samedi 28 février 2009

Ah, quelles belles vaches ! Et joliment clippées !

J'ai appris un nouveau terme, clipper, en rencontrant des jeunes dont le métier est le clippage. Le mot appartient au lexique du coiffeur. To clip, en anglais signifie couper avec des ciseaux, tailler, rogner. Un clip, c'est à la fois la tondeuse et la quantité de cheveux coupés. C'est aussi une taloche et, par extension, un court extrait de vidéo. C'est surtout maintenant dans ce domaine que nous employons ce mot. Mais revenons aux origines en l'appliquant aux bovidés.

Car coté vaches, je commence à en connaître un rayon, sans pour autant souhaiter me spécialiser dans le créneau.






Il y avait eu le regard tendre de cette Brune de Bretagne, découverte au Salon de l'Agriculture, l'an dernier. Un billet assez touffu, j'en conviens.
C'était le début du blog.








A la foire d'Antony, en septembre 2008, j'avais photographié de superbes Salers.

Il y eut surtout le coup de foudre pour trois statues sur lesquelles j'étais tombée nez à mufle à Commercy (Meuse). Vous aviez peut-être lu ce billet du 21 janvier consacré aux trois Godelles.

Deux jours plus tard, je vous proposais de réécouter Fernand Raynaud expliquer pourquoi que les vaches elles ont des cornes.



Depuis, je vois partout des vaches. C'est une dénommée Star qui fait l'affiche du Salon de l'Agriculture où je suis allée aujourd'hui. Une Prim'Holstein admirable de beauté.
N'allez pas croire qu'elles sont aussi belles dans la nature. On les bichonne intensément avant de les faire monter sur les podiums. Il faut plus de deux heures de coiffage et de maquillage pour un tel résultat. Au poil près ! La Prim'Holstein est probablement la race la plus difficile à toiletter. Parce que les os de son bassin sont sans pardon pour le moindre faux mouvement de tondeuse. De près on voyait "malheureusement" sur certaines des coupures disgracieuses, comme quelqu'un qui se serait blessé en se rasant avec précipitation.
Les vaches sont d'abord totalement tondues. Puis, les poils sont relevés "en brosse" au sèche-cheveux. Les tâches sont soulignées en coupant sur leur pourtour un centimètre de poils plus courts. On peut aussi poser une touche de laque sur la ligne de dos, de la brillantine sur les tâches noires et du talc pour rehausser les blanches.
Les spécialistes de cette beauté particulière sont sur le Salon des élèves d'un lycée agricole qui avaient la lourde charge de préparer ces animaux à un défilé.

En fin de journée les bêtes étaient plus calmes. Le vacarme s'assourdissait. Tout le monde se préparait à passer une nuit plus ou moins agitée. Parce que le Salon en réalité ne ferme pas. Les animaux ne sont jamais sans surveillance. Quoique à entendre les chants s'élever, tonitruants, ponctués de sonores éclats de rire, à voir les pas de danse s'enchaîner, on peut s'interroger sur qui garde qui ... Les humains décompressaient, les vaches ruminaient, tranquillement.
N'est-elle pas attendrissante celle-ci ? A moins que vous ne préfériez la Cocoricow, une œuvre d'art commandée par le Conseil général de la Mayenne à Jean-Yves Lebreton en 2008 pour le Carrefour interprofessionnel du Monde Agricole.

L'artiste, davantage connu sous le nom de LEB, me semble suivre la trace d'autres peintres mayennais comme Pissaro ou le Douanier Rousseau.
N'était-il pas légitime de terminer par ce coup de chapeau au premier département français pour la densité d'élevage bovin ? Dans un prochain billet je reviendrai sur ce coin de France qu'on appelle la Suisse normande et où l'on produit, si ce n'est le meilleur camembert, en tout cas celui que mon palais préfère !

vendredi 27 février 2009

César pour Séraphine, Agnès et quelques autres ...

La cérémonie des César vient de couronner un certain nombre de films qui avaient été célébrés sur A bride abattue. J'y vois un encouragement à continuer à écrire sur ce 7ème art qui n'est pourtant pas ma spécialité. (On trouvera en fin d'article le sommaire des billets consacrés aux films en compétition en fin d'article)

C'est Séraphine qui a reçu le plus de distinctions. Un film sur lequel je m'étais beaucoup investie. Non contente d'y consacrer une critique documentée j'avais aussi fait le portrait de son réalisateur, Martin Provost. La sincérité de notre entretien avait révélé de belles qualités humaines. J'avais poursuivi en allant voir les œuvres originales de ce peintre au Musée Maillol, occasion d'un article supplémentaire. La reconnaissance même tardive de cette artiste témoigne que la qualité triomphe toujours et ce succès rend optimiste.

César du meilleur documentaire aux plages d'Agnès. Voilà une autre réalisatrice qui mérite qu'on s'arrête sur elle ! Tout est bon chez elle ! A tel point que j'avais décidé de reprendre la critique que j'avais faite du film le Bonheur, pensant qu'elle avait pu passer inaperçue puisque c'était un des tout premiers du blog.

Séraphine et Agnès, il y a longtemps que je vous aime ! Mais également Philippe Claudel. Voulez-vous voir ou revoir les décors de son film césarisé ? J'avais photographié la maison bourgeoise, jeudi 8 mai 2008, pour illustrer une des chroniques nancéennes qui ont ponctué tout le mois de mai 2008 Nancy en Mai, Il y a longtemps que je t'aime
Plus tard je m'étais rendue dans la très jolie piscine ronde de Nancy thermal. Et j'avais écrit le 8 novembre 2008, sur le blog lorraine de coeur.com, A bâtons rompus avec ... Ondine, nageuse émérite

J'avais vu Entre les murs avant d'entendre la polémique qui a suivi. C'est vrai que sur le plan pédagogique il y aurait beaucoup à dire mais j'avais regardé ce film avec ma seule sensibilité sans chercher à le juger sur le fond.

J'avais découvert au même moment Valse avec Bachir. Le sujet était difficile. J'avais élargi mes recherches, pensant écrire un article pointu. Mais il est resté à l'état de brouillon. Il faudra que je le reprenne très vite.

Il m'avait alors été plus facile de parler de Sagan, qui me touchait personnellement.

Si je devais retenir un seul mot des discours des uns et des autres ce serait le mot famille. Il avait ce soir un sens pluriel très large, englobant tous ceux qui contribuent à l'aboutissement d'un projet.

On a célébré un cinéma exigeant et de qualité sans verser dans l'élitisme et sans renier les choix du public qui lui aussi a souvent été remercié. Personne n'a larmoyé sur les difficultés financières (réelles) du cinéma. Preuve s'il en fallait encore que le talent est le premier à faire un pied de nez à la crise.
*
* *
A lire, ou relire pour apprécier différemment avec le recul :
jeudi 23 octobre 2008, Séraphine Louis, Ange ou Démon ...
vendredi 24 octobre 2008, Martin Provost, un réalisateur de convictions
lundi 2 février 2009, Séraphine de Senlis, exposition prolongée au Musée Maillol
samedi 10 janvier 2009, En attendant d'aller voir les plages d'Agnès ... petite leçon sur le bonheur
mercredi 5 mars 2008, Le bonheur selon Agnès Varda
lundi 18 aout 2008, Sagan et moi une heure durant...
vendredi 26 septembre 2008, Entre les murs
lundi 25 février 2008, Jamais deux (Oscars) sans trois, Thank you Marion for lobbying
samedi 23 février 2008, Rendons à César ! Pinocchio au secours de César

jeudi 19 février 2009

Do You Spik Suisse ?

C'est les vacances ... certains d'entre vous ont le bonheur de dévaler des pistes enneigées et de descendre des boissons revigorantes en fin de journée.

Je ne suis pas allée en Suisse mais j'ai découvert (tout récemment alors que cela existe en Suisse depuis 1952) leur boisson nationale, aussi célèbre dans ce pays que le chocolat, les montres et les montages. Etonnante, rafraichissante, conçue à base de ferments lactiques. Sans agents conservateurs ni colorants.

Le nom de Rivella viendrait de la contraction du nom de la commune de Riva San Vitale, au Tessin. Robert Barth, le créateur de la boissson, alors en voyage en train, était à la recherche d'un nom facile à retenir pour son produit. Pensant bien ne pas pouvoir utiliser librement le nom de la commune, il dériva le nom de Rivella du mot italien Rivelazione qui signifie révélation.

Elle est constituée à 35% de sérum de lait, sans en avoir le goût. Il en existe plusieurs variétés mais ma préférée demeure la version "classique". Qui me rappelle non sans raison un souvenir d'enfance, le kéfir, que ma mère faisait l'été. C'est aussi une boisson issue de la fermentation du lait (ou de jus de fruits sucrés). J'ai appris que c’était un probiotique (qui favorise la vie). Tous deux contiennent de nombreuses espèces de micro-organismes et sont appréciées pour leurs propriétés diététiques (flore, transit, santé, etc.). Dans l'idéal il faudrait que je vous tende un verre. Difficile par Internet.

Ce qui est davantage dans mes cordes c'est de vous faire goûter l'humour et le vocabulaire suisse, sous forme d'un petit quizz que j'ai emprunté au département communication de la marque et dont la solution est donnée en fin d'article. Dans l'idéal essayez de dire chaque phrase à voix haute et trainante. Et testez ensuite les connaissances de votre entourage. Fou-rire assuré ! Cela changera des blagues ch'ti .... (attention je ne me moque ni des uns ni des autres que j'apprécie tout autant)

1. Mon miteux avait planqué mes cafignons, alors j'ai quinté et lui ai donné une agnafe :
a- Mon mari avait trompé mes espérances, alors j'ai hurlé et je lui ai fait la morale.
b- Mon avocat avait arrangé mes affaires, j'étais content et lui ai versé une prime.
c- Mon gamin avait caché mes pantoufles, alors je me suis énervé et lui ai donné une gifle.

1. En bouêlant, le gâpion perdit son brise-nouille :
a- En dévalant la pente, le gamin perdit sa sandale.
b- En criant, le policier perdit son dentier.
c- En pleurant, le boute-en-train perdit son humour.

1. Mes grelons étaient une vraie méclette. J'ai voulu les retaconner avec une imperdable :
a- Mes bijoux étaient une vraie merveille. J'ai voulu les revendre à une receleuse.
b- Mes dettes étaient une énorme catastrophe. J'ai voulu les clarifier avec un notaire.
c- Mes chaussures étaient de la pure camelote. J'ai voulu les réparer avec une épingle à nourrice.

1. Prends pas ton boguet, y'a une de ces cramines dehors !
a- N'y vas pas en mulet, y'a un de ces loups dehors !
b- Ne prends pas ton sweat, tu vas avoir trop chaud !
c- Ne prends pas ta mobylette, y'a trop de verglas !

les réponses : 1c - 2b - 3c - 4 c

Pour savourer plus encore le lexique suisse, principalement vaudois c'est sur topio. Pour en savoir plus sur Rivella, consulter le site http://www.rivella.fr/ Vous y trouverez peut-être un point de vente près de chez vous. J'ai vu que dans le 92, la boisson était distribuée à l'Intermarché de Bourg-la-Reine. Ouf ! cela coutera moins cher que d'aller renouveler le stock en Suisse. Zut ! Va falloir que je trouve une autre idée pour financer les vacances ...

mardi 17 février 2009

Faute de miel ... prenez donc de la confiture d'oranges

J'ai indiqué ici comment faire de la confiture d'oranges amères. Je l'avais (un peu) trop cuite, suivant trop scrupuleusement la recette d'origine. C'est vrai que c'est dérangeant d'avoir un résultat plus proche de la pâte de fruits que de la marmelade ... quoique une confiture dégoulinante qui vous poisse les doigts ne soit pas plus idéale !

Toujours est-il que j'ai pensé ne pas être unique avec ce genre de mésaventure et ai cherché des palliatifs. En voici deux.



Assaisonnement exotique pour une salade "fin de frigo" :


On délaye une cuillerée à soupe de cette confiture avec un bon vinaigre.

On ajoute sel, poivre, huile (à son goût). On mélange aux légumes disponibles, en ajoutant pourquoi pas quelques fruits . Ce jour-là c'était des champignons, une clémentine, des pousses de soja et des rondelles de bâtonnets de surimi.



Au moment de servir on arrose légèrement de caramel balsamique (recette donnée le 5 février 09).

Comme dirait mon amie Claudia : enjoy !


Coté dessert on peut aussi imaginer quelque chose.
Ce fut :

Pain d'épices façon Stollen

J'ai employé la préparation toute prête du Moulin de Nomexy (dont j'ai parlé le 6 décembre dans un article consacré à Saint-Nicolas) en remplaçant les 5 cuillerées à soupe de miel par le même volume de confiture. La présence de bâtonnets d'orange confits était bienvenue. J'ai renforcé cette spécificité en ajoutant des petits dés de gingembre et quelques pruneaux moelleux hachés.

Cela aurait pu être des amandes, ou des pistaches, qui auraient apporté une intéressante couleur verte. J'ai ajouté aussi trois cuillerées à soupe de cacao.

Attention de démarrer la cuisson four froid. Il me semble que 30 minutes suffisent largement. J'ai retenu la leçon, en matière de cuisson mieux vaut moins que pas assez.

Parfait pour un goûter ou un petit déjeuner ...

dimanche 15 février 2009

Yannick Leclerc, chef et pédagogue

C'est lui qui m'a appris à ne pas craindre de cuisiner du foie gras. Et après vous avoir donné ses recettes (lire les billets des 5, 7 et 9 février) quoi de plus naturel que d'essayer de brosser son portrait ?
Mais il faut d'abord resituer son travail avec Alain Cirelli avec qui il est associé depuis un an si on considère strictement les Cours de cuisine, et dont les chemins s'étaient déjà croisés dans des restaurants 2 ou 3 étoiles où ils ont travaillé côte à côte. En particulier au Saint-James.

Alain Cirelli a aussi l'expérience des exigences d'un grand groupe, le groupe Bertrand, leader de la restauration dite "festive" (avec, entre autres, la brasserie Lipp, le salon de thé Angelina, le restaurant du Printemps). Il a aussi animé son propre restaurant en reprenant Natacha du quartier Montparnasse dont il avait gardé le "fameux" hachis Parmentier, réputé pour être le meilleur de tout Paris.

Évoquer cet endroit c'est faire revivre la période où Jean-Luc Godard tournait A bout de souffle, où artistes peintres, sculpteurs et comédiens venaient dîner dans la salle aux murs ocre, bien longtemps avant que la couleur ne soit à la mode.

C'est quelqu'un qui bouillonne d'idées et qui les met en œuvre dans l'audit, le conseil, et l'évènementiel, tout cela dans un domaine qu'il connait bien, le culinaire. Logique que les cours de cuisine soient au menu de ses activités. Et qu'il en ait confié le tablier à Yannick Leclerc.

J'avais eu l'occasion de faire leur connaissance alors que j'étais membre du jury du Championnat de cuisine amateur en décembre dernier. J'avais apprécié la créativité de leur candidat, lequel s'était bien placé. Ils se tenaient tous dans un "torchon de poche".

Avec eux, nous sommes loin des "usines" qui donnent davantage à voir des démonstrations que des leçons de cuisine. Tous ceux qui sont allés dans un de ces ateliers-là comprendront de quoi je parle. Et cette qualité de relation, ils la font vivre aussi dans les opérations que leur activité corporate propose. Soit au cours d'afterworks destinés à changer des habitudes de travail. Soit dans des actions de team-building avec des objectifs de renforcement d'esprit de compétition ou d'adaptation au changement. La hiérarchie peut alors s'inverser : on voit des chefs d'entreprise apprendre des tours de main de personnes avec qui ils n'auraient pas échanger un mot dans leur société. Il y a certainement une part de théâtralisation dans la cuisine, mais le résultat ne ment pas. Et partager ensemble ce qu'on a préparé, ensemble aussi, reste essentiel pour souder un groupe.

Donc, chez "Alain Cirelli", ce ne sont jamais plus de huit élèves qui suivent un enseignement à la fois très pro et très tranquille. On ne crie pas "chef" à tout va. On ne se brûle pas. On ne se coupe pas. On a le temps de faire soi-même, de poser des questions, d'écrire les réponses. J'ai même eu celui de prendre des photos (et de me laver les mains cent fois en quittant l'ouvrage). Les articles précédents en sont la preuve.

Alors, forcément, les "élèves" reviennent. Le mercredi ce sont plutôt des gourmets désireux d'étoffer leur cahier de recettes, des restaurateurs soucieux de se perfectionner, des retraités qui se mettent aux fourneaux ... l'éventail est large. Les cours du soir, peut-être parce que la formule est plus courte, touchent plus de curieux et de néophytes. Ils sont davantage accessibles à tous mais restent intéressants pour ceux qui savent déjà cuisiner.

Les cours se déclinent toujours autour d'un produit de saison. Après le foie gras et les coquilles Saint-Jacques ce pourraient être l'asperge, l'agneau, à moins de glisser vers des complémentarités comme fleurs et herbes aromatiques ou de revisiter de grands classiques en innovant comme les œufs. C'est fou tout ce qu'on ne sait pas faire avec, à commencer par les œufs pochés.

Yannick a travaillé chez Lucas Carton, Taillevent, au Bristol. Mais il est autant à l'aise avec ses élèves, dans cette cuisine qui ressemble plus à un appartement qu'à un laboratoire. La décoration y est fonctionnelle mais humaine si bien qu'on s'y sent comme chez des amis. Vous n'y trouverez d'ailleurs pas de matériel très sophistiqué. Si bien que de retour chez vous ce ne sera pas difficile de répéter les gestes qu'il vous aura transmis. Et comme la plupart des recettes que vous aurez apprises peuvent être réalisées à 80% la veille ou avant, vous aurez en prime du temps à consacrer à vos invités, ce qui n'est jamais gagné d'avance quand on reçoit en mettant les petits plats dans les grands.

Par contre vous n'apprendrez pas les tours de main des pâtissiers : c'est un autre métier et il ne faut pas enseigner ce qu'on ne sait pas parfaitement faire. Nous proposons des desserts de cuisinier (verrines, parfait glacé ...)

Yannick et Alain fourmillent d'idées. Ils ont plus d'une fourchette à leur batterie. Ils concoctent des soirées à thème, par exemple avec le foie gras comme fil conducteur, de l'entrée au dessert (en mousse), ou encore tout orange pour s'accorder au logo d'une société. Ils animent des ateliers pour la presse. Ils viennent de collaborer à la rédaction d'un livre sur 86 grands crus bordelais pour les éditions de la Martinière. Ils créent des recettes ou les recomposent (très souvent les recettes proposées dans des ouvrages ont besoin d'être refaites par des cuisiniers sérieux et d'être revues avant d'être publiées). Ils travaillent ponctuellement pour des photographes. Et c'est du boulot. Je ne vais pas casser le mythe mais vous comprendrez qu'il est impossible de photographier un plat fumant sans artifice ...

En fin de compte, Yannick est un homme qui ne risque pas l'ennui mais qui a gagné de pouvoir sortir un peu le nez des fourneaux. Il apprécie parce que tous ceux qui travaillent en restauration regrettent d'avoir une vie sociale très restreinte.

Cours de cuisine Alain Cirelli Evènements culinaires
4, rue Condorcet. 75009 PARIS Tel. : +33 1 48 78 77 13
Port. : +33 6 21 74 31 45
Email : contact@evenements-culinaires.fr

vendredi 13 février 2009

BONS ANNIVERSAIRES A TOUS

Le blog a un an, et moi beaucoup plus. C'est notre anniversaire à tous les deux.

Je me suis offert cet espace de liberté d’expression en cadeau il y a un an. Comme un défi. En craignant de ne pas savoir quoi y écrire.
Ce fut très vite comme un gâteau à partager avec quelques lecteurs. Le cercle s’est développé à grande vitesse. Et n’a cessé de s’étendre.

Je me souviens de quelques caps qui m’avaient surprise : 100, 500, 1000 et voici que je ne m’étonne pas des 14 000 actuels … La croissance du nombre des lecteurs n'est pas une fin en soi et ne doit pas masquer la question de la finalité. A qui profite le blog ?
A moi qui l’écris ?
A vous qui le lisez ?
A eux dont je parle ?
Commençons par vous. Je vous connais peu. Vous laissez rarement un commentaire. Certains me le reprocheraient presque. Pour preuve, cette conversation avec l’un d’entre vous l’autre jour :
- C’est bizarre, il y a très peu de « com » (commentaire). Pourtant y’a beaucoup de lecteurs. - Ce que vous avez lu vous a t il plu ? - Ah ! oui, énormément. - Et bien sûr vous avez écrit un commentaire … - Ben, non. - Voilà, vous êtes 14 000 à faire pareil.

Au-delà de l’anecdote je suis allée relire les quelques traces que vous avez laissées. J’ai épluché aussi ma messagerie « orange ». Et j’ai compilé un florilège de vos remarques qui m’encouragent à continuer et que vous pourrez savourer en fin d’article. (J’ai gommé tous les prénoms pour ne mettre personne dans l’embarras de se reconnaître…) Personnellement cela m’a fait ENORMEMENT plaisir de vous lire ou de vous relire. C’est bien la moindre des choses que je vous le dise à mon tour.

Les lecteurs que cet « étalage » dérangera n’auront qu’à les zapper ou aller lire un autre billet. Mais ne ratez pas le bonus que je vous offre à la fin.

Avec le temps j’ai découvert le visage de certains d’entre vous, et réciproquement. Quelle surprise la première fois qu’on m’a recommandé la lecture du blog… ignorant que j'en étais l'auteur. C’était surréaliste. Les compliments que je reçois lorsque je vous retrouve, au hasard d’une pièce de théâtre, de la visite d’une exposition, ou dans la rue où parfois on m’apostrophe me font aussi chaud au cœur et ne sont pas inutiles. Parce que le doute reste toujours présent. Pour avoir côtoyé des comédiens aujourd’hui célèbres je peux vous assurer que tout le monde a besoin de tonnes d’encouragement pour continuer, le talent n’a rien à voir à l’affaire.

Je ne vais pas plagier les artistes qui remercient un monde fou aux cérémonies de remises de prix mais –ils se reconnaîtront- j’ai beaucoup de reconnaissance pour ceux qui ont placé des liens entre les sites de leurs établissements et le blog. J’ai à cœur de ne pas les décevoir. Mais comme pourrait le dire un écrivain à succès dont j’ai récemment brossé le portrait, s’il y a pression, elle est positive.
Venons-en donc à moi.
J’écris comme j’aimerais davantage lire les autres. Des articles de fond, sérieux mais distrayants à la fois. Oui, j’écris aussi parce que j’aime les mots. Mais n’allez surtout pas croire que cela coule facilement de source. Chaque fois c’est comme si j’écrivais le premier article et chaque fois je me dis que c’est peut-être le dernier. Même celui-ci (surtout celui-ci) est difficile à sortir.

Peur de froisser, d’être mal comprise, de lasser … Alors on reprend, on corrige, on modifie, on relit, on éteint l’ordinateur, on recommence plusieurs heures plus tard… jusqu’à être à peu près satisfait du résultat. On publie. On affiche le blog. On relit. On note sur un papier les erreurs orthographiques, les fautes de frappe, de ponctuation, les photos à remonter, les textes à aligner …On revient sur l’article et on corrige. On re-affiche le blog. On crie à la cantonade que oui, on arrive, que oui c’est fini…. Parce qu’il y a une « vraie » vie aussi en dehors de tout cela, qui a faim, qui a soif, qui réclame … Et puis il y a aussi les limites humaines, le sommeil, les journées trop courtes, les nuits aussi. Tout le monde n’a pas la chance comme Xavier Bertrand de pouvoir se satisfaire de 4 heures de sommeil par nuit et de s’endormir n’importe où en quelques secondes pour récupérer.

Avant l’écriture, il y a eu la prise de rendez-vous, la rencontre, les questions, la prise de notes, la documentation complémentaire (même sur un spectacle, une recette …), une certaine mise en danger : serais-je capable d’écrire sur tel ou tel sujet … Encore avant il y a peut-être eu des déconvenues, des messages perdus. Vous n’imaginez pas ce qu’il faut parfois batailler pour obtenir une information, grappiller du temps … On me dit que les journalistes professionnels sont souvent découragés. Que dire de nous autres qui ne gagnons pas notre vie avec les mots ? Il y a des gens qui rêvent d’une green card, c’est-à-dire le visa qui permet de travailler aux USA. Le mien serait d’obtenir une carte de presse, parce que cela ouvre toutes les portes. Quel merveilleux coupe-fil ! Quel magnifique sésame ! Quelle source d’économies, appréciable d’autant que l’écriture du blog est totalement bénévole. Manque de chance, pour prétendre à ce que le dossier soit examiné par la commission d’attribution il faut prouver qu’on vit de ses articles. C’est donc sans espoir !

Mais j’ai d’autres objectifs. Celui de convaincre un éditeur de me faire confiance. J’ai une formidable documentation pour publier une passionnante Histoire du tricot. J’aimerais aussi faire mes vrais débuts dans la littérature en étant nègre. Il me semble que je serais plus à l‘aise pour écrire au nom de quelqu’un d’autre … toujours ce terrible manque de confiance sans doute. J’adorerais recevoir une lettre de mission d’un magazine pour rendre compte d’un festival, même petit, même non rémunérée (mais défrayée). Et le bonheur absolu serait de devenir la non-journaliste-mais-chroniqueuse pour une station de radio, avec carte blanche pour faire découvrir chaque semaine une « belle âme ». Écrire dans un blog n’est-il pas en quelque sorte comme faire du journalisme décroissant ?

Et puis le résultat vaut la peine. Comparativement à l’activité de la ménagère qui, une fois le repas préparé, avalé, les assiettes lavées, se retrouve seule face à sa fatigue, au moins il reste avec les articles une jolie trace du temps passé. Si je mettais bout à bout les 186 articles publiés sur A bride abattue depuis exactement un an (sans compter ceux qui sont parus sur d’autres blogs) et sachant que chacun correspond à 2 ou 3 pages c’est presque l’équivalent d’une saga que j’ai déjà produite. Je suis comme un pianiste qui travaille ses gammes. Le blog, c’est un peu mon Vendée Globe.

Que de défis il m’a amenée à relever. Aurais-je sans lui osé écrire à Sonia Rykiel (et obtenir une invitation à assister à un défilé de haute-couture), être jury dans un championnat de cuisine amateur, photographier des expositions avant leur ouverture au public, assister à un spectacle de hip-hop en pleine rue, tricoter au Palais-Royal, relater ma rencontre avec Françoise Sagan, interviewer Sabine Weiss, écrire un billet par jour un mois durant sur un même thème sans me répéter ? Faire en quelque sorte la synthèse des expériences passées. Et je ne vous dis pas tout !

Que de limites j’ai repoussé. En faisant des liens entre la cuisine et la littérature, en inventant des recettes de cuisine … Je tire mon chapeau aux bloggeurs qui ont imaginé les joutes de remues-méninges auxquelles j'ai participé. On ne risque pas avec eux d’être atteints par la maladie d’Aloïs.

Venons-en à ceux dont je cause

Car, vous avez du le noter, je ne parle que très rarement de moi, et plutôt pour rendre compte d’expériences transférables aux lecteurs. Mon objectif est la mise en valeur d’idées, de personnes (vive les artisans qui ont l’amour de leur métier !), de ce qui me semble mériter qu’on en parle. Comme de défendre des films qui ne retiendraient pas l’attention du box-office. Comme aussi de participer, même modestement, à des campagnes de santé publique. Je l’ai fait pour le dépistage du cancer du sein. Je compte bientôt lancer une opération pour celui du cancer colo-rectal.

Nous vivons dans une cacophonie négative. A déprimer le moral le plus élevé. Alors moi qui pourrais être une râleuse impénitente j’utilise le blog pour au contraire insuffler de l’énergie positive. Même la rubrique « coup de griffe » est truffée de conseils et je me fixe la règle de toujours placer une proposition en face d’une critique. Exemple : qu’on mentionne les noms des artistes sous les œuvres exposées dans les Salons.

Je ne manque pas une occasion de faire l’apologie de la bicyclette. De donner des plans d’économie quand je trouve des idées valables. Le blog est un superbe terrain de jeux de paroles. Mais je n’aborde pas la politique. Je laisse ce domaine aux spécialistes ou aux polémistes. Il n’y a pas d’encarts publicitaires sur mon blog, ni fixe, ni clignotant. Total espace de liberté où cela ne me rapporte rien, financièrement parlant, de vous entraîner. Du coup, que le blog soit classé parmi les premiers ou les derniers n’a strictement aucune conséquence et je ne vais pas multiplier les astuces pour le faire grimper.

Je construis une ligne éditoriale assez simple : amener tout lecteur à s’intéresser à autre chose que ce pour quoi il est entré dans le blog. Lui montrer qu’il y d’autres univers, d’autres personnes. Ne pas tourner en rond mais grimper dans une spirale ascendante.

Je souhaite que ceux dont je parle conservent leurs forces pour continuer toujours plus loin, plus haut. Certains d’entre eux sont devenus des amis. Car c’est aussi cela, le blog, un trait d’union entre personnes de belle volonté. Si je ne craignais pas de les sentir rougir à distance je citerais ici quelques autres bloggeurs qui m’ont si bien accompagnée dans cet exercice d’écriture singulière.

Je souhaite que vous qui le lisez en profitiez pour reprendre votre souffle, que vous vous détendiez un peu, que vous retrouviez (ou gardiez) l’envie, tout simplement. C'est mon petit effet papillon ...

Et vous me le rendez bien quand à mon tour je vous lis :

C’est bien écrit. Rien à ajouter. Ah, si, continuez ! On voit bien que c’est votre métier. On va pas écrire un compliment.

Je vous remercie à nouveau du temps que vous passez mettre en ligne de façon très claire et détaillée, le contenu du moment que nous avons passé ensemble.

merci Marie-Claire super articles c'est chouette !

Je cherchais un article sur l'expo de Séraphine et je tombe sur toutes ces photos d'Aussois, un village où j'ai séjourné plusieurs étés entre 1964 et 2004 ! je m'y suis même fait une luxation en tombant dans la descente du col d'Aussois ! tout cela parce que je voulais voir les chamois de plus près !

Quel beau travail, il n’y aura presque plus besoin de se déplacer ! (je plaisante bien sûr) Bonne journée,

Merci pour votre article.
Au plaisir de vous retrouver à …

Je viens de parcourir plusieurs de tes articles(sur Dina Verny, Marie de Metz Noblat et les autres.Vraiment passionnants,du coup je pense emmener ma copine qui va venir passer la première semaine chez moi pendant les vacances au musée Maillol .

Très beau, sensible et pudique aussi votre article sur Françoise Sagan. A très bientôt,
Je salive déjà. Je ferais un tour dans sa boutique. Merci de nous faire connaître tous ces artisans.

Tes trois derniers billets me plaisent mais dans le moment j'ai pas trop le temps de commenter. J'y reviendrais Bises ensoleillées

Bien vu, Marie-Claire, pour l'histoire des terrains gelés... elles font comment les équipes russes en plein hiver ? En stade couvert ? Le terrain trop dur risquerait d'abîmer les chevilles de ces messieurs ! Et l'on consomme plus de 1 000 litres de fuel/jour pour tenter de chauffer une pelouse alors que des gens dorment dans la rue. Pitié ! Ton billet me rappelle une chanson des années 60 Reggiani ? Je ne sais plus "le sport est un spectacle qui fait beaucoup de bruit, et dans tout spectacle, il n'y a pas de miracle : le 1er qui dit la vérité, il doit être exécuté"

Bravo pour tes écrits publiés... le début de ton press book et de ta carte de presse !


merci Marie-Claire.
Je t'envoie les meilleurs vœux d'une fille de parents italiens immigrés Ton article sur la "Befana" me va droit au cœur et a le mérite de me rappeler ma chère maman disparue il y a un an et qui nous a éduqué avec ce mythe qui semble remonter très loin dans la culture italienne. Je vais faire des recherches pour savoir s'il est propre à certaines régions italiennes (étant donné la jeunesse de l'unification du territoire italien !) Tu restes toujours aussi enthousiaste et riche en activités. Félicitations, ça me bouste dans ces périodes moroses. Merci encore bisous

Je suis contente d'avoir de tes nouvelles, je te souhaite une excellente année 2009. Figure toi qu'il y a deux jours (grand froid oblige) j'ai pensé à ton écharpe!!!!!!! Je te fais une grosse bise A bientôt

Juste merci et bravo vous êtes formidable !! parole de boulanger ;; et encore merci pour votre sympathie

C'est une idée géniale !!! et super appétissant le sapin !!!

Magnifiques !!! ;;;;;;;;;;;tes derniers articles,tu racontes à merveille le spectacle de "la piste est là ", Appelle moi et viens quand tu veux! Continue tes articles, la carte de presse n'est plus très loin....

UN PUR ENCHANTEMENT...1 heure de rire, d'applaudissements tout en retenant son souffle lors des pirouettes et autres acrobaties de cette mini girl au maxi talents. humour facile rythmé par une musique entraînante. Bref ? Que du bonheur. Nous sommes rentrés chez nous le sourire aux lèvres... Génial!

On arrive aux vacances épuisé (et moi avec un gros rhume !), mais n'oublions pas de faire la fête, et de manger de bonnes choses (je vais retourner sur ton site pour avoir des idées).

On a des a priori sur le fromage de tête parfois, enfin je ne sais pas si j'oserais me lancer...Les œufs brouillés, je savais; mais je préfère ma méthode plus expéditive... Tu tiens la cuiller en bois ou la caméra ? C'est sympa les resto comme ça. J'y suis allée une ou deux fois ici. Les "élèves" sont si touchants, un peu empruntés. Et c'est souvent très bon

j'ai eu aujourd'hui beaucoup de compliments sur ton article ! c'est vrai qu'il est très joli et ça me donne un coup de fouet ! envie que la sirène se bouge encore + ! merci !

tes articles dans ton blog,tu mériterais vraiment d'avoir une carte de presse.J'espère que l'année 2009 t'apportera satisfaction de ce côté là. Amitiés

un post vide.... c'est le néant aujourd'hui, Marie-Claire ?? Il n'a pourtant même pas neigé sur la Lorraine ce week-end... (c’était en novembre, par suite d'une fausse manœuvre ne s'était affichée que la date et aucun texte. Un grand nombre de lecteurs s'étaient émus)

Merci pour ton message, trop sympa. Je suis allée voir ton blog…. J’adore bien sûr. Il est super bien. Trop tard pour s’inscrire pour les fromages suisses… quel dommage… Pour une bourse aux vêtements je suis partante bien sûr, mes placards explosent. Tu me feras signe quand tu passeras sur mon marché ? J’y vais quasiment tous les dimanches. Les autres jours de marché sont le mardi et le vendredi et j’y fais un saut de temps en temps vers midi. A bientôt.

Salut Marie-Claire, Je trouve tes découvertes vraiment géniales ! Merci pour ces deux adresses qui nous touchent directement : moi et mes origines italiennes, mon mari et ses origines suisse allemandes, nos filles pour leurs origines mixtes ! Bisous et bon dimanche

marie-claire ton article est ... "magnifique" ! tu es incroyable ! tu as tt compris ! merci beaucoup beaucoup , ça me touche énormément !

On te sent parfois en « croisade » Ce qui n'empêche pas le ton léger, l'humour, la pertinence. tes billets sont toujours très plaisants à lire . Bonne fin de week-end


Bonjour, Madame se fait calme dans l'écriture, votre blog vous réclame et les lecteurs, (enfin, Moi) perdons patience!!!!! A bientôt

Tu es la plus rapide de l'ouest ! Tu n'as pas du tout été méchante, je trouve ça très bien ! bien contente de t'avoir croisée ce dimanche soir !

Merci de l'intérêt que vous avez porté à notre Salon, j'espère qu'il nous amènera des visiteurs artistes futurs exposants (?) et amateurs d'art! Des amis qui ont visité le salon hier m'ont aussi fait la remarque "qu'il y en avait trop!", il faudra donc faire une sélection...sur le nombre d'artistes? Sur le nombre d'oeuvres? On va réfléchir à tout ça. Cette année, les membres du bureau et moi même, nous avons juste repris les rênes de l'association sans faire de grandes modifications... C'est pour moi une aventure et je suis très contente d'y participer! Bravo pour votre blog, les articles sont intéressants, originaux (le café tricot!), j'espère qu'on restera en contact! Bien cordialement,
bonsoir Marie-Claire, Je suis ravie d'avoir de tes nouvelles et je te félicite pour tes blogs qu'ils soient professionnel ou personnel. Ton écriture est plaisante à lire et pleine d'humour. Elle fait du bien.

bonjour, merci pour cette gentille attention salutations

j'adore tes jeux de mots!!!


Billets toujours très riches

Il faut soutenir ceux qui font bien et comme vous ne pas rentrer dans le jeu de ceux qui font différemment. J’ai regretté moi aussi dans la manifestation dont vous rendez compte quelques attitudes, phrases, ou manques. Il faut les voir, les dire dans le but d’une amélioration. C’est ce que je souhaite en tout cas. Bien cordialement.

Bonjour Madame, Merci infiniment pour ce bon moment de lecture. Les articles sont très intéressants et riches en informations. J’ai beaucoup aimé l’article consacré à Anne Fine, d’autant plus que j’ai manqué le rendez-vous du mois d’octobre à l’école des Loisirs.

Bonjour! Je viens de jeter un petit coup d'oeil à votre blog, découvert par hasard et j'aime bien.... :-) Mais comment faire pour s'inscrire et le recevoir régulièrement? Est-ce possible? Si oui, je n'ai pas trouve comment. Merci de m'aider.

J'ai trouvé votre article très intéressant et je tenais à vous le dire! Merci. Bon courage!

Merci pour le mail !
Je visite régulièrement ton site, et je suis très contente d'y voir les articles sur Châtenay et la visite de la Piscine (que j'ai malheureusement ratée !). C'est bien, car comme ça, j'ai quand même droit à une visite ! Quels voyages (ou visites) vont alimenter ton blog ? Il y a une vraie diversité dans tes articles, pour moi qui sort peu, ce sont de vrais dépaysements !

Grosses bises et longue vie au blog !


Quel beau travail ! Merci. Amitiés.

tu m'époustoufles ! (je ne sais pas si ça se dit !) mais en tous cas je trouve ton blog d'une richesse et d'une joie de vivre merveilleuse, ça pétille, on a envie de tout lire, tout goûter ... bref , un vrai délice! je veux te le dire car surtout je voudrais que tu continues ... et si tu me le permets, je vais faire suivre a mes amies , gourmandes de tout comme moi? et surtout, sache que je suis pas du tout seule à penser ça; incroyable ! alors bon vent ... bises

Bravo, Marie-Claire, pour ce compte-rendu de vacances à Aussois très détaillé et instructif, et qui, de plus, nous met l'eau à la bouche... Pour nous, pas de vacances ; nous nous rattraperons l'an prochain peut-être, ou sinon plus tard.

Bonjour Marie-Claire et merci pour le reportage plein d'humour et de fantaisie sur la Savoie. J'ai beaucoup apprécié également les petits comptes-rendus des blogs ... et le style enlevé des textes. Je vais dorénavant suivre les chroniques. Bon courage pour la reprise du travail et bisous à toute la famille.

J'ai beaucoup admiré ton blog, Marie-Claire, un vrai petit régal de lecture. En plus, tes centres d'intérêt (Nancy, la Haute Maurienne,etc) sont aussi les miens. Mon mari est un fan de plantes sauvages et s'est surtout penché sur tes fleurs. Encore bravo et à bientôt, j'espère.

Bravo pour votre style d'écriture, très vivant. Je viens de visiter votre blog...extrêmement intéressant !


Je prends personnellement beaucoup de plaisir à la lecture de vos articles, car on y retrouve un parfum d’intimité et d’anecdote –


Un grand merci pour votre délicatesse je vais regarder un peu les portraits sur votre blog, bien que je dispose de peu de temps en fin de compte. Bon travail et j'espère me régaler en les lisant

Madame, Je viens de lire votre papier le retour est parfaitement fidèle à notre échange MERCI

J'ai lu tes nouveaux articles, notamment le séjour en montagne et le festival au Rex de Chatenay ! C'est toujours un vrai divertissement ! Quand te recycles tu dans le journalisme ?

Merveilleux votre reportage sur qques jours à Aussois ! C'est un voyage fantastique que nous revivons, je voulais l'imprimer mais ça ne marche pas évidemment. Ne sachant pas faire grand chose sur l'ordinateur dont je ne suis pas l'administrateur, je l'ai seulement enregistré, c'est envoûtant. Quelles qualités vous avez ! et les sensations partagées , tout comme les odeurs et les couleurs. Merci, et pas une minute vous ne pouvez dépérir. Il vous faudra très vite reprendre les bâtons ...Heureuse de vous avoir rencontrée

Bonjour marie-Claire, C'est un plaisir de te lire !! J'attends avec impatience les autres articles !

Merci beaucoup pour cette très sympathique photo de la journée mondiale du tricot.
Je suis allée visiter vos blogs pro et perso. C'est vraiment très sympa. D'ailleurs, l'en-tête avec le petit cheval est adorable du blog "à bride abattue". J'attends avec impatience les prochains postes. A bientôt (sur le net). J'ai vraiment apprécié cette après-midi-tricot.

Mes remerciements à cette lectrice qui a fait un très beau travail.
Belle journée.

Bonjour Marie -Claire. Tu m'as donné un petit coup de peps! Je te souhaite un bon week-end. A bientôt de te lire.

Bonsoir, Merci pour tout ! L'article ne comporte aucune erreur, il est clair et concis. Bravo pour ces petits croquis que vous réalisez avec cette même délicatesse qui émane de Nancy... Bonne continuation et à bientôt !

Merci pour votre gentil message. J'ai rajouté un lien à mon article sur Michèle Lesbre (le vôtre est très intéressant). Merci encore

Je viens de " savourer tes derniers articles sur Nancy. Dire que tu ne voulais pas y aller! Cela aurait été dommage. Ton repas gastronomique pris au resto me donne l'eau à la bouche! Cela donne réellement envie d'y aller.

J'ai lu le blog dimanche (un air de campagne et le défilé de Sonia Rykiel) pour me changer les idées. Sans vouloir bassement te flatter, j’aime bien ton style, très vivant et riche en vocabulaire !

Je suis très fière de voir ma photo (enfin, celle de la campagne normande) sur ton blog ! Elle rend bien, et illustre bien ton article ! Pour le défilé, ça met l'eau à la bouche ! Et je suis contente d'avoir l'origine de "Laisse tomber les filles", car j'ai justement regardé "Boulevard de la mort" de Tarentino pendant les vacances ! J'ai aussi regardé la vidéo du défilé. Je me sens plus concernée, car ma mère a trouvé une couturière près de chez elle qui fait de la haute couture, avec des modèles originaux et elle a beaucoup de talent. A lire ton blog, je me suis remise au tricot, et je bidouille une écharpe, façon "Marie Claire " ! Mais je n'ai pas ton talent...Je t'enverrai une photo quand elle sera finie, si tu veux... Bisous

Je viens de lire les nouvelles du blog "bride abattue ". J'apprécie bien les billets d'humeur sur les césars : enfin un peu de vrai parler au milieu de toute cette comédie ! C'est d'ailleurs le cas de le dire !

A bientôt sur nos blogs

Bonjour Marie-Claire, Que te dire.... Je viens de regarder à tête reposée ton blog: Riche, prometteur, graphiquement très sympa,...Plein de choses, plein d’idées,... Et tu oses parler d'imperfection!!! Je serais bien incapable d'en faire un maintenant!!! C'est une voie de communication hyper intéressante, comme une lettre, tu peux le relire à loisir, tout ou partie, tu peux faire ou non des commentaires comme tu annoterais ou surlignerais des passages dans une lettre...Les échanges peuvent se poursuivre, s'enrichir... Je suppose que depuis que tu as plongé dedans tu n'en es que plus convaincue! Bisous



A toi, à lui, à elle, à vous qui m’aimez je dis « Bon anniversaire »

Et comme l’ajoutait le poète … je le souhaite aussi à ceux qui ne m’aiment pas.

Pour finir, car il faut bien finir, voici un petit cadeau. Ecoutez. Savourez en souriant …

jeudi 12 février 2009

Daum et le secret du pigment rouge

C'était la semaine des soldes.
Je suis entrée dans la boutique parisienne de Daum dont les sculptures et objets d'art en cristal nous enchantent depuis 1878. Je n'ai pas fait d'achat mais j'ai apprécié la rencontre avec une vendeuse passionnée. Elle m'a confié que les maitres-verriers avaient enfin trouvé le secret de ce rouge intense.

J'ai fouillé dans ma mémoire sans trouver effectivement trace d'un tel coloris. Et pourtant j'ai peine à croire que jamais par le passé il n'y ait eu de rouge chez Daum. Sans attendre d'en savoir davantage j'ai voulu vous offrir ces cactus magnifiques. Je mènerai l'enquête à Nancy lors d'un prochain séjour. A moins qu'un lecteur ne me donne directement la réponse.

mercredi 11 février 2009

Deux heures avec Claudie Gallay

Invitée par la Médiathèque d’Antony (92), l’écrivain a rencontré les lecteurs de l’Office des vivants (2001), Mon amour, ma vie (2002), Les années Cerises (2003), Seule Venise (2004), Dans l’or du temps (2006), les Déferlantes (2008) …

Elle a répondu à toutes les questions avec l’honnêteté et le courage dont les timides peuvent être capables. Sans précipitation, avec franchise et pudeur.

Un auteur enraciné
Claudie Gallay a grandi en Isère, dans la campagne dauphinoise, au contact des bêtes, au rythme des labours. Quand d’autres se nourrissent de descriptions littéraires la petite fille est en prise directe avec la nature, enregistre les odeurs, les bruits et les couleurs. Mille et une petites choses devenues presque invisibles aujourd’hui aux yeux des citadins.

Son écriture se nourrit directement de ce terreau. Des images surgissent, belles et brèves, un peu à l’instar de ces fichiers Power Point que les internautes transfèrent en boucle à leur carnet d’adresses. Sauf que ses phrases à elle ne parlent jamais pour ne rien dire. Si elle s’attarde sur le ventre d’une grenouille où palpitent encore quelques lucioles, c’est pour mieux nous faire toucher l’or du temps.

Chaque livre surgit d’un territoire
C'est une exposition de poupées Kachina au Pavillon des Arts en 1996 qui fut à l’origine de L’or du temps. Il y avait un camp de gitans en bordure de la route qu’elle prenait pour aller travailler. Un soir elle s’est arrêtée et a passé 2-3 heures avec eux, le temps de s’imprégner d’une atmosphère, même si alors elle n’avait pas directement projeté d’écrire Mon amour, ma vie.

Elle a séjourné plusieurs fois à Venise, dans cette même maison d’hôte où elle situe l’action. Le patron ne s’appelait pas Luigi. C’est un autre vénitien qui en a été le modèle. Et pendant plus d’un an elle est allée à la Hague : Je peux situer le début du travail au jour où j’ai commencé à regarder le phare autrement. A partir de cet instant je n’étais plus en promenade sur les sentiers. J’ai marché sur la terre où mes personnages allaient avancer. Théo est né d’une silhouette entre aperçue un soir de brume.

Elle a forcément vu quelque part les gestes de Lily, le blouson de Lambert. Mais elle prétend que ses personnages sont complètement imaginaires. Ce qui sous-entend que ses romans ne doivent pas être compris comme autobiographiques. Pourtant le réel se glisse subrepticement dans ses ouvrages. C’est André Breton et une kyrielle de surréalistes dans l’Or du temps. C’est Jacques Prévert dans les Déferlantes.

Claudie Gallay n’a pas eu de livres dans son enfance. Elle s’est rattrapée plus tard. Elle dit avoir été bouleversée par Un barrage contre le pacifique de Marguerite Duras, un tout petit livre d’Albert Cossery (chaque phrase va à l’essentiel, comment écrire après …), l’Enfant méduse de Sylvie Germain, Isabelle Bruges de Christian Bobin, le Journal de Charles Juliet, un auteur terriblement marqué par la solitude ,qui va gratter très loin dans les silences, touchant l’universel de nos douleurs, le fabuleux poème de Prévert, le Gardien de phare aime trop les oiseaux.

La mer, partout la mer
C’est un fait. L’eau est presque un des personnages principaux de tous ses livres. Avec les tourbillons qui alimentent le gouffre (l’Office des vivants). Les vagues marines qui dévorent une falaise (Etretat dans l’Or du temps, la Hague dans les Déferlantes). Un père ou un animal peut s’y noyer, une maison s’y effondrer (les Années cerises). C’est aussi un élément du décor de Seule Venise.
Claudie adolescente a tant rêvé d’aller passer une journée au bord d’un océan qu’elle y emmène tous ses héros (Dan, le jeune rom, Pierre-Jean, dit l’Anéanti, Marc le fils aîné …) et même leur progéniture (les jumelles du narrateur de l’Or du temps). Elle qualifie le lien avec la mer d’apaisant. C’est le bruit et le silence. Alors forcément ses personnages y vont et reviennent, ramassent des galets. Si j’étais psy … je trouverais cela tout à fait normal.

Un écrivain de la rencontre
Les nouvelles technologies sont peu prégnantes même si on entend çà et là la sonnerie d’un portable. L’amour du couple décline au quotidien. La nature sauvage est exaltée. Claudie Gallay ne décrit pas les mondanités mais offre de belles rencontres. Cette façon de schématiser son œuvre surprend l’écrivain qui ne l’avait jamais analysée comme cela mais qui ne s’en défend pas : je n’ai pas de message à transmettre contre la société. Juste le besoin d’écrire sur ces gens qui dans la vie ordinaire n’ont pas cette capacité à échanger par la parole. Sur ceux qui privilégient les gestes et les regards.

On entend beaucoup de silence dans ses livres. Ce qui permet d’écouter les non-dits. Claudie Gallay compare avec la vie courante où il faut vraiment être bien avec quelqu’un pour pouvoir se taire avec lui. Je cherche à montrer l’envers d’un tissu, ce qui s’est perdu mais que l’on porte encore en nous. Nous sommes faits de rencontres, avec des personnes, des musiques, des peintures, qui font dévier légèrement nos vies. J’aime toucher à cela. A ce que dans la vraie vie on rate parfois faute de temps ou par excès de soucis.

A qui invoque positivement la spontanéité du langage elle répond d’un souffle qu’elle l’épuise. Que la parole orale est bien compliquée. Que malgré sa très grande vitesse il faut qu’elle soit vraie, au plus juste. Alors que l’écriture, à l’inverse, autorise toutes les corrections. Que ce soir, dans sa chambre d’hôtel, elle va regretter de ne pas avoir dit plus.

La belle place aux personnes âgées
Elles sont dépositaires d’un secret de leur histoire qu’elles offrent en provoquant chez le confident la révélation de son moi profond. Le dialogue est réel et non à sens unique. Souvent entre une personne âgée et un quarantenaire (la narratrice et le prince russe Vladimir Pofkovitchine dans Seule Venise, Alice et le narrateur de l’Or du temps …). Claudie Gallay rend hommage à sa façon à son grand-père menuisier, toujours curieux d’apprendre, qui lui a transmis l’amour des livres sans avoir été lui-même à l’école. Décédé deux ans avant la parution de son premier livre tout en sachant qu’il était en cours.

Des romans durs et pourtant paisibles
La cruauté des hommes est plus dure que toutes les autres. La nature et les animaux peuvent apporter cette force qui permet de survivre. Le petit gitan de Mon amour, ma vie parviendra à sortir de l’enfance grâce à l’amour de Tamya, sa guenon, sans doute plus humaine que bien des hommes. Claudie Gallay en profite pour rassurer les lecteurs : non l’enfant ne meurt pas à la fin de l’histoire (soulagement de l’auditoire). Il accompagne l’animal, c’est tout. Zaza, sa petite amie difforme à cause de la poliomyélite, est elle aussi un beau personnage, inspiré sans doute par un des enfants dont elle a été proche dans sa vie professionnelle.

On sent l’attachement de Claudie Gallay à ses personnages, même à ceux qu’on penserait secondaires. Elle confie avoir été très inquiète pour Max (les Déferlantes) et même pour le rat. Derrière l’encre il y a comme de vraies personnes. Et nous la croyons quand elle dit que si le prince russe rentrait dans la salle elle le reconnaîtrait.

On note aussi la tentation de prendre du recul. La solitude n'est magnifique que si elle est choisie. Née à proximité du monastère de la Grande Chartreuse, Claudie Gallay peut placer un couvent dans Seule Venise, décrire l’art sacré dans l’or du temps.

Une travailleuse patiente et méthodique
A force d’avoir perdu des idées dont elle croyait pouvoir se souvenir sans aide, Claudie Gallay ne se sépare plus de plusieurs carnets où elle note tout, au fur et à mesure. Le temps, le lieu, les personnages, comme des acteurs. Qui vont avoir leur caractère, leurs habitudes. Certains seront éliminés. Seuls les plus forts resteront.
De chaque livre, elle écrit 7 ou 8 versions, reprenant sans cesse son travail comme un sculpteur modèle la terre, par ajouts et retraits successifs. Le chapitrage n’est pas échafaudé dès le début. C’est à la fin que Claudie entreprend le découpage, ce qui explique sans doute que les chapitres se succèdent avec densité et pertinence. L’écrivain coupe au-delà de ce qu’il est imaginable, jusqu’au moment où l’imprimeur déclenche la machine. Phrases courtes. Enchaînements simples. Claudie Gallay en révèle le secret : le manuscrit est lu à haute voix dans son bureau. Et comme elle-même ne sait pas bien respirer, la sentence tombe impitoyable au moindre alourdissement de la syntaxe. On comprend mieux pourquoi ses livres sont physiquement « faciles » à lire. (Il faudrait bien que j’en prenne de la graine)
Le titre est donné tout à la fin. Ce n’est pas la chose la plus simple, trop réductrice.

Un succès qui fait du bien
Elle assume facilement la célébrité consécutive aux Déferlantes parce qu’elle vit loin de Paris. La pression des attentes des lecteurs est vite oubliée dès qu’elle retrouve la bergerie où elle écrit. Ne reste que l’apaisement de la reconnaissance après des années qui n’ont pas été faciles. Le soulagement aussi d’avoir pu régler les soucis financiers. Claudie Gallay demeure prudente, consciente que ce succès est d’abord un cadeau de la vie qui n’exonère pas l’avenir de l’effort. Elle apprécie. Et va pouvoir consacrer tout son temps à l’écriture. Jusque juin elle enseignera à mi-temps dans une classe de CE1 du Vaucluse. Pour des élèves qui lisent et écrivent beaucoup. Elle a ce don d’être la médiatrice qui facilite l’acquisition de leurs propres savoirs. Inversement, l’exercice de ce métier difficile la maintenait dans la réalité la plus à vif.

Ensuite, et au moins deux années durant, elle vivra sans regarder la montre, affranchie du calendrier scolaire, ce qui représente une merveilleuse liberté et l’autorisera à écrire et à vivre à sa propre vitesse. Nous attendons avec patience le prochain livre comme la promesse d’un rêve abouti. A moins que le projet d’écrire pour le théâtre ne se faufile entre temps.
Les Déferlantes vont être traduites à l’étranger. Le livre sera prochainement adapté pour le cinéma. François Dupeyron avait été annoncé mais on sait que la production recherche quelqu’un d’autre. (Personnellement je verrais bien Nicole Garcia ou Martin Provost). Claudie Gallay fait confiance. Elle a un droit de regard sur le scénario mais ne veut pas s’engager davantage. Le risque serait trop grand de se disperser et c’est un autre métier.

Claudie Gallay sera présente au Salon du Livre à Paris, Porte de Versailles, les 13, 14 et 15 mars, sur le stand des éditions du Rouergue.

Elle a publié l'Amour est une île en 2010, chez Actes sud.

mardi 10 février 2009

Ceux qui aiment Jean-Michel ALBEROLA ont dû prendre le train

Soit pour aller voir une exposition intitulée La précision des terrains vagues (extension) au musée d'Art moderne de Saint-Etienne (entre le 11 octobre 2008 et le 25 janvier 2009), soit pour découvrir au Musée des Beaux-Arts de Nancy un nombre impressionnant d'œuvres de cet artiste contemporain dans le cadre d'une exposition temporaire jusqu'au 28 janvier 2009.

Comme vous pouvez le deviner, c'est à Nancy que je me suis rendue et même si l'exposition a refermé ses portes, elle était suffisamment extra-ordinaire pour que je décide d'en rendre malgré tout compte ici (après en avoir parlé en son temps sur le blog lorrain). D'abord parce que l'artiste est encore assez méconnu et parce qu'il me semble nécessaire de prolonger le travail des conservateurs. Ainsi la prochaine fois que vous lirez son nom vous serez davantage enclins à aller voir par vous-même.

Né à Saïda, en Algérie, père de famille, professeur à l'école des Beaux-arts de Paris, cet homme de 55 ans, a la réputation d'être très discret. Absent le jour du vernissage il ne donne pas d'interviews, mais ses œuvres parlent pour lui... Pour qui les regarde de près, les tableaux de celui qui se tait ne sont pas si énigmatiques qu'on veut bien le faire croire. Je vous invite à une petite visite très personnelle, à laquelle m'a entrainée Claire, jeune conférencière passionnée et passionnante.
Jean-Michel Alberola aime créer des objets, des néons, des murs peints et même des films. La peinture est malgré tout "la chose centrale de la vie" de cet artiste prolifique qui a tenu à assurer lui-même la scénographie de l'exposition. Rien ne doit donc être attribué à autre chose que sa volonté propre.
Le titre de la plupart des huiles sur toile commence par "Celui qui ... ou celle qui". Une désignation qui retentit comme une interrogation car enfin on se demande qui est qui dans cette affirmation. Ou bien c'est le regardeur (le visiteur, donc vous et moi). Ou bien c'est celui qui est la cause de tout (le maître, l'artiste, un Dieu).
Que d'écritures ! Petites phrases tortueuses. Phylactères. Mots fléchés. Chacun en fera sa propre lecture.
A n'en pas douter, Jean-Michel Alberola accorde énormément d'importance à ce que l'œil du visiteur parcourt toute la toile, et plusieurs fois. Regarder un de ses tableaux, c'est accepter de se laisser mener par le bout du nez. Confronter son intime conviction aux suggestions de l'artiste. Vous me suivez ? Ce petit tableau a été accroché exactement en face d'un autre (dont le titre est "Bonjour le mur"). On peut lire, comme en écho sur cette toile : Bonjour le mur d'en face !
Mais tout ne sera pas aussi simple à décrypter. On me dit que Jean-Michel Alberola reprend régulièrement ses toiles, en laissant apparaitre la couche précédente, quitte à ce que le profane juge à la va-vite que c'est mal peint. Il travaille aussi en série. Comme s'il était trop difficile, voire impossible, de donner à voir une seule œuvre qui serait la bonne. Par exemple sont accrochés côte à côte cinq " Roi de Rien" dans un ordre décidé par l'artiste : le Roi de rien I, puis II, puis IV, puis V, puis III. Le premier a été exécuté sur une période de 11 années entre 1993 et 2004. Il serait donc effectivement stupide de placer les tableaux selon un ordre strictement chronologique. La superposition des couches n'est qu'un signe de l'évolution de la vision de l'artiste. D'ailleurs rien ne dit que les tableaux ne soient vraiment achevés : rares sont ceux qui sont signés. Et quelle signature ! JMA fequit, formule latine qui signifie humblement "voici ce que Jean-Michel Alberola a fait".
Qui est alors ce Roi aux pieds nus ? David ? Les lorrains devinent le profil de Stanislas sur la première toile qui est aussi l'affiche de l'exposition. Ce ne peut être qu'un hasard significatif qu'on ne voit que ce qu'on cherche. Pour ma part j'ai remarqué 3 visages, 2 pieds et 1 main sur le II. Les corps se précisent de plus en plus jusqu'à 4 têtes et 4 paires de pieds sur la version V. Ma préférence s'attarde tout de même sur le dernier, le III (ci-dessus), peint en 2000-2002. La référence à Roy Liechtenstein est possible, à Andy Wahrol, évidemment, ou encore celle à Mark Rothko avec le IV .
Chaque tableau est toujours pour moi un fragment : je demande à ce que l’on ne considère jamais un tableau seul, ce qui compte, c’ est l’ ensemble de l’ histoire qui avance. Un tableau est comme un mot et pour faire la phrase, il faut beaucoup de mots ou de tableaux.
Celui qui cycliste nie les règles classiques de la réalité et de la perspective. Avec cette imploration écologique : "DONNE-MOI de l'air !" tracée comme sur un papier punaisé en incrustation dans le tableau.
Jean-Michel Alberola rejette, dit-on, le marché de l'art. C'est un des rares peintres français à être reconnus à l’étranger. Il a exposé à New York, Londres, Tokyo, Naples, Düsseldorf… et dans une des plus fameuses galeries parisiennes, celle de Daniel Templon. Mais disons au moins qu'il interroge le marché avec humour. Voici Le Prix à payer (2002). Chacun fera le rapprochement entre la couleur verte, l’argot des voyous où le mot oseille signifie argent, utilisé en France depuis le XVIe siècle pour symboliser la richesse. Parce qu'alors le sel était sujet à des impôts énormes, et qu'on n'avait rien trouvé de plus efficace que l’oseille pour relever le goût des plats, et surtout les soupes. Il fallut attendre la Révolution pour que le sel devienne une denrée de prix abordable. La symbolique est riche puisque seule l'oseille fraiche est consommable : elle devient vite toxique.
Ce qui m’a toujours fasciné est le jeu qui consiste à raconter une histoire à quelqu'un, qui va la répéter à son tour, etc. C’est cette perte relative de la phrase initiale, cette transformation qui fait que l’histoire du début va continuer à vivre en même temps et à mourir.
Le marché de l'art aussi est égratigné par l'artiste qui a peint un (petit) tableau (70x50 cm) intitulé Celui qui Gilles entre 1994 et 98 où il nous montre une tête masculine dans une fenêtre comme une guillotine, couronnée d'un bonnet d'âne. Ce pourrait-il qu'il ait cherché à se mettre lui-même en scène ?

Que penser alors de Celui qui s'autoportrait (2004-2008) où il se montre nounours débonnaire. Il suffit de se souvenir que l'ours est l'animal le plus dangereux au monde. C'est aussi la proie de riches chasseurs. Le plus célèbre est Théodore Roosevelt qui, parce qu'il a épargné une mère et son petit, est à l'origine de l'emploi de l'ourson comme doudou pour les enfants. L'univers du peintre baigne dans les couleurs douces et harmonieuses de l’enfance, celle du rose bonbon, jaune-citron, bleu ciel ou vert menthe à l’eau.
En terme de coup de griffe Jean-Michel Alberola est un maître. Car cet artiste adopte aussi un discours politique, peu choquant quand il évoque le nazisme avec la couleur jaune qui dégouline sur la tête de Celui qui stratège, plus sévère avec une suggestion cannibale avec les dents sur Celui qui Pablo (il fut reproché à Picasso de s'inspirer trop largement de ses amis sans citer ses sources) et à la limite de ce qui est admis avec par exemple Celui qui fait le Gilles (ci-dessous), où on murmure qu'il a représenté Mitterand travesti en Watteau... Il faudrait aussi s'arrêter sur le tableau intitulé l'Idée de François (2004-2005) avec la citation "la pauvreté est une idée neuve en Europe", allusion probable à la phrase de Saint-Just : "le bonheur est une idée neuve en Europe" et à cette autre affirmation qui aurait voulu qu'il n'y aurait plus de SDF en 2010 en France... Ce ne sont pas les références mythologiques, bibliques, voire politiques qui manquent. La peinture utilise aussi toutes les catégories du vocabulaire pictural -abstrait, figuratif, conceptuel, géométrique, gestuel, intégrant les références à Vélasquez, Tintoret, Picabia, Manet, Watteau comme en témoignent les photographies que j'ai été autorisée à faire.
Jean-Michel Alberola peut avoir recours à des formats originaux pour signifier un autre point de vue sur des personnages célèbres. Ainsi, Celui qui Lénine (2002-2003), et ces autres sur Errico Malatesta, l'anarchiste communiste italien.
Avec un peu d'attention on discerne deux mains, paumes ouvertes, devant un visage qui pourrait être celui d'un clown ... ou de l'ours de l'auto-portrait ... ou du peintre lui-même, impuissant face à l'Histoire.
Attardons-nous aussi sur ces installations, technique mixte, enfermées dans une boite, qu'il nomme "Protégée" en hommage à deux "éléphants" de l'art contemporain que sont Marcel Duchamp avec un morceau de couronne des Rois, à Salvador Dali avec un escargot emballé dans du papier doré (le peintre affirmait dans une publicité pour des chocolats : je suis fou du chocolat Lanvin, en prononçant "f" le "v" de la marque, ce qui lui rapporta une considérable somme d'argent).
Comment ne pas penser aux "vanités" qui renvoient à la mort ?
Depuis 1981, l’artiste s'est fait un nom dans la «figuration libre» (expression que l'on doit à Ben pour désigner une remise en cause des avant-gardes par des peintres italiens et français des années quatre-vingt) parmi les artistes dits «cultivés», comme Gérard Garouste, pour sa pratique de la citation. De tous les artistes d’aujourd’hui, il serait celui qui associe le plus étroitement peinture et écriture. Rien d'étonnant à ce qu'il expose aussi deux abécédaires, dont l'un est encore en cours de fabrication depuis 2004.

La question du pouvoir demeure centrale. Jean-Michel Alberola la répète sur une des pages (1991) de la vitrine centrale.
Et pour les nombreux lecteurs d'un des premiers portraits que j'ai rédigé sur le blog en l'occurrence celui de la créatrice du premier café-tricot ouvert dans l'est de la France, je terminerai par Celui qui bonnet de laine, que je leur laisse le soin d'interpréter...

Musée des Beaux-Arts de Nancy
3, place Stanislas -54000 Nancy

Messages les plus consultés