraient en griller une on se dit que Serge Gainsbourg aurait été plus délicat, c’est dire … Les remises de prix s’enchaînent sans rythme. Heureusement que le réalisateur avait mis en boite la parodie d’une scène de la Môme interprétée magistralement par Valérie Lemercier (ouf elle fut des nôtres malgré tout).

Fanny Ardant est demandée sur scène pour remettre un César d’honneur à Roberto Benigni qui, égal à lui-même et sans le secours d’un prompteur, se lance dans un discours enflammé sur le cinéma, l’Italie, les femmes. Il nous amuse quand il se plaint que la France ait volé à son pays ses plus belles femmes, Carla Bruni, Monica Belucci et la Joconde. Il suggère à Fanny Ardant d’émigrer pour rétablir l’équilibre. Rien ne l’arrête. Roberto Benigni s’enflamme davantage et harangue les invités. C’est vous, les français qui avez inventé le cinéma, alors vous vous devez de faire le meilleur cinéma du monde. Il s’arrête soudain après plusieurs longues minutes d’exaltation et demande une minute de silence pour deux grands disparus du cinéma dont personne n’a songé à parler auparavant : Michelangelo Antonioni et Ingmar Bergman (qui sont décédés tous les deux par le plus grand des hasards le 30 juillet dernier). Voilà la salle qui s’apprête à applaudir cette initiative quand enfin la majorité réalise la gaffe et redevient silencieuse.


Roberto Benigni est parti sur la pointe des
pieds après cette minute de recueillement et de silence. Avoir réussi à faire taire la télévision est une prouesse. Merci Monsieur Benigni pour ce rare hommage. Votre visage exprimait toute intensité de vos émotions. Roberto Benigni, capable d’interpréter Pinocchio, est un homme qui ne ment pas. On peut espérer qu’Antoine de Caunes aura retenu la leçon.


Autre grand hommage autour de Jeanne Moreau qui reçoit pour la seconde fois un César d’honneur. Personnellement cela me choque. Comme si on voulait nous assurer qu’on soigne les grands noms du cinéma sans attendre leur disparition. Quoiqu’il en soit Jeanne Moreau a superbement bien tiré sa révérence. Ce petit bout de femme, refusant l’ovation debout, irradiante de beauté, priait l’assemblée de se rasseoir.
Elle nous a offert un petit discours où la sincérité ne faisait pas de doute et dont les propos faisaient mouche. On sentait qu’elle s’exprimait avec aisance et intelligence, rebondissant sur les propos de Roberto Benigni. Elle a eu cette idée magnifique d’appeler les comédiennes du premier film de Céline Sciamma Naissance des pieuvres pour leur offrir son César, estimant qu’elles en avaient davantage l’utilité qu’elle. Jolie leçon aux organisateurs qui espéraient nous faire pleurer derrière le poste. Bel exemple de dignité. Merci Madame Moreau, pardon, mademoiselle, puisque c’est ainsi qu’il faut parler…


Julie Depardieu n’a pas été en reste. Nominée meilleure actrice dans un second rôle, pour celui qu’elle interprète dans le film un Secret de Claude Miller elle a jugé bon de céder la sculpture à Ludivine Sagnier qui
est sa partenaire dans ce film. La gêne de celle-ci était palpable. Elle jurait qu’elle rendrait l'objet mais Julie a quitté l’assistance en riant. On se demande s’il y a un message à décrypter, si c’est un mouvement d’humeur ou un acte irréfléchi.


Alain Delon est
venu spécialement chercher le César d’honneur de Romy Schneider. Les yeux pleins de larmes, il a fait un hommage appuyé, passant du français à l’allemand pour prononcer des mots doux et envoyer un baiser. Je ne veux pas critiquer le principe de vouloir saluer la mémoire de Romy Schneider. Je ne veux pas non plus me moquer d’aucune façon d’Alain Delon, mais tout de même, je n’ai pas oublié la façon dont on l’avait raillé quand il avait dit qu’il ne viendrait pas chercher un César si on lui en attribuait un. C’était Coluche je crois qui avait lu une pseudo lettre écrite par l’acteur depuis la Suisse. Les organisateurs sont-ils si perfides qu’ils auraient imaginé ce subterfuge pour qu’on ne puisse plus dire qu’Alain Delon ne s’est déplacé pour recevoir un César ?


J’ai arrêté alors de regarder l’émission.


Quoi choisir d’autre qu’une photo de tigre pour illustrer la fin de ce billet d’humeur ?


Voyez-y une
allusion au coup de griffe que je voudrais donner à cette soirée, un clin d’œil au Guépard que tourna Delon, mais surtout au magnifique film de Roberto Benigni, le Tigre et la neige sur lequel je reviendrai un jour parce que si je devais retenir une dizaine de films parmi tous ceux que j’ai vus celui-ci aurait la place d’honneur.

Antoine de Caunes déplorait l’absence hier soir des Clavier, Adjani, Bacri et Jaoui (je le cite de mémoire) comme si le parterre n’était composé que de personnes de second ordre (c’est gentil pour eux …) laissant entendre que la cérémonie des César s’essoufflait. Il suggérait de faire soirée commune avec la cérémonie des Molière. A supposer que la cérémonie soit reconduite l’an prochain (parce que au train où elle a été menée on peut s’interroger sur la bonne volonté des futurs invités de s’y rendre) puis-je oser, Monsieur Denisot, ma petite suggestion ?


Et si vous remettiez un César d’honneur à un spectateur, élu au hasard, au sortir d’une vraie salle de cinéma …
au lieu de morigéner sur ceux qui téléchargent illégalement … parce qu’aussi il n’y a pas de meilleurs films que ceux qui sont regardés.

SECONDE ECHARPE

Variation de turquoises



Après la variation de roses (postée ci-dessous le 20 février) j'ai eu envie de turquoise comme d'autres ont envie de soleil.

C'est un "bricolage" pour utiliser les fonds de pelote mais c'est facilement transposable avec ce qui reste dans vos propres tiroirs.

J'enverrai (par mail) la marche à suivre à qui la souhaitera ...

jeudi 21 février 2008

PETIT-DEJEUNER A L'HOTEL DE CRILLON



Vrai coup de coeur
Franchir la porte à tambour d'un grand hôtel équivaut à la traversée du miroir d'Alice.

Nous voici, non pas tout à fait au Pays des merveilles, mais tout de même dans un palais. Tout y est calme. Les conversations se mènent un ton en-dessous, et vous parviennent assourdies comme les bruits de la campagne un jour de neige.

Je ne saurais raconter par le menu ce que j'ai dégusté ce matin là, il y a un peu plus d'un an. Mais le
souvenir de ce moment demeure indélébile.

On s'adresse à vous avec déférence, sans préciosité. On dépose sur vous un regard bienveillant. On vous offre un sourire vrai.

Car ici on ne dérange pas, on est accueilli. On ne s'assoit pas, on prend place. On ne mange pas, on déguste. On savoure. On respire. Sereinement.

Ici on n'est pas un client, mais un hôte. Et je vous assure qu'on prend très vite ses aises dans un tel endroit.

Le personnel manifeste une sincère envie de vous faire simplement plaisir. Rien ne pose problème, ni le titre du journal qu'on aimerait lire tout en buvant son thé, ni la température du breuvage, ni le souhait de goûter chacun des plats qui sont disposés sur le buffet.

Et si vous vous êtes attardés et qu'il est l'heure de transformer la salle pour le brunch (vous aviez en toute humilité opté pour une formule petit-déjeuner/buffet) on vous invitera à terminer votre petit-déjeuner dans le salon attenant ... sans s'étonner qu'après deux bonnes heures d'agapes vous soyez encore d'attaque pour continuer à grignoter une ultime viennoiserie et céder à la tentation d'une petite cuillerée d'une délicate confiture de Christine Ferber.

Vous pourrez même deviser ensuite avec votre cher et tendre (car qui mieux que lui pouvait vous accompagner dans un lieu si mythique ?) sur un canapé plus intime dans l'immense couloir jouxtant la terrasse. Vous pourrez aussi bien y rédiger votre correspondance que vous jetterez dans la boite aux lettres des Postes des temps anciens qui trône dans le hall.

Votre seul regret sera sans doute de n'avoir pas les moyens d'y passer une nuit. Mais les deux tiers de la journée vous laisseront un parfum de revenez-y ...

Pour en savoir plus sur l'hôtel de Crillon

mercredi 20 février 2008

PASSION BIJOUX

En route pour de nouvelles aventures

Des collègues m’avaient offert un bon d’achat pour apaiser plusieurs passions et occuper la période estivale. J’ai rempli mon panier avec des objets qui pourraient figurer dans l’inventaire de Prévert (vous savez celui où surgit un raton-laveur dès que le poète a besoin d’une rime en « eur »).

Il y avait une bougie parfumée au lilas. Une fragrance qui me propulse instantanément dans l’extase.

Un livre de recettes, bien sûr mais celui-ci consacré aux dips, est vraiment novateur. Pour avoir envie d’inviter les copines à grignoter dans le jardin dès les beaux jours revenus.

Un livre de modèles de tricot, choix incontournable aussi. Mais là encore un bouquin exceptionnel, avec un répertoire de points à donner envie de tricoter jour et nuit.


Et puis un petit livre de modèles de bagues, dont je me suis inspiré pour faire celle-ci, et puis

celle-là, et puis encore celles-ci.



TARTE A LA VOLETTE

Pomme de Reinette et Pomme d’Api
Depuis que j'ai découvert le secret de la croustillante pâte à tarte de Julie Andrieu (j'ai une affection particulière pour cette cuisinière qui a accompagné ma convalescence il y a quelques années grâce à une émission de télévision pleine d'entrain) je n'hésite plus à faire ce dessert ultra simple, ultra rapide et ultra bon.

Pour la pâte :
2 petits-suisses égouttés pesant 120 grammes en tout
120 grammes de beurre mou
120 grammes de farine
Je mélange le tout dans un saladier, d’abord avec une fourchette, puis du bout des doigts (sauf que mon petit plus personnel consiste à enfiler un gant en silicone pour ne pas mettre de la pâte sous les ongles –je déteste cela- et ne pas contaminer la nourriture avec des bactéries).
J’arrête de malaxer quand j’ai obtenu une boule que je laisse reposer une heure au frigo.
J’abaisse la pâte au rouleau avant de la foncer (non pas à bride abattue, mais assez vite tout de même – foncer signifiant recouvrir le fond) d’une tourtière.
Je laisse tomber « à volonté » des tranches de pommes assez finement coupées, préalablement épluchées. Je ne cherche pas à faire beau. C’est au petit bonheur. Je saupoudre de cannelle. Evidemment je ne mets pas de sucre !

Cuisson 20 minutes à four « normal », ce qui signifie en général th 6 – 180 degrés.








La voici à la sortie du four, avant que la petite famille ne se jette dessus comme des moineaux.
… justifiant doublement l’appellation à la volette
  • allusion à la chanson populaire
  • et emploi de la grille de refroidissement héritée de ma grand-mère qui parlait de « volette »

UNE ECHARPE EN FILOROSA

Variation de roses

Au départ il y eut un coup de foudre pour une laine très spéciale qui changeait radicalement au fur et à mesure que les rangs montaient ... Hélas, le résultat fut immonde, à peine digne de réchauffer le cou de Pierre, le héros du Père Noël est une ordure.

Etant donné le coût de l'investissement (18 euros la pelote) je ne pouvais pas me résoudre à remiser l'horreur dans un placard.


J'ai décidé de "biaiser", d'adjoindre une base unie et neutre, et voici le résultat :

lundi 18 février 2008

BRUNCH AU FLORA DANICA

Coup de griffe pour le Flora Danica

Le Flora Danica qui aurait été créé en 1955, a été entièrement revu et corrigé en 2002 à la mode 70’ et cela ne peut qu’attirer le Verseau dont j’ai beaucoup de caractéristiques, surtout avec un décor ponctué de jardins suspendus. Que du plaisir à l'horizon !

La perspective de s’éloigner du brouhaha des Champs Elysées en nous immergeant dans une ambiance design scandinave et de déguster des produits de grande qualité nous met l’eau à a bouche. Nous arrivons vers 12 h 30 parmi les premiers. Est-ce pour cela qu’il fait si froid dans le patio-terrasse ? L’orchidée qui oscille sur la table et la proximité de plantes luxuriantes ne réchauffe pas l’atmosphère. Il est vrai que nous sommes sous une tente. Nous regrettons presque notre choix.

Nous avions hésité avec tant d’autres endroits renommés …En quel point avons nous démérité pour ne pas être assis dans l’espace cosy aux canapés de tissu cramoisi sous les lustres scandinaves que nous avions admiré sur Internet ? Le serveur se précipite pour prendre une commande mais … nous sommes des initiés et nous avons été prévenus que les boissons sont hors de prix. Alors nous le rassurons : nous nous débrouillerons seuls, ne croyant alors pas si bien dire.

Parce qu’au Flora Danica le client qui souhaite du thé, du café ou un jus de fruits n’a qu’à slalomer entre les tables et ramener comme il peut son breuvage jusqu’à sa table. Et les tables sont suffisamment rapprochées pour rendre l’opération périlleuse et vite lassante.
Les jus d’agrumes (pamplemousse ou orange) sont acides. Le jus de pomme sera plus savoureux, mais sans doute un peu trop sucré. Pourquoi n’avons-nous pas le courage de demander une simple carafe d’eau ? Nous en sommes en France tout de même !

Nous allons découvrir le buffet. A première vue, c’est une table très prometteuse. Quasiment trop. Nous sommes venus pour bruncher et les grands classiques font défaut : si vous voulez être surpris par des céréales originales et autres mueslis, par des petits pains, des gelées et confitures, des fruits frais, des œufs et des saucisses … vous êtes sur une fausse piste.

Vous l’aurez compris, le brunch, ici ne se définit pas par la combinaison hardie d’un breakfast et d’un lunch. C’est un buffet. Un beau buffet, très copieux mais un buffet.

Les gros appétits auront de quoi se rassasier, et bien davantage : des harengs cuisinés de multiples façons, des saumons crus, fumés, marinés ou cuits, des crevettes de différentes grosseurs, des charcuteries, des gratins, des viandes, des fromages et moult desserts. On trouve des champignons diversement préparés et même des huîtres. Sauf que abondance ne rime pas avec bombance. Reprenons point par point :

J’ai commencé prudemment par disposer dans une (grande) assiette toute simple, toute blanche, quelques menus échantillons de saumons et d’harengs avec quelques feuilles d’une salade de mâche améliorée de roquette et un soupçon de tarama pour faire joli. Tout fait envie mais il est difficile de prédire si la saveur sera de l’ordre du sucré, de l’amer, de l’aigre-doux … Ce qui m’ennuie c’est de m’apercevoir que le bord de la salade est rabougri et noirci et de sentir des grains de sable crisser sous mes dents.

Je vais essayer une autre combinaison autour d’une déclinaison de champignons et de saumons. Aucune mention de nom de plat. Je ne saurai donc pas si j’ai goûté le saumon à l’aneth façon Gilbert Bécaud …

Le pavé de saumon est très salé. Le garçon, plutôt malin, repropose ses services en terme de consommation. Merci, nous nous désaltérons au jus de pomme auquel nous nous sommes accoutumés. Nous aimerions connaître l’origine du nom Flora Danica mais personne ne peut nous éclairer. Une allusion à une fleur danoise, laquelle et pourquoi ? Ou a un livre botanique ancien ? Et quel est le nom de la plante qui s’affiche sur le mur entier et qui ponctue les cartes ? On nous affirme que c’est de l’aneth. Pourtant cela n’en a pas l’air.

Reconcentrons nous sur nos assiettes !

Deux alternatives pour accompagner les huîtres : le pain au cumin (sucré) ou le schwartzbrot (pain noir aux graines), tout aussi inadéquat. J’avise de le tartiner d’un soupçon de beurre, lequel lui aussi est salé. Le serveur apporte de la baguette. Sa croûte est solide, épaisse. Rien de bien croustillant …

Nous enchaînons sur les charcuteries. Le salami, la grande spécialité danoise, est servi enroulé, et sans peau. Voilà un bon point. Mais tout est décidément trop salé pour nos palais. Une cuillère d’œufs brouillés façonnés en cake adoucit quelque peu nos papilles irritées.
Les serveurs font prestement disparaître les assiettes vides abandonnées sur les tables entre les aller-retour vers le buffet. La jeune femme qui découpe les viandes est d’extrême bonne volonté et tranche des parts généreuses. Elle incite avec chaleur à goûter à tout. Mais le choix de plats chauds est illusoire : peu de différence réelle entre rôti de bœuf, rôti de porc et rôti de veau (proposé avec le jus de viande correspondant) de même qu’entre gratin de choux-fleur et gratin dauphinois.

Mention spéciale néanmoins au koulibiac, qui est réellement délicieux et aux champignons à la moutarde qui sont une heureuse découverte.
Je suis franchement lasse du jus de pomme. Alors je tente une tasse de thé. Surprise par l’arôme j’interroge le barman. Du Marco Polo, madame, le meilleur ! Je connais ce mélange de Mariage Frères, un thé noir de Chine, au goût prononcé de fleurs et de fruits du Tibet doucereux et parfumé. Ce n’est pas le choix que j’aurais fait pour accompagner un repas … Celui-ci est davantage adapté à un five o’clock. Que dire de la tasse Duralex si ce n’est que ce n’est même pas « kitsch » …

Evidemment, il faut bien se résoudre à visiter les toilettes, lesquelles sont abandonnées au sous-sol de l’immeuble d’en face. Le lieu n’a rien de distingué, étonnant pour un restaurant qui se veut très accueillant et élégant, depuis toujours le lieu de rendez-vous d’une clientèle chic et gourmande. Autant dire qu’on en revient transi en regrettant de n’avoir pas songé à reprendre le manteau laissé au vestiaire. Par bonheur la température a grimpé dans le jardin d’hiver comparativement au début du repas.

Le serveur regarde sa montre. Il interroge en débarrassant l’assiette vide : vous passez au dessert ou je vous laisse les couverts ? Il est temps d’approcher la seconde table. Rien de spécial côté fromages, tous très franco-français. Les viennoiseries n’ont plus leur place dans notre menu. Voyons les desserts … la mousse au chocolat (franchement goûteuse fait oublier thé et café), la minuscule part de tarte à l’abricot est savoureuse saupoudrée de pistaches, mais nous n’y voyons rien de danois.

La salade de fruits est plutôt fière –comme on dit chez moi de quelque chose qui râpe le palais- mais au moins j’aurai goûté un fruit qui me faisait envie depuis longtemps : le pitaya ou fruit du dragon, qui cache une chair blanche aux grains noirs sous une peau rose vif. Si on m’avait dit que je ferais cette découverte exotique dans un restaurant scandinave …
La crème brûlée est trop froide pour qu’on en apprécie les arômes. La mousse à la noisette, servie en verrine, est une heureuse surprise. J’apprécie son goût de nougatine et sa texture moelleuse mais je m’interroge sur la teneur en graisse. Je chipote le riz au lait sur gelée de fruits rouges, probablement des framboises et des cerises noires. Sont-ce des brisures d’amandes qui croquent sous la dent ? Ce dessert qu’on disait mythique ne s’inscrira pas des les annales.

Puisque le thé était tiède je vais me rabattre sur le café, toujours dans une tasse de verre transparent. Pour enchaîner avec une nouvelle déconvenue : le contenu du thermos est à peine plus chaud que l’autre. Le breuvage conjugue fadeur et amertume. Même un américain habitué à ce qu’on sert outre-atlantique n’y trouverait pas son compte. Le serveur distribue des expresso d’une table à l’autre … à acquitter en supplément. C’est le comble pour un soit-disant brunch que de ne pas comprendre un café digne de ce nom.


Au final, après un départ alléchant on fait le compte des calories et des grammes de sel. On se dit qu’il y a sûrement meilleur rapport qualité/prix/dépaysement. On s’étonne de suivre des yeux le balai des convives qui empilent les victuailles sur des assiettes déjà débordantes et on se demande si on a un pauvre estomac ou si on se fait une trop haute idée de la gastronomie.

L’addition, sans surprise est malgré tout une note salée. Il est vrai qu’on a déjeuné sur les Champs, la plus belle avenue du monde que l’on quitte avec le tournis comme en témoigne la dernière photo d'un immeuble surréaliste prise au 39 avenue georges V.

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POIRE DE BOEUF A LA POIRE en 10 minutes chrono

Premier article, première improvisation


Rien de tel qu’un bon petit plat pour se remettre d’une matinée de ménage intensif.

Hélas, placard vide, frigo vide, congélateur vide … mais imagination à plein régime.

J’avise 3 petites poires rabougries que je pèle et coupe en tranches épaisses. Hop à vif dans la poêle (c’est-à-dire sans matière grasse). Pendant que les morceaux dorent (verbe dorer et non pas dormir) j’interroge un morceau de bœuf dans le filet. Le grand couteau les détaille en lanières.

Vite une photo, mais où ? sous le soleil exactement, sur un petit guéridon qui vient se percher sur l’herbe verte . Pour faire joli mettons une touche de rouge avec un bouquet qui date, j’en conviens … et un torchon « vintage » dont je vous parlerai plus tard.

Les carottes poires sont cuites. Transférons dans une assiette toute simple, blanche !

Faisons griller la viande dans la poêle devenue libre, avec un soupçon de beurre quand même.

Et voici l’inspiration qui s’accélère : déglaçage au vinaigre de Xérès, minuscule hâchis de gingembre frais, une cuillère à soupe de gelée d’airelles (ou de groseilles ou de baies rouges, je ne sais trop comment traduire le mot lingonsyl qui figure sur l'étiquette de cette confiture suédoise), une goutte d’aquavit (mais j’aurais aussi bien pu prendre de la vodka ou du gin), pas de sel surtout (c’est mauvais pour la santé).

On ajoute cette sauce sur la viande et les poires et on saupoudre les fruits de poivre de Setchouan écrasé. On se dépêche pour la photo.
On rentre à l’intérieur déguster sans délai. Les parfums encore en mémoire on rédige son texte avant d’oublier parce que tout çà s’est bouclé en 10 minutes chrono. Puis on visionne les photos en se disant que si elles sont ratées rien de grave : on recommencera mercredi prochain.

Le plus difficile va être de trouver un nom à la recette.

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