samedi 30 avril 2016

Les rencontres de Cambremer 2016 autour des AOC de Normandie et de Savoie

Je suis arrivée hier soir dans ce Pays d'Auge qui est pour moi le coeur du bocage normand. Je ne me lasse jamais d'y revenir. Pour beaucoup de raisons que je vais énumérer rapidement et sur lesquelles je reviendrai au cours du mois prochain.

Tout le monde joue le jeu des AOC-AOP à Cambremer (14340 Calvados). Le P'tit Normand propose un menu spécial. Et la Boulangerie-pâtisserie Morgane et Hébert Samuel (Rue du Commerce, à Cambremer, 02 31 61 22 13) a créé un macaron spécialement pour l'occasion.
Même la météo pourrait être labellisée parce que le soleil est au rendez-vous. ce n'était pourtant pas gagné. et de fait nous avons pu voir s'ouvrir les premières fleurs des pommiers.
La typicité du bocage n'est pas "touristique". Les haies sur talus jouent un rôle déterminant pour la défense des terres arables en empêchant l'érosion en cas de grosses averses. Or il faut savoir qu'elles sont de plus en plus fréquentes.
La préservation des paysages, qui est une des conséquences positives des AOC, a un impact important sur l'environnement, aussi bien en Normandie qu'en Savoie qui était la région invitée à Cambremer.

Les rencontres de Cambremer ont fourni l'occasion de suivre ce matin dans la Grange aux Dîmes de passionnants débats que je vais synthétiser. Comme l'a souligné Xavier Charles, conseiller général du canton de Cambremer  il y a de quoi s'interroger sur l'avenir de notre système de production nationale. Des remises en cause se profilent à l'horizon quand des accords de libre échange "troquent" des sous-marins contre le renoncement à la protection de certaines AOP. Il y a trop d'enjeux par rapport à l'alimentation entre ceux qui ne peuvent pas se nourrir et ceux qui n'arrivent plus à en vivre.
J'ai été très intéressée par les échanges que nous avons eu avec Patrick Mercier, Président de l’Organisme de Défense et de Gestion du Camembert de Normandie et Cécile Rose-Lefebvre de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Ils nous ont convaincu que préserver la ressource en eau grâce à l’élevage à l’herbe était non seulement envisageable mais rentable.

vendredi 29 avril 2016

Rencontre avec Virginie Grimaldi, à propos de Tu comprendras quand tu seras plus grande

Il arrive qu'on me propose de rencontrer de jeunes auteur(e)s. J'ai toujours la prudence de demander à lire leur livre avant de donner une réponse définitive. Je ne serais pas à l'aise de vanter le travail de quelqu'un qui n'aurait pas provoqué en moi une émotion positive.

J'ai lu Tu comprendras quand tu seras grande quasiment à la vitesse de l'éclair (en ralentissant pour avoir le temps d'apprécier) et j'ai enchainé avec le premier roman de Virginie Grimaldi qui avait été précédemment publié chez City et que le Livre de Poche ressortait simultanément à la parution du second.

Deux coups de coeur ne peuvent pas être le fruit d'un hasard et j'avais la conviction que j'allais rencontrer une jeune auteure qui monterait, qui monterait ...

C'est en plus ce qu'on appelle une belle personne, modeste, sachant malgré tout goûter à juste titre le bonheur de son succès.

Tu comprendras quand tu seras plus grande
Le sujet n'est pas facile à traiter. Avant elle, Caroline Vié avait réussi à me faire rire avec Dependance Day, publié l'an dernier chez JC Lattès alors que ma mère venait de décéder. Virginie Grimaldi a réussi tout autant à rendre plutôt léger un livre dont l'essentiel se passe dans une maison de retraite, une MDR, pour employer le même raccourci (p. 83). Parce qu'elle a l'art de camper des personnages attachants avec une profonde humanité sans occulter leurs travers de comportement.

Le personnage principal, Julia, a fui sa réalité quotidienne sur un coup de tête (ou un énorme blues). Pour éviter la dépression elle fait acte de candidature aux Tamaris où elle découvrira que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre, toute psychologue qu'elle est. Pour résumer on peut dire qu'elle y prendra une leçon de bonheur à commencer par Louise qui bien qu'atteinte de la maladie d'Alzheimer a une aptitude infinie pour cet état d'esprit.

Virginie a souvent entendu cette petite phrase, tu comprendras quand tu seras plus grande, de la bouche de son père et je pourrai en dire autant (alors que nous n'avons pas le même ... père). Chacune étions agacée de cette forme de suffisance des adultes à vouloir faire mystère des choses de la vie.

Le "secret" est tout simple (p. 72) : on reste des bébés toute notre vie. Avec les mêmes besoins, être aimé, rassuré, ne pas être seul, avoir toujours à manger et à boire (...) avoir à ses cotés une personne qui t'aime plus qu'elle-même.

J'ai coupé mes cheveux et des ponts, déclare Julia (p. 85) avant de se coincer les lombaires dans une désopilante séance de gymnastique (p. 111). Derrière le sérieux du propos il y a beaucoup de sensibilité mais aussi du second degré et de l'humour dans ce roman comme il y en avait dans la manière que Virginie Grimaldi avait (a toujours mais elle y écrit moins) de raconter sa vie dans un blog qui a connu un immense succès, "Femme Sweet Femme".

C'est ce qui fait que sa lecture est réconfortante. Si comme elle vous êtes sujet à la procrastination vous apprendrez que vous tentez ainsi de conjurer votre peur de la mort. Et si vous pensez vous aussi qu'on peut décider de ne plus aimer (pour ne plus souffrir) comme on peut décider de ne plus manger de sucre (p. 148) n'hésitez pas, il est urgent de vous plonger dedans.

Ce type de littérature mérite bien son label de feel-good (qui vous veut du bien). Et soyez convaincu(e) que la peur découle du passé et abime le futur.

Appliquez sans attendre le conseil (p. 409) de vous débarrasser de votre peur de vous-même, vous n'aurez plus peur de personne. Personne ne vous fera plus souffrir si vous croyez en vous.

Le premier jour du reste de ma vie
Je l'ai lu dans la foulée et j'ai été surprise de constater que le point de départ était déjà un burn-out même si le traitement est différent. On peut dire que le ton est plus léger dans celui-ci.

Il est cependant très abouti et rien ne permet d'y voir un "premier" roman. Sans doute parce que l'auteur avait une large et longue expérience d'écriture préalable, du fait de son blog. Elle consacre beaucoup de temps à écrire, à commencer par des listes dont elle est devenue spécialiste.
Marie a tout préparé pour l’anniversaire de son mari : décoration de l’appartement, gâteaux, invités… Tout, y compris une surprise : à quarante ans, elle a décidé de le quitter. Marie a pris "un aller simple pour ailleurs". Pour elle, c’est maintenant que tout commence. Vivre, enfin.Elle a donc réservé un billet sur un bateau de croisière pour faire le tour du monde. À bord, Marie rencontre deux femmes qui, elles aussi, sont à la croisée des chemins. Au fil de leurs aventures, parfois loufoques, elles pleurent et rient ensemble, à la reconquête du bonheur. Leurs vies à toutes les trois vont être transformées par ce voyage au bout du monde.
Dans un style différent Bruno Delesalle m'avait donné Le goût du large il y a quelques semaines et il me tarde de prendre la mer. Nul doute qu'on revient changé après une telle expérience.

L'explication du titre arrive p. 189 qu'il faut entendre comme un serment épicurien. Il ne s'est pas imposé immédiatement à Virginie Grimaldi qui m'a confié que cette phrase l'avait amenée à récrire tout le livre. Ce n'est donc pas la première version qui a été imprimée. Quoiqu'il en soit la maitrise est au rendez-vous.

Je pourrais faire les mêmes compliments à son propos que ce que j'ai pointé plus haut. Il faut saluer le sérieux des descriptions. On jurerait que Virginie est allée en repérage dans chacun des pays que ses héroïnes visite au cours de ce tour du monde. Et puis la justesse avec laquelle Marie démonte (p. 182) le processus avec lequel Rodolphe tente de la manipuler est absolument parfait. Je n'ai pas été étonnée que l'auteure ait aimé l'écriture d'Agnès Ledig avec qui je trouve des affinités, notamment à travers Pars avec lui.

D'une manière générale les personnages semblent si réels qu'on a le sentiment qu'ils existent dans la vraie vie. Quel que soit son âge on peut connaitre des difficultés à vivre à deux. A 20 ans en masquant un romantisme effréné derrière un coeur d'artichaut, à 40 en étant trompée par son mari (qui ne la mérite pas), à 60 en ne sachant plus exprimer ses sentiments.

Les chansons de Jean-Jacques Goldman ponctuent à la perfection les principales étapes de la reconstruction du personnage principal. On redécouvre (p. 315) les paroles de Sache que avec l'envie de l'écouter en boucle les jours de cafard. encore que je vous recommande plutôt de glisser dans le lecteur DVD un des titres de sa liste des feel-good de la page 113.

J'ajouterais La famille Bélier, d'Eric Lartigau, 2014, Intouchables d'Olivier Nakache et d'Eric Toledano, en 2011 que vous connaissez forcément, mais aussi, moins médiatisé, Conversations with Other Women, réalisé par Hans Canosa en 2004 qui est d'une grande subtilité.

Deux Grimaldi d'un coup n'empêche pas d'espérer une prochaine ode à la vie et aux petits bonheurs.

Tu comprendras quand tu seras plus grande, de Virginie Grimaldi, Fayard, sortie en librairie le 4 mai 2016, publié en Livre de Poche en mai 2017
Le premier jour du reste de ma vie, de Virginie Grimaldi, City, 2015, publié en Livre de Poche en mai 2016. Prix E-crire Aufeminin 2014

jeudi 28 avril 2016

Divorce au scalpel

Vous pouvez penser que je ne suis pas adepte des spectacles de divertissement parce que j'y consacre rarement un article. C'est qu'il y en a (hélas) peu de bons. Alors quand arrive une pièce comme Divorce au scalpel il ne faut pas bouder son plaisir.

Voilà enfin une comédie où ce ne sont pas les portes qui claquent mais les répliques.

Frédérique Fall et Alain Étévé ont écrit des dialogues qui s'inscrivent dans l'air du temps. Avec la crise, une séparation est un luxe que bien des couples ne peuvent plus se permettre et la cohabitation (courante en Pologne il y a vingt ans) est devenue fréquente.

Le  paradoxe est qu'il faut désormais faire preuve de cette tolérance qui précisément a mis l'union en péril. Comment être disposé à faire des concessions quand la seule vue de l'autre exaspère ? La situation frôle l'intolérable quand la mère d'Orianne arrive à l'improviste pour célébrer ... les dix ans de l'anniversaire du mariage de sa fille avec Aurélien.

Si je vous dis que les trentenaires n'ont pas informé leur famille qu'ils avaient divorcé vous devinerez l'imbroglio qui se prépare. Pour une fois ce n'est pas l'amant qui est dans une position inconfortable mais le mari.
Les rebondissements secouent les personnages à qui les auteurs ont taillé des costumes sur mesure. La mère (Hélène Derégnier) exige d'être appelée par son prénom, Mathilde. Elle a l'art de s'imposer, à l'improviste en cachant son affection pour sa fille derrière des sous-entendus provocateurs et vexants.
L'ex compagne d'Aurélien (Karine Lyachenko) surgit en agent immobilier prête à dénicher l'appartement idéal pour le mari à moins qu'elle ne cherche à le reconquérir puisqu'il est soudainement disponible.

Un psychothérapeute conjugal (Loïc Blanco), bafouera tous les principes déontologiques de sa profession en séduisant sa patiente.
Orianne (Laurence Oltuskiet Aurélien (Pierre Khorsandse trouvent embarqués dans une tourmente qu'ils maitrisent de moins en moins. La jeune femme affirme un tempérament de feu et fourmille d'idées qui pourraient résoudre les problèmes si ceux-ci ne se multipliaient pas à l'infini. On retiendra sa méthode du cercle de craie pour imposer des limites. Le jeune homme voudrait s'affirmer mais sans moyen financiers il reste sous la dépendance des autres.

Bref, la liberté des uns comme des autres est somme toute relative. Les auteurs ont l'habitude de travailler pour la télévision, cela se sent dans leurs répliques qui sont drôles, ou féroces mais qui sonnent juste et que l'on aurait envie d'apprendre par coeur pour les ressortir à bon escient.

La salle rit beaucoup. Il faut entendre par exemple Orianne épingler le machisme médiéval de son ex-conjoint ou Mathilde la bourgeoise nous confier que faire des économies quand on n'en a pas besoin c'est d'un ludique ...

J'ai vu la pièce le soir de la première représentation. Tout était déjà en place alors que l'équipe était encore en répétition à 19 heures. Jean-Philippe Azéma, le metteur en scène (qui est aussi comédien, mais dans d'autres spectacles) a une large expérience, allant de la comédie musicale à la dramatique radiophonique. Il est heureux qu'on ait fait appel à lui parce que tous les ressorts de la comédie ont été pensé par les auteurs : une situation détonante, des personnages antinomiques, quelques grains de sable... On actionne le tout et boum !

Il a été assisté par Aude Galliou à propos de qui il m'a confié que son aide avait été précieuse, ce qui est un compliment rare dans la profession.
J'ai senti combien ils avaient tous travaillé "la main dans la main", en particulier aussi Pierre Khorsand qui a repris le rôle en quelques jours. Il faut le voir éméché sur scène. On jurerait que c'est vrai.

C'est une des forces du spectacle : les comédiens jouent sans surjouer, un travers trop fréquent dans la comédie. Aucun rôle ne domine sur les autres. Avoir écrit cinq rôles de puissance équivalente est un autre des atouts de la pièce.

Plusieurs astuces ont été trouvées pour rompre les codes du théâtre de boulevard et apporter un zeste de fantaisie intelligemment pour distraire sans forcer le trait. Les costumes ont été pensés avec intelligence. Les lumières sont signées André Diot, un des grands éclairagistes  e la profession (et qui a fait personnellement la mise en place).

Vous ne remarquerez pas les points d'exclamation à la fin des répliques, ni les clins d'oeil racoleurs appelant des applaudissements. Aucun comédien ne songerait à allonger son texte pour mettre son acolyte en péril comme je l'ai constaté ailleurs. Ils ont accepté d'effectuer les changements de décor dans la pénombre, mais encore à vue, et prennent alors la pose, un peu à l'instar des arrêts sur images que l'on utilise au cinéma.

La distribution est susceptible d'être modifiée en fonction de leurs emplois du temps respectifs mais la qualité est inscrite dans l'ADN de cette production.

Le quintette se produira au Grand Point Virgule jusqu'au 3 juillet et vous manquerez un début de soirée joyeux en vous en privant. Divorce au scalpel est programmé à 19 heures, un horaire idéal pour oublier très vite une journée de travail difficile et qui laisse encore le temps de dîner ... pourquoi pas en terrasse en profitant des douces soirées que la météo nous offre enfin.
Divorce au scalpel
De Frédérique Fall et Alain Etévé
Mise en scène de Jean-Philipe Azéma
Avec Laurence Oltuski, Pierre Khorsand, Karine Lyachenko, Hélène Derégnier et Loïc Blanco
Prévu du 28 avril au 3 juillet 2016, le spectacle sera prolongé jusqu'au 27 août
Au Grand Point Virgule
8 bis rue de l’Arrivée 75015 PARIS (M° Montparnasse)
Du mercredi au samedi à 19 h 45, le dimanche à 18h

Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Alain Etévé

mercredi 27 avril 2016

Prochaine inauguration du Mémorial de Falaise

J'ai visité avec une cohorte de journalistes les coulisses du Mémorial de Falaise, dédié aux Civils dans la Guerre dont l'ouverture officielle aura lieu le 9 mai prochain.

Dédié aux victimes civiles des guerres son emblème est un grand C et ce musée est assez particulier, pour autant que j'ai pu en juger car il restait beaucoup d'installations à terminer, en toute logique.

Plus tard dans la journée j'ai effectué un pas en arrière dans l'Histoire avec le château de Guillaume le Conquérant, qui fut roi d'Angleterre ... mais qui fera l'objet d'un autre article.

Cet imposant édifice ne risque pas de passer inaperçu car il est visible depuis le Memorial, en particulier lorsqu'on sort sur la terrasse, ce qui permet d'en faire des photos inédites jusqu'à présent.
Même empoussiéré et bâché, le Mémorial dégage, à 12 jours de son ouverture officielle, une émotion tout à fait palpable et suscite abondance de questions. Le "chantier" grouille de partout. On positionne dans le hall les vitrophanies qui mettront le public dans l'ambiance. Je peux lire cette phrase de Fénelon qui rappelle le tribu des populations : toutes les guerres sont civiles.
La tranche d'histoire évoquée est suffisamment récente pour que chacun d'entre nous en ait une connaissance familiale mais paradoxalement suffisamment ancienne (la Seconde Guerre Mondiale s'est achevée il y a soixante-dix ans) pour que très peu de témoins puissent encore s'exprimer.
Toutes les réponses ne seront pas données. Une part de mystère subsistera ...
 
Le Mémorial est situé en face de l'Office de tourisme, juste à coté de la Mairie, sur le bord de cette place où se dresse la statue triomphante de Guillaume le Conquérant, dans ce qu'on appelle "un bâtiment de la reconstruction" datant donc des années 50-60. Ce fut un Tribunal avant d'abriter des services administratifs.
Sur la droite, dans une sorte de vitrine surélevée on découvre une Simca 5 chargée à bloc, à l'instar de celles qui ont permis de fuir ...  C'est une automobile franco-italienne conçue par Fiat et produite de 1936 à 1949 qui a été achetée par le Mémorial de Caen en 2013. Cet objet symbolique sera sans doute photographié et circulera comme un symbole dans le monde entier. Il ne faudrait pas croire que l'exode a été facile.

Ma mère m'a raconté qu'elle avait quitté la maison avec une bicyclette trop grande pour elle. On avait sanglé des cales de bois aux pédales pour que ses jambes puissent actionner les roues. Elle a roulé plus de 300 kilomètres pour échapper aux bombardements. Ses parents ont fait le trajet en carriole tirée par un cheval. On verra à l'étage des photographies d'époque montrant les routes investies par les civils en déroute. Et je serai émue d'y découvrir celle d'une jeune fille endormie au pied de son vélo.

mardi 26 avril 2016

Alain Passard aime les céréales et les cuisine à l'Arpège

J'avais déjà eu le bonheur de déguster des plats imaginés par ce magicien qu'est Alain Passard l'an dernier. Cette fois je suis revenue à l'Arpège pour un menu exclusivement végétarien composé autour de céréales.

Le chef a une nouvelle fois fait la démonstration qu'on pouvait se régaler avec légèreté.

Tout commence chez lui par de minuscules tartelettes légumières avec un fond de feuille filo, presque aériennes, mettant en valeur ces perles du Japon qui, historiquement, on été découvertes par les fondatrices de Tipiak au cours d'un voyage en Orient-Express.

La signature d'Alain Passard est immédiatement reconnaissable avec la présence de fleurs printanières.

lundi 25 avril 2016

Gatha en Renaissance

Agathe, alias Gatha, présente ces jours-ci Renaissance, un disque de 5 titres qui témoignent de l'étendue de sa palette harmonique.

On l'a vue dans l'Express Styles incarnant (elle n'est pas la seule) la nouvelle vague féminine. Les chanceux l'ont entendue en off du Printemps de Bourges ou en première partie de Julien Doré et elle a aussi accompagné La Grande Sophie et Asaf Avidan sur scène.

Mais c'est une jeune femme toute simple et à l'enthousiasme communicatif que j'ai découverte aux Trois Baudets.

Ce n'est "que" son troisième concert autour du nouvel EP mais elle fait preuve déjà de beaucoup de maitrise. Est-ce parce qu'elle écrit et compose que forcément les émotions sont plus vraies, venant réellement de l'intérieur ?

Est-ce aussi parce qu'elle pratique le violoncelle depuis qu'elle a 7 ans ? Il est devenu comme une part d'elle-même.

Est-ce enfin parce que son nom de scène, directement inspiré de son prénom, Agathe, évoque aussi les Gathas qui sont les chants dans lesquels Zarathoustra annonça les fondements de sa philosophie existentielle. C'était il y a très longtemps mais il me semble que sa pensée imprègne le travail de composition de la chanteuse qui écrit si bien sur l'urgence à être heureux.

Elle commence nimbée de lumières bleues avec Léo dont l'intro met en valeur sa pratique instrumentale et installe l'ambiance. Elle s'invective elle-même dans les paroles : Gatha aie l'air fière, (...) vivre c'est pas la guerre ...
Elle ose chanter ses peurs et sa voix puissante est prenante alternant gravité et légèreté. Le sourire affleure vite sous les applaudissements, heureuse de voir le public.

Elle enchaine avec Give meun titre qui figurait sur l'EP Fuir sorti en novembre 2013. On reconnait une nouvelle fois sa manière de se fixer des encouragements injonctifs : Tu ne lâcheras rien. Tu t'accrochesLe refrain installe une note de poésie : Give me a chance to dream chante-t-elle avant de faire trembler les cordes de son instrument. Elle saute comme un cabri et pousse des cris joyeux avant de faire pleurer le violoncelle dans une obscurité profonde.
Sa voix se prête aux effets sonores et elle n'en prive pas le public, déjà conquis.

Avec Renaissance on revient au dernier album dont il est le titre phare. Elle y réclame un ardent renouveau que manifestement elle a trouvé. Dès les premiers mots, N'oublie pas toutes les premières fois qu'il te reste à vivre, on sait que l'on sera conquis et que l'air nous trottera longtemps dans la tête. Et on apprécie des paroles en langue française que l'on peut particulièrement goûter.

Gatha partage la vie de Gustave depuis 20 ans. Elle prétend que c'est lui, son violoncelle, qui lui inspire ses paroles et qui mérite donc d'être applaudi. Vieux de 150 ans, quasiment deux vies humaines, il est pour elle "oversensible". Si l'instrument a une place essentielle elle démontre sur scène combien elle aime et s'amuse aussi avec la technologie analogique en faisant penser à Björk. Le violoncelle se trouve finalement à égalité avec l’électronique et la voix chantée.  Gatha est un trio à elle seule.
C'est sans ses musiciens et seule en scène qu'elle poursuit avec J qui figurait sur la première version de son précédent EP intitulé alors  Comme çà en juin 2013. Avec douceur, et en anglais.
Retour à l'actualité avec Oublie-tout qui donne envie de croire qu'il fait beau et où de nouveau elle s'exhorte à être forte dans une couleur acoustique plus électronique. Les paroles méritent vraiment une écoute attentive. On sent une alliance entre colère et douceur pour gagner une forme de dépassement de soi.
Les marcheuses de la nuit et Amours avortés annoncent la fin et donnent envie non seulement de recommencer à écouter l'EP mais aussi de la revoir sur scène bientôt. Gatha écrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse sur la complexité des rapports humains.

Le public a vivement apprécié ce moment en particulier parce que la combinaison électronique et violoncelle est peu commune. Ceux qui l'avaient déjà vue l'ont trouvée aussi plus rock, peut-être parce que sa manière de jouer n'est pas strictement "classique". Je l'ai trouvée lumineuse et envoutante malgré des paroles parfois sombres. Elle dégage au final un romantisme fou.
Je vous invite à aller regarder ses clips, toujours extrêmement élégants et soignés, quel que soit le titre, et depuis plus de 3 ans. Elle y révèle une autre facette d'elle-même, un peu comme elle peut le faire en coulisses.

Celui de Renaissance a été réalisé par l’ar­tiste Tahiti Boyet et on y voit une Gatha très sensuelle. Si les premières images mettent en avant son cher et tendre ... violoncelle, c'est ensuite en solo qu'on la découvre et elle y révèle aussi un talent de danseuse et de comédienne.

Les autres chansons de l'EP feront prochainement l'objet de clips qui offriront d'autres clés de lecture. Le terme de Renaissance est amplement justifié.
Renaissance de Gatha, Idol/Universal Publishing
Site officiel : http://www.gatha.fr/
Facebook : https://www.facebook.com/gathaofficiel

dimanche 24 avril 2016

Y-a-t-il quelqu'un dans Casimir ? de Claire Castillon

Depuis son premier roman, le Grenier (éditions Anne Carrière), en 2000, Claire Castillon ne cesse de publier régulièrement.

D'abord tournée vers les adultes, le roman les Merveilles (Grasset, 2012) a provoqué l’envie d’écrire pour la jeunesse, pour m'a-t-elle dit "me débarrasser de la voix qui s’était incrustée dans ma tête". Ce fut Tous les matins depuis hier et il faut croire que l’exercice a eu l'effet escompté puisque, depuis, elle alterne les deux.

Je l'ai vue au Salon du Livre de Paris, alors qu'elle se trouvait en signature des Pêchers (à L’Olivier), à quelques jours de la sortie de son cinquième roman jeunesse, à l’Ecole des loisirs comme le précédent.

Y-a-t-il quelqu'un dans Casimir ? s'adresse à de jeunes adolescents de 9 à 12 ans mais tout en ayant largement dépassé ce cap j'ai pris plaisir à sa lecture qui, et je rejoins l'auteure sur son analyse, a en quelque sorte un effet récréatif. J'apprécie de lire un roman jeunesse, pourvu qu'il soit excellent (cela va de soi) après d'autres lectures plus impliquantes.

Dans ce petit ouvrage on sympathise avec Armande qui, non seulement porte un prénom inhabituel mais aussi est affligée d'une phobie terrifiante et handicapante : elle ne supporte pas d'être seule à la maison, même pour une heure ou deux.
Armande est seule à la maison. Elle sent la présence d’agresseurs invisibles derrière chaque porte. À treize ans, c’est la première fois qu’elle accepte de se garder toute seule, sans baby-sitter. Elle a promis qu’elle n’aurait pas peur, mais elle ne peut s’empêcher de calculer le nombre de secondes pour arriver jusqu’au téléphone situé dans l’entrée et qui n'arrête pas de sonner.

Au bout du fil, Esther, sa grande soeur, la supplie de dérober pour elle la jolie pochette brodée de maman le temps de briller en soirée. Peut-être est-elle cachée dans cette valise que leur mère range sous son lit ? Armande progresse lentement vers la chambre, puis jusqu’à la valise. Celle-ci ne contient que des lettres. Elle reconnaît l’écriture de son père, volatilisé depuis huit ans. Bizarre ! La dernière lettre remonte à avant-hier.
On comprend vite pourquoi et comment la jeune fille peut craindre les fantômes. Claire Castillon parvient aisément à se remettre à cet âge-là dans sa tête et à trouver des fils invisibles et des ponts entre les deux mondes (adulte et jeunesse).

Si vous y prêtez attention vous entendrez dans le sous-texte de ce livre des clés adressées aux adultes. Et la remarque est juste pour nombre de livres soit-disant pour enfants comme j'ai eu l'occasion de le signaler dans de précédentes chroniques.

Dans le registre qui leur est spécifiquement destiné j'avais particulièrement aimé un recueil de nouvelles, les Bulles (Fayard, 2010).

Y-a-t-il quelqu'un dans Casimir ? de Claire Castillon, Ecole des Loisirs, collection Neuf, en librairie depuis le 20 avril 2016

samedi 23 avril 2016

Le Recommandé au Val-André (22)

On va croire que je suis abonnée aux ambiances d’autrefois. Cela fait partie des hasards de la vie, même si effectivement je constate deux tendances diamétralement opposées dans l’ouverture des nouveaux restaurants. Soit ultra design, soit retour aux sources.

Le Recommandé est de cette veine. Valérie et Hugues Pommereul  ont eu un véritable coup de cœur pour cet ancien bureau de Poste (d’où le nom qu’ils lui ont donné) qu’ils ont conservé le plus possible dans son jus tout en parvenant à y installer une cuisine fonctionnelle et moderne.

La salle est restée dans l’ambiance des jours anciens. On s’assoit sur la banquette  de la salle d’attente, et on pose les coudes sur une table des années cinquante.

Quelques chaises d’origine ont pu être recyclées. Leur assise métallique a été rendue confortable avec l’ajout d’un coussin cousu dans un vieux sac de tri postal en toile de jute.

La signalétique est restée ainsi que les casiers, et les cloisons coulissantes. Le guichet est devenu bar. Les éclairages qui ont été ajoutés sont des lampes d’architecte. Les sets de table sont des feuilles de papier kraft et les verres des Duralex, comme dans les années soixante.
Coté saveurs le jeune couple a misé haut. Valérie sait recevoir chaleureusement. Elle gère depuis plusieurs années et accueille tout au long de l'année les quatre chambres d’hôtes de la Villa Nazado, une belle demeure du XIXe siècle dans un esprit "maison de famille", située au cœur de la commune voisine, à Erquy.

La création de ce salon de thé il y a trois ans est un tournant dans leur vie mais elle correspond aussi à leur souhait d'être complémentaires de la maison d’hôtes  en ouvrant un lieu généreux à leur image. Ils sont les premiers à préférer pousser la porte d'un salon de thé plutôt que de s'accouder à un bar et ce type d'endroit n'existait pas dans les alentours de Pléneuf.

Le métier de pâtissier est une reconversion professionnelle pour son mari, autrefois informaticien et qui a voulu passer un CAP de pâtissier. Il travaille maintenant aussi avec Guillaume Menant, chef pâtissier.

La reconversion est le deuxième point un point commun avec Stéphane, de la Crêperie des Druides de Saint Brieuc dont je vous parlerai bientôt.
Quand on aborde les rivages de la quarantaine avec un tel projet on fait les sacrifices nécessaires pour réaliser son rêve. Le couple ne ménage pas sa peine et le résultat est là. Bien entendu tout est fait maison, et quotidiennement. Il n’est pas question pour moi de dénoncer tel ou tel boulanger voisin mais plusieurs clients, alertés par les émissions de télévision sur le sujet, ont compris que certains artisans ne font pas la viennoiserie eux-mêmes et sont devenus des clients réguliers du Recommandé.

L’étendue de la proposition sucrée en parts individuelles ou gâteaux grand format en 4, 6 ou 8 parts, est digne des plus grandes pâtisseries parisiennes, entre 10 et 25 chaque jour.

vendredi 22 avril 2016

Le silence de mon père de Doan Bui

Doan Bui est grand reporter au Nouvel Obs. Elle vient d'écrire un livre sur l'histoire de son père, dont elle ne connaissait que quelques bribes avant d'entreprendre cette plongée qu'elle sous-titre enquête sur mon père, cet inconnu.

Née en France au milieu des années 1970, elle est l'aînée des cinq enfants d'un couple originaire du Vietnam. Elle a grandi au Mans avant de poursuivre ses études à Paris. Dans son nouveau livre, la journaliste, Prix Albert-Londres en 2013, mène une enquête passionnante sur ses origines et sur la vie passée de son papa, victime d'un AVC en 2005 et aujourd'hui condamné au silence.

Il faut dire qu'en terme de révélation, elle aura son compte. Et on peut s'interroger sur ce silence paternel qui conduira à un mystère autour d'un secret familial, lui-même se doublant du poids de la perte de son dernier enfant.

On apprend (p. 30) que Baudelaire devint lui aussi aphasique après un AVC ... enfermé dans sa solitude ... au supplice de comprendre et de ne pouvoir répondre. Comme Ravel. Et on partage la compassion de Doan Bui à l'égard de celui dont les mots se sont envolés comme des oiseaux gracieux.

On pourrait se demander quel fut le réel élément déclencheur car sa mère si bavarde s'est murée elle aussi dans le silence.  (p. 20) C'était son bouclier dans la tristesse. Ma mère est d'une génération et d'une culture où l'on ne parle pas. Parler c'est perdre la face (...) un truc de français.

Je ne suis pas certaine que cette manière de se draper dans le silence soit si typiquement vietnamienne.  Je pourrais dire la même chose à propos de ma famille qui n'a pourtant aucune racine étrangère. C'est vraiment une question de génération et de circonstances.

Pareillement pour l'exigence de voir son enfant monter au tableau (p 52). Elle pointe que ses parents ne vibraient que pour les diplômes, les titres, les récompenses (...) c'était réparer l'outrage d'avoir perdu et quitté son pays.

Mon propre père était dans la même rigidité comme tous ceux qui se sont trouvés "immigrés" dans leur propre pays, contraints de quitter une campagne qui ne pouvait pas nourrir tous les enfants et se frotter aux codes de la ville où ils se sentaient comme "déclassés". Quand il arriva en région parisienne, mon père parlait essentiellement patois. Il a appris le français à l'âge adulte.

Un des aspects particuliers du livre de Doan Bui est de nous éclairer néanmoins sur la manière asiatique de considérer les choses puisque par exemple la langue vietnamienne ignore le "je" et les enfants portant le même nom on les distingue par un numéro. Et surtout elle resitue la trajectoire de ses parents dans le tourbillon de l'Histoire. Elle analyse d'autant plus finement les choses qu'elle les découvre à l'âge adulte, et avec la manière de penser propre aux journalistes : J'ai aimé étudier l'Histoire dans mes manuels d'écolière (...) j'ai écouté des dizaines d'exilés, étudié toutes les guerres et compulsé beaucoup de récits avec fascination mais je ne savais rien de l'histoire du Vietnam ni surtout de celle de mes parents. (p. 58)

Ce sont des survivants d'un monde perdu, celui d'avant le 30 avril 1975 (p. 112) et il faut lire avec attention sa reconstitution des épreuves du dossier de naturalisation française et les analyses de l'administration. Son père semble alors le plus "français" des deux. On s'interroge avec elle sur les qualités qui permettent de juger qui de l'un ou de l'autre serait le plus intégrable.

Ils furent les premiers asiatiques à s'installer au Mans et non en région parisienne. Arrivés en avion, avec des enfants nés sur le sol français, ils n'avaient rien à voir avec les boat people. Mais les petits Bui bénéficièrent de cette compassion accordée par contagion. Il n'empêche qu'ils appartiennent à la plus invisible des minorités visibles (à l'inverse des Blacks et des Beurs qui se font remarquer à coté des Blancs), désintégrée à force de vouloir être intégrée.

Elle parle peu de l'Asie mais nous offre quelques jolies lignes (p. 62) sur les arbres et les odeurs des marchés. Et c'est une image de mobylette (en réalité un Vélosolex) d'une balade racontée p. 173 qui a été choisie pour illustrer la couverture.

Comme Eloïse Lièvre avec des photos réelles, ou Isabelle Monnin avec un lot acheté aux Puces (Des gens dans l'enveloppe, chez JC Lattès), Doan Bui adopte le regard du photographe pour révéler le passé.

Une photo, c'est une tombe qui tient dans la poche, et garde la trace d'instants évanouis. (p. 130) Au Vietnam, nous apprend-elle, on ne fête pas les anniversaires de naissance mais de décès.

Le silence de mon père dégage une grande sagesse. Les mots auront été dits pour clarifier le passé de  et ramener les chers disparus à la surface mais en grande philosophe Doan Bui songe que les mots s'effaceront eux aussi. La mer avalera tout.

Le silence de mon père de Doan Bui, l'Iconoclaste, en librairie depuis le 23 mars 2016

jeudi 21 avril 2016

Premier disque pour Mathilde : je les aime tous

Mathilde est une artiste comme je les aime. Un caractère entier, une franchise inaltérable, un sourire qui s'entend au téléphone et une passion pour la musique et le travail qui, forcément, me donnent envie d'aller plus loin.

Elle est de ces personnes qui donnent la pêche. Ce qui n'empêche pas son album d'être un petit bijou de sensibilité.

Elle regrette des "petites bleuvetés" qu'elle n'aurait pas voulu entendre mais son entourage lui a fait remarquer qu'elle devait mettre un terme à sa quête de la perfection sous peine d'être taxée de psychotique.

Je n'ai pas l'oreille pour remarquer ces défauts minimes mais je dirais qu'ils sont sans doute bien là où ils sont parce qu'ils garantissent l'humanité de l'enregistrement. Dans le monde moderne du son, l'authentique est perçu souvent comme un défaut. L'oeil est tellement habitué à la très haute définition qu'il a perdu l'habitude de voir le grain d'une image. Or ce sont les aspérités qui donnent leur charme à un cliché. C'est pareil en musique.

Mathilde est donc satisfaite qu'on l'entende respirer, qu'on devine un rire dans le lointain. Elle ne cherche pas à tout contrôler mais à donner le meilleur dès la première prise. Enregistrer avec elle doit se faire dans le plaisir, l'énergie en plus. Elle connait l'exigence du travail. Avec des parents artistes, la chanteuse sait depuis toute petite que ce n'est pas un loisir mais un vrai métier.

Elle est heureuse d'avoir signé chez Naïve et elle plaint ceux qui se font "bouffer" par leur label. Elle savoure le plaisir d'avoir pu enregistrer avec Jacky Terrasson dont c'est le 20ème album, avec à son actif tout de même 3 avec Aznavour. Personne n'est venu revoir mes compos, ni corriger mes textes. C'est tout juste si on a tenté de me suggérer parfois un autre arrangement.

Mathilde affirme dans son album qu'elle les aime tous et elle va faire des adeptes :


La jeune femme a mûrement réfléchi avant de lancer ce projet. Elle tenait absolument à ce que son travail s'inscrive dans la tradition, ce qui en fin de compte trahit une forme de modernité. Mathilde a envie que les choses bougent. Elle est capable "d'envoyer" comme disent les spécialistes. Mais elle peut aussi chanter avec une extrême douceur et c'est bien.

Alors que je la complimente sur son interprétation des grands standards en lui disant que j'ai apprécié que ce ne soit pas des reprises de plus elle s'enflamme aussitôt : je n'ai pas cherché à copier. J'aime exprimer des émotions. C'est un peu le job quand même ...

On dira d'elle que c'est une artiste émergente parce qu'on la voit sortir de l'ombre. Mais ce n'est pas sa participation à The Voice qui a fait sa carrière. Mathilde a intégré à 7  ans un conservatoire où elle a appris le chant lyrique, avec la Callas pour modèle. Elle a chanté le gospel à Londres. Elle a sous les pieds 17 ans de chant classique et une vraie reconnaissance dans le jazz. Elle a monté un groupe et enchaîné les concerts dans des bars et des clubs. Ça fait maintenant plus de six ans qu'elle arpente la scène parisienne. Un parcours qu'on pourrait qualifier d'atypique mais qui constitue un bon bagage pour concevoir un album dans la chanson française.

The Voice aura été un accélérateur de particules musicales
La chanteuse sait ce qu'elle doit à l'émission de TF1. Ce serait snob et prétentieux de la considérer comme l'incarnation du diable. La télévision n'est pas une finalité. On n'a pas "réussi" parce qu'on est passé devant le petit écran (avec le risque de faire le trajet d'une comète) mais c'est un moyen. Elle estime qu'elle était arrivée au bout d'un processus dans le jazz et qu'il lui fallait d'urgence ouvrir une nouvelle fenêtre. (et elle s'ouvrira si vous cliquez sur "plus d'infos")

mercredi 20 avril 2016

Rivalité d'Alyson Noël chez Mosaic

Il faut de tout pour faire un monde prétend la sagesse publique. Il faut tous les genres sur les étagères. Et que celui qui ne lit que de la grande littérature me jette le premier livre ... Je les aime tous (comme le chante Mathilde sur son dernier album).

Enfin, pas vraiment tous, mais en tout cas j'ai beaucoup apprécié de me détendre avec Rivalité d'Alyson Noël dont je suis heureuse de pointer que ce volume est le premier tome de la série Beautiful Idols.

Il est catégorisé "jeunes adultes" mais il se trouve que jeune ou pas il a les ingrédients qui accrochent le lecteur.

Je me suis amusée à suivre le combat que se livrent trois jeunes américains qui ont envie (pour des motifs différents) de réussir et de percer dans le Tout Hollywood : Layla Harrison qui rêve d’envoyer promener son blog et de devenir reporter pour décrocher de vrais scoops; Tommy qui rêve de s’offrir une guitare à douze cordes et de prendre sa revanche sur son père en devenant une rock star; Aster qui rêve d’échapper aux conventions de sa famille et de devenir actrice.

Chacun son rêve pourvu qu'on puisse avoir l'occasion de le réaliser. En répondant à l’invitation d’un VIP des nuits californiennes, ces trois jeunes gens vont concourir pour devenir la nouvelle star du Clubbing en multipliant les entrées dans leur boite de nuit. Aventure ou cauchemar ? Alors que leurs souhaits commencent à peine à prendre forme, une star habituée du monde de la nuit disparaît. Et tous les trois sont soupçonnés…

Classée en tête des listes du New York Times, Alyson Noël est l’auteur de 23 romans dont les séries "Eternels" et "Les Chasseurs d’âmes" ont été vendues à plus de 600 000 exemplaires en France. Elle apparait dans de nombreuses listes de best-sellers et ses livres ont été traduits dans 36 langues

Née en Californie, dans le comté d’Orange où elle a grandi, Alyson Noël a vécu à Mykonos et à Manhattan avant de retourner s’installer dans le sud de la Californie, où elle travaille à son prochain livre. Autant vous dire qu'elle connait parfaitement la côte Ouest où j'ai eu la chance de voyager il y a quelques années.

Ce n'est pas chaussée de Louboutin que j'ai arpenté Sunset Boulevard, mais Rivalité a ravivé des souvenirs enfouis et j'ai accepté de prendre parti pour un des trois clubs. Vous découvrirez lequel à la fin de ce petit film que je vous invite à partager si vous l'appréciez.

Je n'ambitionne pas une carrière d'actrice mais pourquoi pas de youtubeuse si ce type de video vous distrait.

mardi 19 avril 2016

Fashion Forward, 3 siècles de mode (1715-2016) au Musée des Arts décoratifs

La nouvelle exposition du Musée des arts décoratifs propose un parcours sur trois siècles de mode avec trois cents pièces remarquables de la mode féminine, masculine et enfantine du XVIII° siècle à nos jours, issus de son fonds, regroupées pour dessiner une frise chronologique inédite.

À l’occasion du 30ème anniversaire de l’ouverture, en son sein, du musée des Arts de la Mode, fondé en 1986 à l’initiative de Pierre Bergé et de l’industrie française du textile.

C'est à un voyage au fil du temps que nous sommes conviés pour répondre peut-être à l'interrogation de Gabrielle Chanel : " J’aimerais réunir les couturiers et leur poser la question : Qu’est-ce que c’est la mode ? Expliquez-moi. Je suis persuadée qu’il n’en y a pas un qui me donnerait une réponse valable… Moi non plus d’ailleurs".
Entre clivage social et goût pour le beau, des codes de la Cour à ceux de la rue, ce sont trois siècles d'apparat et d'apparence que nous sommes invités à parcourir.
 

lundi 18 avril 2016

Les soins dans un spa comme le Val André

J'ai déjà consacré plusieurs billets à cet endroit qui est un hôtel fort agréable, doublé d'un restaurant qui pourrait être étoilé. Il ne faudrait pas que j'en oublie l'essentiel. C'est tout de même avant tout un établissement de thalassothérapie.

Le Spa Marin de Pléneuf Val André est une véritable bulle de bien-être qui s'étend sur près de 2000 m² dans une ambiance intimiste et zen.

Il dispose d'un parcours marin d'eau de mer chauffée, un couloir de nage, un hammam, une salle de cardio-fitness High tech, un espace tisanerie.

La carte des soins propose un ensemble de protocoles et de produits Thalgo et LPG CelluM6 dont on trouve les gammes spécifiques en vente à l'espace Lounge boutique.
La clientèle ne se perdra pas dans de trop classiques couloirs blancs. Le personnel ne sera jamais intrusif. Mais chacun pratiquera l'art de mettre la clientèle à l'aise.

Ici les curistes osent prendre leur petit-déjeuner en peignoir. On nous rappelle régulièrement que nous sommes là pour nous reposer et recharger nos batteries.

Il faudrait être bien difficile pour ne pas apprécier. Certains mettent si bien leurs soucis à distance qu'ils oublient leur cordon de recharge de téléphone. C'est un grand classique.

Une vingtaine de personnes se relaient pour assurer toutes les prestations. Ce qui fait la différence ce sera l'accompagnement apporté au niveau des soins pour en faire des moments uniques.

Vous trouverez sur votre lit un sac suffisamment vaste pour emmener ce dont vous aurez besoin au cours d'une journée (un livre, des lunettes, une bouteille d'eau, une serviette ...). IL renferme votre programme détaillé et une paire de chaussons ultra légers anti dérapants qui vous sont prêtés le temps de votre séjour.
L’écologie est discrètement pratiquée. Les peignoirs ne sont pas fournis à discrétion mais chacun peut en obtenir un propre dès qu’il le souhaite. Et votre peignoir vous attendra sur un radiateur chauffant pendant votre bain ou votre douche, si bien qu'il sera fort agréable de vous y glisser dedans.
L'atmosphère est élégante. Les cabines de soins du rez-de-chaussée sont éclairées par la lumière naturelle de l'extérieur. Dans les espaces de circulation, le décor est sobre mais chic, ponctué de sculptures en métal brossé argent.
Au sous-sol elles deviennent tables basses comme de gros galets où l'on peut déposer une boisson, un livre ... en attendant d'être appelé(e) pour la prochaine étape de son parcours de soins.

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