mardi 22 mars 2011

Mamma mia !

(mise à jour 23 mars 2011)
D’où je suis la vue plongeante sur la scène me procure le vertige. Les lignes de vagues qui ondulent sur le rideau de fer me donnent le tournis. L’orchestre démarre sur un pot-pourri des standards célébrissimes d’Abba. Y’a le poids en décibels. Il fait chaud et j’ai mal au cœur. Mamma mia !

Sur scène, les copines de Sophie s’émeuvent de la santé morale de Donna. Elles supposent que le mariage de la jeune fille doit « lui faire péter un plomb », excusez l’expression. Je me sens curieusement très proche de cette maman et je me dis que si ce n’était pas pour faire plaisir à une amie fan de comédie musicale je ne me serais jamais aventurée à Mogador.

Même si cela m’a amusée de me retrouver à 24 heures près dans le décor de l’émission Top chef dont je suis davantage fan que d’Abba, étant donné la double spécialité du blog, culinaire et culturel. Une séquence de l’émission d’hier a été tournée dans le Foyer Opéra si reconnaissable avec ses tableaux de Robert Combas, Jean-Pierre Roc-Roussey, Thierry Bisch, Patrick Boussignac, Hélène Guetary, Raya Sorkine et Marcel Mouly.

J’avais malgré tout sérieusement préparé ma venue en visionnant l’adaptation cinématographique réalisée en 2008 par Phyllida Lloyd avec Pierce Brosnan, Colin Firth (qu’on a vu cette année dans le Discours d’un roi) et Mery Streep, qui campe une mère libérée de tout sauf des allégeances matérielles et qui a le mérite de chanter avec sa voix naturelle.

A Mogador c'est Claire Guyot qui endosse le rôle et qui assure à 100%. Le travail du traducteur est à saluer parce que le texte français est tout à fait intelligent. Les voix sont excellentes. le décor fonctionne bien. Les costumes sont colorés. On les croirait importés d'un dressing des années 70.

On peut applaudir le travail. On le fait spontanément et l'excitation des chauffeurs de salle est superflue. Ils sont aussi de très très très très vigilants pisteurs d'appareils photo de toutes tailles ... mais je me suis débrouillée pour ramener des clichés sans photographier le spectacle. Le jeu des comédiens est alerte, avec un bon dosage des temps parlés et chantés. Les chorégraphies sont parfaitement synchrones. La mise en scène est fidèle au film, et pour cause, puisqu'elle est signée par la même personne.

Bref, vous aurez compris que je suis ressortie guillerette du spectacle qui a le mérite de fédérer la satisfaction de tous les âges du public. Certes, l'intrigue est mince : une jeune fille a lu le journal intime (ah la vilaine) de sa mère tenait avant sa naissance (fallait pas le laisser trainer). Elle a compris qu'elle a potentiellement trois pères (sa mère fut une grande amoureuse, mais elle s'est bien calmée depuis) et les a invités tous à son mariage (va y avoir du grabuge) qu'elle va célébrer en grandes pompes (c'est qu'elle est très fleur bleue).

Tout va par trois à tous les âges. Donna a une paire de copines dont le jeu est formidable (Marion Posta et Karen Gluck). Sophie n'est pas en reste. Coté masculin il y a trois papas, et le financé a bien entendu deux copains d'enfance.

Cela commence comme une tragédie grecque dans un décor paradisiaque et insulaire baignant dans le turquoise. Cela se poursuit comme un vaudeville avec moult rebondissements. Cela se termine comme une pièce classique, avec l'union-surprise de la fautive (la mère) alors que la fille renonce à "cette sottise de mariage". Marivaux n'aurait pas fait mieux.

La comédie est alerte. Les tubes s'enchainent avec plusieurs titres en bonus aux rappels qui s'achèvent avec Waterloo.

Brillante victoire qui vaut une nomination Molières dans la catégorie "meilleur spectacle musical" pour cette comédie qui a déjà remporté le Globe de cristal des arts et de la culture dans cette catégorie en février dernier.

Mamma Mia de Benny Andersson et Björn Ulvaeus, mise en scène de Phyllida Lloyd (Théâtre Mogador)
http://www.mamma-mia.fr/

1 commentaire:

Marie a dit…

There is something in the air, that night.... bravo pour ce kif !

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