mercredi 7 janvier 2015

Pardonnable, impardonnable de Valérie Tong Cuong chez JC Lattès

J'ai terminé la lecture de Pardonnable, impardonnable au petit matin, soulagée de laisser les personnages suivre le cours de leur "vraie" vie. Je viens de le terminer ... façon de parler car je pense qu'il va m'accompagner un bon moment. Il y a quelque chose de familier dans cette série de drames en ricochets. Et pourtant ...

Pardonnable, impardonnable, c'était un jeu entre Marguerite et Milo. Seulement un jeu ...

Dans son précédent livre, l'Atelier des miraclesValérie Tong Cuong explorait déjà ce thème du mensonge qui fait aurait la capacité d'être un exhausteur de vérité.

Le sujet du roman, celui du pardon, nous concerne finalement tous de près ou de plus loin. Et j'étais alors loin d'imaginer combien les évènements qui allaient se dérouler cette après-midi allaient donner un écho supplémentaire bien qu'il n'y ait pas de relation de cause à effet à établir.

Il suffit de si peu de choses pour que des vies bifurquent.
Un après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement. Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable. Qui était avec lui ce jour-là ? Pourquoi Milo n’était-il pas à sa table, en train de faire ses devoirs, comme prévu ?
Tandis que l’angoisse monte autour de l’état de Milo resurgissent peu à peu les rapports de force, les mensonges et les petits arrangements qui sous-tendent cette famille. L’amour que chacun porte à l’enfant ne suffira pas à endiguer la déflagration. Mais lorsque la haine aura tout emporté sur son passage, quel autre choix auront-ils pour survivre que de s’engager sur le chemin du pardon ?
C'est un roman choral qui explore la difficulté à trouver sa place au sein du clan, qui exprime les chagrins et la culpabilité, mais aussi et surtout la force de l’amour sous toutes ses formes. Le livre à peine refermé j'avais envie de dire merci à Valérie Tong Cuong (et je l'ai fait) parce qu'elle a une manière de parler des secrets et des mensonges qui peuvent gâcher une vie (plusieurs mêmes) d'une façon très particulière, à la fois en situant ses personnages dans la fiction et en les plaçant suffisamment proches de nous pour qu'on puisse se projeter.

Les prénoms lui viennent naturellement, et c'est toujours après coup, m'a-t-elle dit, qu'elle comprend elle-même pourquoi elle les a choisis. Lino voit en Milo sa prolongation. Il rêve que son fils soit celui qu'il n'a pas réussi à être. Aller plus haut, plus loin. Le prénom a donc une fonction d'écho, mais un écho "transcendé".

Les deux prénoms sont d'origine italienne. Lino vient de Lin. Or cette étoffe est fabriquée à partir de la macération des tiges de lin, à même le sol, sous les intempéries, fibres qui sont ensuite broyées, foulées au pied avant qu'on puisse les tisser et les transformer en ce textile plutôt recherché.

Milo est un prénom répandu en Italie, mais qui vient du slave. Il signifie "généreux" ou "aimé" selon les sources...

Quant à la grand-mère, Jean (prononcer "Djine" en référence à l'actrice Jean Seberg), elle fait elle-même écho à Jean de l'Atelier des miracles.

Valérie s'intéresse depuis longtemps au parcours humain, à la manière dont nous avançons (ou pas) dans nos vies et dans la conscience de nous-même. Travailler sur le pardon était en quelque sorte un passage obligé.

Il y a des circonstances où le silence semble la seule voie possible puisque la voix ne peut s'exprimer : il faut croire que le silence était une évidence pour chacun de nous, pourtant aujourd'hui je sais que c'était une erreur, c'était laisser l'infection se développer en toute discrétion, c'était nous condamner à perpétuité. (p. 64)

Ce roman est un de ceux que l'on a envie de recommander à tous ses amis en prenant garde de ne pas trop en dire. Parce qu'il est important de le vivre à son rythme pour l'apprécier totalement et comme il le mérite.
Valérie Tong Cuong a travaillé huit ans en entreprise avant de se consacrer à l’écriture et à la musique. Elle a publié plusieurs romans, dont les très remarqués Providence et L’Atelier des miracles ainsi que des nouvelles. Elle écrit également pour le cinéma et la télévision. Pardonnable, Impardonnable est son dixième roman.

Pardonnable, impardonnable de Valérie Tong Cuong chez JC Lattès, sortie en librairie le 7 janvier 2015.

2 commentaires:

Cajou a dit…

Je viens d'écrire mon billet alors je fais le tour des blogs pour voir ce que les autres lecteurs en ont pensé ^^
Et je te remercie pour toutes ces informations sur le choix des prénoms des personnages, c'est un plaisir de continuer à en apprendre sur ce roman après l'avoir terminé :)
Cajou

lucie a dit…

comme toi, emballée comme toujours par les romans de cette auteure.

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)