mercredi 30 mars 2011

Concert de Benjamin Paulin, les mains dans les poches

Le festival Chorus l'a programmé en première partie du concert de Philippe Katerine et c'est une belle découverte que j'ai faite à la Piscine de Châtenay-Malabry (92).

Benjamin Paulin arrive avec nonchalance mais non sans respect, les mains dans les poches, accompagné de trois très jolies nanas, à la fois musiciennes et choristes, respectivement Céline, Églantine et Aurore (ci-dessous). Il ne sait pas trop comment aborder la soirée pour commencer alors il nous le dit avec des flingues. Il chante les oiseaux qui roucoulent et elles, elles font hou, hou ...




Il reconnait avoir changé, mais s'estime mieux qu'avant, se sentant à mi-chemin entre l'âge ingrat et l'âge viagra. Aïe, aïe, chantent-elles.

Benjamin Paulin est né à Paris en 1978 et c'est le fils du célèbre designer Pierre Paulin, bien connu pour ses sièges rembourrés de mousse sous un jersey élastique, et dont j'ai publié une photo dans un billet consacré à une exposition du Musée des arts décoratifs.

Le chanteur a commencé sa carrière musicale par le rap en arborant un bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et en se cachant derrière une barbe. Rien à voir avec son look actuel de gendre idéal encore plus craquant que Michel Drucker d'il y a trente ans, en costume de soie gris perle, qui aurait plu à son père. L'écriture aussi a changé même si son style est encore en recherche, oscillant entre Vincent Delerm (surtout avec le titre Trop tard), Grand Corps malade (surtout avec l'Homme moderne) et bien sûr Jacques Dutronc, Gainsbourg et Bénabar ... en plus calme. Je l'ai entendu dans une émission de télévision assumer les influences musicales mais sourire par contre que ses textes soient comparés à des poèmes de Michel Houellebecq ... qu'il n'a pas lus.

Si on le définit comme un joyeux pessimiste, un fainéant workalcoolic, c'est tout bonnement parce qu'il cumule les styles et les talents, colorant chaque chanson selon l'humeur du moment.
Les filles chantonnent ha ha. Lui se clame Déserteur, menteur, tricheur, sans fierté ni orgueil de camionneur, et nous prévient sans état d'âme de ne pas compter sur lui dans une chanson au ryhtme inspiré des années 60 qui est une sorte d'hymne décalé au courage.

L'amour est une autre source d'inspiration. Comme sur un fond d'écran a été écrit pour une fille. Il est disposé à lui offrir une belle vie pour qu'elle revienne, invoquant tous les clichés de l'amour. Hi, hi sifflent les filles parce qu'il n'est pas sur que la belle marche dans la combine. Nous en tous cas on aurait bien envie de danser sur ce qui sera un des tubes de l'été prochain.

Le beau gosse ne sait pas ce qu'il veut. Le voilà qui demande maintenant aux filles trop jolies au printemps de le laisser tranquille. Il préféreraient qu'elles meurent et qu'elles disparaissent. Non, non , non râlent les choristes.

Avec un peu d'intimité au niveau des lumières et une voix parlée-chantée de crooner, amplifiée d'un tout petit peu de réverb, il cherche à reprendre la main. Son regard fouille le public de la fosse avec mélancolie.

Ce matin déjà il était trop tard, et la première partie s'achève sur l'Homme moderne. La, la, la chanteront les demoiselles. On sent le passé de rappeur affleurer. On a envie de l'écouter en boucle. Nous aussi on est des visages perdus dans la multitude, on a si peur de frôler la mort que peut-être que nous aussi on ne fait que frôler la vie.
Belle ouverture que cette première partie. Demain je vous parle de la seconde, avec Philippe Katerine.

Titres interprétés :

1. Dites-le avec des flingues
2. J'ai changé
3. Le déserteur
4. Comme sur un fond d'écran
5. Laisse-moi tranquille
6. Trop tard
7. L'homme moderne

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