dimanche 24 avril 2016

Y-a-t-il quelqu'un dans Casimir ? de Claire Castillon

Depuis son premier roman, le Grenier (éditions Anne Carrière), en 2000, Claire Castillon ne cesse de publier régulièrement.

D'abord tournée vers les adultes, le roman les Merveilles (Grasset, 2012) a provoqué l’envie d’écrire pour la jeunesse, pour m'a-t-elle dit "me débarrasser de la voix qui s’était incrustée dans ma tête". Ce fut Tous les matins depuis hier et il faut croire que l’exercice a eu l'effet escompté puisque, depuis, elle alterne les deux.

Je l'ai vue au Salon du Livre de Paris, alors qu'elle se trouvait en signature des Pêchers (à L’Olivier), à quelques jours de la sortie de son cinquième roman jeunesse, à l’Ecole des loisirs comme le précédent.

Y-a-t-il quelqu'un dans Casimir ? s'adresse à de jeunes adolescents de 9 à 12 ans mais tout en ayant largement dépassé ce cap j'ai pris plaisir à sa lecture qui, et je rejoins l'auteure sur son analyse, a en quelque sorte un effet récréatif. J'apprécie de lire un roman jeunesse, pourvu qu'il soit excellent (cela va de soi) après d'autres lectures plus impliquantes.

Dans ce petit ouvrage on sympathise avec Armande qui, non seulement porte un prénom inhabituel mais aussi est affligée d'une phobie terrifiante et handicapante : elle ne supporte pas d'être seule à la maison, même pour une heure ou deux.
Armande est seule à la maison. Elle sent la présence d’agresseurs invisibles derrière chaque porte. À treize ans, c’est la première fois qu’elle accepte de se garder toute seule, sans baby-sitter. Elle a promis qu’elle n’aurait pas peur, mais elle ne peut s’empêcher de calculer le nombre de secondes pour arriver jusqu’au téléphone situé dans l’entrée et qui n'arrête pas de sonner.

Au bout du fil, Esther, sa grande soeur, la supplie de dérober pour elle la jolie pochette brodée de maman le temps de briller en soirée. Peut-être est-elle cachée dans cette valise que leur mère range sous son lit ? Armande progresse lentement vers la chambre, puis jusqu’à la valise. Celle-ci ne contient que des lettres. Elle reconnaît l’écriture de son père, volatilisé depuis huit ans. Bizarre ! La dernière lettre remonte à avant-hier.
On comprend vite pourquoi et comment la jeune fille peut craindre les fantômes. Claire Castillon parvient aisément à se remettre à cet âge-là dans sa tête et à trouver des fils invisibles et des ponts entre les deux mondes (adulte et jeunesse).

Si vous y prêtez attention vous entendrez dans le sous-texte de ce livre des clés adressées aux adultes. Et la remarque est juste pour nombre de livres soit-disant pour enfants comme j'ai eu l'occasion de le signaler dans de précédentes chroniques.

Dans le registre qui leur est spécifiquement destiné j'avais particulièrement aimé un recueil de nouvelles, les Bulles (Fayard, 2010).

Y-a-t-il quelqu'un dans Casimir ? de Claire Castillon, Ecole des Loisirs, collection Neuf, en librairie depuis le 20 avril 2016

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