dimanche 31 juillet 2016

La Fonderie Cornille Havard de Villedieu les Poêles (50)

Villedieu-les-Poêles porte bien son nom. Ses habitants autrefois étaient surnommés les sourdins parce qu'ils étaient devenus durs d'oreille à force de marteler jour et nuit.

La petite ville, très jolie et aux constructions de grès typiques de la région, est encore un des hauts lieux de fabrication de cloches (et autres objets coulés en bronze). Il n'en existe que deux en France, la seconde se trouvant vers Annecy. Il faut savoir qu'il n'y a plus que trente fonderies en Europe et nulle part ailleurs dans le monde.

Autrefois les fondeurs de cloche étaient itinérants et se déplaçaient de village en village pour couler sur place l'objet dont l'église avait besoin car on ne savait pas transporter une cloche de plusieurs tonnes. Le four était installé dans une fosse creusée spécialement et il était cassé ensuite.

Un événement majeur bouleverse les habitudes en 1865 avec l'ouverture de la ligne ferroviaire Paris Granville. On peut désormais sédentariser l'activité puisque les cloches pourront ensuite être acheminées sans péril chez le commanditaire. Et surtout mener plusieurs projets de front au lieu de les couler une par une. La séparation de l'Eglise et de l'Etat quelques années plus tard sonnera en quelque sorte le dernier coup de glas aux fondeurs de cloches.

La Fonderie Cornille-Havard est l'héritière d'une tradition installée à Villedieu-les-Poêles depuis  la fin du Moyen-Age. Adolphe Havard a poursuivi l'oeuvre familiale en construisant en 1865 l'atelier qui fonctionne toujours aujourd'hui et qui a fêté l'an dernier ses 150 ans d'existence. Son rayonnement est international. On y fond encore environ entre 300 et 400 cloches par an. Un portail très ouvragé a été installé dans les années 1995 pour marquer l'entrée de l'endroit qui accueille environ 50 000 visiteurs chaque année.
Le parcours de visite est enrichi d'étapes à la fois ludiques et pédagogiques pour apprendre l'essentiel. Des visites guidées sont organisées en complément pour tous les publics. Même sourds et aveugles. On ressent la vibration de cette cloche (ci-dessous) très longtemps après qu'elle ne se soit tue. Il suffit de poser la main dessus après avoir laissé tomber le marteau. Attention aux oreilles aussi !
J'ai eu droit à une visite spéciale au cours de laquelle j'ai pu assister à la dernière coulée de bronze de la saison. Je vous propose de vivre tout cela intensément en cliquant sur plus d'infos et en ouvrant ensuite la première photos pour les voir toutes en format plein écran.

samedi 30 juillet 2016

La Satrouille à Cherbourg (50)

Hier je vous faisais visiter la Saumonerie Granvillaise qui s'approvisionne en saumons du coté de Cherbourg (même si elle se fournit aussi en Ecosse).

Je suis aujourd'hui dans cette ville dont j'apprends que la grande spécialité est la pêche aux céphalopodes (seiches, calamars, encornets...).

On me dit qu'une grande partie des seiches cuisinées en Italie ou en Espagne proviennent en fait du Cotentin.

En pâtois normand les sauticots sont des crevettes grises, et les vignots des  bigorneaux. Le mot satrouille désigne tout animal ressemblant à une pieuvre et on m'a recommandé ce restaurant discret, pour son ambiance bistrot sur le port de Cherbourg et surtout la qualité de ses produits.
A l'instar du Comptoir Gourmand de Granville, la liste des fournisseurs est fièrement affichée. Et si le patron annonce des tagliatelles fraîches vous pouvez être certain qu'il les a faites sur place. 

Il est heureux de travailler les meilleurs légumes de ses amis maraîchers (Thierry et Patricia Neel, Annie Bertin) dont j'apprendrai qu'ils sont venus déjeuner aujourd'hui, histoire de se régaler eux aussi de leurs produits.

La formule déjeuner est à un prix imbattable et change tous les jours, en fonction du marché, des saisons et de l’inspiration du chef. Mais si on se laisse tenter par des spécialités régionales (à force d'entendre vanter le homard j'avais de plus en plus de mal à résister) il faut se tourner vers le menu qui est à 35 € ... enfin 40 puisque le demi-homard est à supplément.

J'avais très envie de seiche. Il n'y en avait pas mais on m'a assuré que le calamar c'est pareil en meilleur. Va donc pour ce céphalopode qui m'arrive assaisonné d'ail et de persil. J'aurais pu choisir une Salade de tourteau et mesclun d’Annie Bertin ou 6 huîtres de Saint-Vaast-la-Hougue, un petit port du Cotentin. Mais on ne peut pas tout goûter.
Franchement ce calamar est bon, même très bon, sans rapport avec le caoutchouc que j'ai pu goûter jusque là. On voit que l'animal a été préparé frais et entier car je remarque des petites tentacules.
Après les Calamars sautés à l’ail et au persil on dépose sur ma table un curieux équipement mais adéquat adéquat : immense bavette, sorte de casse noix et griffe spéciale ... Et je constaterai que tous les restaurants font de même avec plus ou moins d'attention. On peut aller jusqu'à nouer la serviette autour du cou des clients.
J'ai demandé un Demi homard bleu rôti sous le grill et beurre citronné, et le voici avec son écrasée de pommes de terre. 
C'est à la fois exceptionnel et simple. Ne vous avisez pas de demander au patron si son homard est canadien. Il est bien entendu local, comme presque tout ce qu'il sert ( le fromage du jour était un morbier, forcément pas régional mais garanti fermier néanmoins). D'ailleurs le vivier est un peu vide en fin de service mais tout à l'heure le poissonnier livrera une vingtaine de bêtes ... Comme tous les jours.
C'est le moment du dessert. Au choix un fromage fermier, des profiteroles ou le dessert du jour : une crème brûlée au safran, ni trop ni pas assez et  ce n'est pas facile de doser cet épice. Il colore en jaune ( safra signifie jaune en arabe) et donne une légère amertume. La couche de sucre est mince et craque sans difficulté. Et comme la crème est dans une tasse haute elle est fondante.
Michel Briens (et Lina) cuisinent surtout des poissons et des légumes. Proposant une carte courte (avec quand même une viande pour les irréductibles) parce que quand on fait du frais on ne se perd pas dans une multitude de plats. Ils travaillent à cuisine ouverte, surveillant les réactions de la salle avec discrétion. Peu expansif mais prenant le temps de discuter si on vient le saluer, Michel parle volontiers de son métier.

La Satrouille 26 Quai Caligny, 50100 Cherbourg-Octeville
Fermé le lundi 
Téléphone : 02 33 43 13 76
Formule déjeuner 14€ Entrée et Plat ou Plat et Dessert
restaurant.lasatrouille@gmail.com

vendredi 29 juillet 2016

La saumonerie de Granville (50)

Après quelques jours au Mont-Saint-Michel, dont j'ai commencé à rendre compte, je suis partie pour un petit périple dans la Manche, pas la mer mais le département, qui est tout de même (et je ne m'en doutais pas) le département où il y a le plus de rivières à saumons.

Néanmoins la Saumonerie Granvillaise est toute jeune, à l'inverse d'entreprises que je visiterai aussi et qui sont implantées depuis plus d'un siècle comme la Fonderie des cloches de Villedieu-les-Poêles.

Elle a été créée il y a douze ans (en 2004) juste en face du Mont, par Rodolphe Belghazi dans la (petite) zone industrielle de Granville parce que c'est la ville où il est né. Sa formation est solide. Il a d'abord été ingénieur en produits de la mer et a fait des études d'aquaculture qui se sont terminées par un stage de fin d'études de six mois dans l'atelier de fumage de poissons de Labeyrie.
Pas question de reproduire à petite échelle les méthodes qu'ils a suivies dans cette maison. Ce qu'il a développé est radicalement différent, en terme de méthode comme de goûts. Il se situe volontairement dans l'artisanat et la haute qualité, en privilégiant la qualité du produit et la relation avec le client.

Il a d'abord travaillé seul, et encore maintenant il peut occuper touts les postes. Avec le temps et le succès il a progressivement choisi de se développer en ouvrant d'autres ateliers, à Dinard, Bayeux, puis Cherbourg, ce qui permet de rester au plus près du client même si la vente en ligne est un des objectifs pour les mois à venir.

Le contact avec la clientèle reste essentiel pour Rodolphe car il permet surtout d'avoir un retour sur la qualité et l'appréciation des produits.

jeudi 28 juillet 2016

Le Mont Saint Michel y passer la nuit, épisode #2

Hier je vous racontais comment le Mont-Saint-Michel reprend peu à peu son caractère maritime.

Nous nous étions quitté au bout de la passerelle, avec plein cadre ces bâtiments si reconnaissables, entre le drapeau français tricolore et la bannière aux armes de la Normandie.

On les devine de loin. C'est l'Auberge de la Mère Poulard, une célébrité qui a réellement existé, aujourd'hui devenue emblématique du site et dont bientôt je vous raconterai ce que je sais à propos de son omelette légendaire.
Je ne prétendrai pas que loger dans ce cadre soit un bon plan, au sens économique de l'expression. A vous néanmoins de guetter les promotions car il y en a.

C'est en tout cas une expérience hors du commun, un peu comme celle de passer une nuit dans un palais vénitien. Le calme y est royal. C'est ce qui surprend le plus les parisiens que nous sommes. À part quelques cris de goélands.

Il faut expérimenter, au moins une fois dans sa vie ces espaces hors du temps. Le Mont-Saint-Michel et Venise ont ceci en commun de n'être traversé par aucune voiture, ce qui fait que ce n'est pas bruyant et qu'en soirée, prendre un verre fenêtre ouverte sur la baie est une occasion de vivre un moment de calme absolu.

Et puis l'un comme l'autre ne sont pas pollués par des panneaux publicitaires 4 par 3.

Vous pourrez opter pour les Terrasses de la Mère Poulard, ou encore l'Ermitage aux volets verts, qui est en quelque sorte l'annexe des terrasses et qui plus est la dernière demeure d'Annette Poulard.

Je vous invite à cliquer sur "plus d'info" pour suivre le déroulé entier de ce billet consacré à l'hôtellerie et bien sûr aussi sur la première photo pour regarder les clichés en diaporama plein écran.

mercredi 27 juillet 2016

Le Mont Saint Michel a retrouvé son caractère maritime, épisode #1

S'il y a un endroit mythique c'est bien le site du Mont Saint Michel, inscrit au Patrimoine de l'Unesco depuis presque 40 ans, et que tout le monde devrait voir au moins une fois dans sa vie, à l'instar de la Tour Eiffel.

Et sans doute plus encore parce qu'il présente de multiples facettes que je fais tenter de partager avec vous : comment y aller, où dormir, où se restaurer, que visiter ... de jour comme de nuit ...

Commençons par le commencement, à savoir comment l'aborder ? On aurait tort de penser que le monument est devenu inaccessible depuis que la digue a été démolie. C'est en fait tout le contraire. Il faut certes abandonner sa voiture dans un parking (immense, et bien organisé) qui se trouve à deux-trois kilomètres mais c'est pour gagner en liberté.

Car les navettes (on dit passeur) sont gratuites et fréquentes. Et même la nuit il suffit d'un coup de fil pour qu'on vienne vous chercher si votre dîner ou votre balade s'est éternisé.
Il y a bien d'autres façons d'arriver. On peut faire le trajet en suivant le chemin de halage à pieds, ou à vélo, et même à cheval. C'est magique de découvrir le Mont se dresser au détour.
Un de mes conseils est de ne pas poursuivre pour le moment et de s'attarder sur le ponton du barrage comme nous allons le faire ici.
Et puis, mais ce sera dans quelques jours, d'entreprendre la traversée de la baie pieds nus pour faire le tour du Mont.
 
Je vous invite à cliquer sur "plus d'info" pour suivre le déroulé entier de ce billet consacré au caractère maritime du site et bien sûr aussi sur la première photo pour regarder les clichés en diaporama plein écran.

lundi 25 juillet 2016

Gérard Depardieu se livre dans Ça s’est fait comme ça

Ça s’est fait comme ça est un livre magnifique, comme le dit Olivia de Lamberterie (ELLE) en bandeau sur la couverture de la réédition. Gérard Depardieu se livre, avec la sincérité et l'entièreté dont je me souviens.

Il se trouve que j'ai travaillé sur des projets où il était impliqué et j'ai connu un homme que je ne reconnaissais pas dans les critiques que la presse étalait. Les faits étaient sans aucun doute exacts, mais je ne partageais pas l'analyse qu'on en faisait.

Je sentais bien qu'on m'écoutait avec condescendance quand j'allais à l'encontre des critiques. En lisant ce "petit" livre j'ai retrouvé le Gérard Depardieu que j'avais rencontré. Cette lecture devrait être inscrite dans les programmes de l'Education nationale tant elle a valeur d'exemple.

Dit comme ça on va croire que l'homme est donneur de leçons. Pas du tout. Mais son parcours de vie l'est. Et il est essentiel que ce qu'on appelle l'école comprenne les clés de la réussite que certaines personnalités parviennent à gagner sans suivre le chemin classique. Voire même justement, en s'en libérant.

L'acteur explique pourquoi il a quitté l'école (p. 30), parce qu'on l'a accusé d'un vol qu'il n'avait pas commis. Par chance il a juste eu le temps d'apprendre à lire et à écrire.

Il ne prétend jamais être un enfant de choeur et reconnait franchement les écarts de comportement. Il avoue des méfaits qu'il a bel et bien commis. Un banal vol de voiture (un vrai cette fois même si c'est un emprunt pour une soirée dira-t-il) le fait plonger. Trois semaines de prison, pas grand chose, mais cela suffira pour avoir un effet déterminant. A cause d'une rencontre avec le psychologue des lieux qui l'accueille avec bienveillance et lui trouve des mains de sculpteur.

Ce regard fera basculer sa vie. Si cet homme voit en moi un artiste, alors c'est sûrement que je vaux mieux que le voyou dont j'étais en train de revêtir l'habit. (p. 51). Et il ajoute : Voilà c'est ça l'immense beauté de la vie : qu'une seule rencontre puisse t'apporter bien plus que dix années passées sut les bancs de l'école à répéter bêtement ce que dit un professeur.

Il y a dans ce livre de quoi souhaiter que l'Education nationale parvienne à comprendre comment insuffler aux élèves ce même niveau de confiance en soi. Car ce jeune homme a tout à fait les capacités pour apprendre. Il le prouvera sur scène en connaissant son texte (et celui de ses partenaires). Il aura la patience d'aller à l'école, mais à l'école du théâtre, en suivant l'enseignement de Jean Laurent Cochet. Il a 17 ans et suppose que Pyrrhus est un nom de clébard. Il est certes inculte et pourtant il est touché par la grâce des vers de Racine.

De Corneille à shakespeare, de Marivaux à Musset, en passant par George Sand, Bertold Brecht et Peter Handke (...) je me découvre une capacité à assimiler que je ne me soupçonnais pas. (p. 78)

Il se dit aussi vide qu'une page blanche. Alors il se remplit. Il aspire, dans tous les sens du terme. Son aisance à travailler avec des auteurs ou des metteurs en scène aussi exigeants que Marguerite Duras ou Claude Régy devrait nous convaincre qu'il n'y a pas de fatalité là où on croit la voir. On le sait mais ça fait du bien d'avoir la preuve qu'on peut être furieusement intelligent sans être un intellectuel.

Gérard ne rêve pas d'être acteur. Il rêve de survivre, pour s'extirper de l'analphabétisme (p. 111). Voilà une de ses forces. Le secret peut-être de sa réussite c'est de rester à l'affût de la vie (p. 13).

A l'inverse, il est retenu par un déficit d'estime de soi (ce qui est sans rapport avec avoir confiance en soi). J'ai une si mauvaise image de moi, reconnait-il (p. 148). A l'heure des bilans on sent poindre une vraie détresse de n'avoir pas été à la hauteur des espérances de ceux qui m'ont aimé (p. 152.  Et puis la vie reprend le dessus : Bon ça me traverse, et puis ça passe.

L'enfant qui a survécu aux aiguilles à tricoter de sa mère semble être doté d'une carapace inoxydable. Il a la chance, car c'en est une, d'être curieux de tout et tout l'élève (p. 180). Tout lui réussit tant qu'il s'agit de faire, de lancer des projets, de produire des idées, de trouver des solutions. Gérard se réalise dans l'action. Toutes les actions, dans tous les domaines.

Les sentiments l'entrainent dans un monde où par contre il ne dispose pas des bonnes clés. Il confie à propos de son fils Guillaume, qu'il ne l'a pas suffisamment habillé pour le mettre à l'abri du feu (p. 119). Je sais dire les mots des autres, mais pour les miens je suis le fils du Dédé (p. 127), de ce père qui marmonnait et qui faute de savoir s'exprimer pouvait raidir un sourire toute une journée.

Publié par XO, l'ouvrage est ressorti au Livre de Poche en conservant la couverture de la première édition. La photographie, en noir et blanc, condense l'essentiel de son tempérament de fauve. Notre regard le dissuade quelques instants de s'élancer. On le sent partagé entre l'envie de se sauver et celle  de partager ce destin singulier dont il aimerait que ce soit un modèle, certes parmi d'autres, mais une voie possible.

Il déroule sa vie sans tricher, sans tirer gloire de rien. Son monologue est à la fois si intime, si fragile et si puissant qu'il fait oublier que ce sont des mots de papier. Ses confidences sont bouleversantes, comme le sont les choix de textes de Peter Handke qu'il convoque quand le passé s'interpose entre le présent et le futur, te faisant te sentir lourd, pesant, ecchymosé de toi-même. (p. 171, in Les gens déraisonnables sont en voie de disparition).

Ce livre est à glisser entre toutes les mains. Il a le pouvoir de faire du bien.

Ça s’est fait comme ça de Gérard Depardieu, XO éditions en octobre 2014, et depuis le 9 mars 2016 en Livre de Poche

dimanche 24 juillet 2016

Balade gourmande à Chignin (73)

Jean-Jacques Rousseau a vécu à Chambéry où il était chargé de convertir les genevois au catholicisme (il n'y est pas parvenu). Pendant toute la période de l'écriture des Confessions il habita aux Charmettes et je me suis demandé si la beauté des paysages avait pu l'influencer.

Après avoir exploré hier les terroirs des Abymes et d'Apremont nous voilà en piste pour une balade gourmande organisée depuis 8 ans par les viticulteurs sur la commune de Chignin. Son territoire est très étendu et le rendez-vous est donné au Clos Dénarié.

Les bénévoles sont nombreux et leur action est à louer, depuis le stationnement sur les parkings, la distribution de l'équipement (sac à dos, livret, verre), le pointage des étapes, le service comme au restaurant ... sans se départir de leur sourire.
L'organisation est aux petits oignons et j'espère que ce compte-rendu vous donnera envie de faire l'expérience l'an prochain. Cela vaut vraiment le déplacement. Beaucoup d'habitués, mais aussi des touristes et des nouveaux venus partagent cette expérience très conviviale, un peu différente entre le samedi et le dimanche. Le 23 juillet ce fut un repas randonneur proposé aux marcheurs avec 3 étapes "point-repas".
Le 24 est plus gastronomique avec accords mets-vins sur 6 relais-dégustation répartis sur l’ensemble de la boucle (pour un prix très correct de 45 € par adulte et 10 € pour les enfants de moins de 10 ans).
- le Chignin et la Roussette, pour leur côté fraîcheur et tension, accompagnent les mises en bouche ;
- le Chignin-Bergeron s’accorde sur l’entrée, la Mondeuse sur le plat ;
- les Rosés avec de jeunes viticulteurs ;
- puis les autres cépages rouges avec les fromages ;
- pour terminer, le Crémant, dernier-né, et les bulles de Savoie sur le dessert.
Nous avons démarré avec une météo un peu fraiche, et quelques effilochures de brume sur les hauteurs mais la musique était présente partout pour installer une bonne ambiance. Je vous invite à cliquer sur "plus d'info" pour suivre le déroulé entier de la balade et bien sur aussi sur la première photo pour regarder les clichés en diaporama plein écran.

samedi 23 juillet 2016

Vins d'Apremont et des Abymes , terroirs de Savoie

On a des vins de Savoie une image souvent réduite à l'association vin blanc-raclette. Elle n'est pas fausse mais elle est très réductrice. Et c'est en goutant un fond de bouteille de Chignin à l'occasion d'une dégustation de fromages de Savoie (aux rencontres de Cambremer autour des AOC qui invitait la Savoie cette année) que j'ai compris que je ne savais pas grand chose de ces terroirs.

Je ne pensais alors pas que j'aurais l'occasion de le vérifier in situ aussi vite. Et je vous recommande d'entreprendre de telles découvertes. La région est belle, verte. On y mange bien (par exemple dans ce restaurant authentique de Chambéry) et les habitants sont accueillants.

Demain je relaterai une balade gourmande sur la commune de Chignin. Pour le moment nous allons sillonner avec Michel Bouche, directeur du Comité Interprofessionnel des Vins de Savoie, deux terroirs, situés juste de l'autre coté de la vallée, Apremont et les Abymes, totalement emblématiques de ce que l'on sait de la Savoie.
En réalité il existe une infinité de terroirs depuis le bord du Lac Léman jusqu'à la cluse de Chambéry, liés au climat mais aussi aux sols, très différents d'une région à l'autre et souvent en adéquation avec des cépages particuliers, endémiques comme la Jacquère, la Mondeuse, l'Altesse, la Roussane, le Persan, et donc peu de Gamay, Chardonnay et Pinot. Les terrains pentus sont difficiles à mécaniser. Ce sont des vignobles qui produisent majoritairement des vins blancs (70% des vins de Savoie, qui réalise 20% de rouges, 5% de rosés et 5% de Crémant). Et parmi les blancs la moitié sont issus de la Jacquère.
Apremont est le premier village rencontré en quittant Chambéry. C'est le plus produit, en surface et en volume. L'Abyme est comparable mais arrive juste derrière.
On remarque qu'on se trouve sur la zone d'éboulement du Mont Gravier qui s'est produit en 1248 et dont on voit très bien la fragilité constante de son sommet. D'énormes pierres sont visibles dans les vignes, la plus grosse, fendu en deux s'appelle la pierre hachée.

Le sol de marnes calcaires (essentiellement), de grès et d'argiles, donne au vin son gout typique de pierre à fusil. Cela étant le vignoble existait bien avant. On trouve trace de la réputation du vignoble de Saint André dès le II° siècle avant Jésus-Christ. Et ce seraient les Croisés qui auraient rapporté quelques ceps d'Altesse, un cépage autochtone de Savoie.

Je vous invite à cliquer sur "plus d'info" pour suivre le déroulé entier de la balade et bien sur aussi sur la première photo pour regarder les clichés en diaporama plein écran.

vendredi 22 juillet 2016

Hors-Concours, un nouveau prix littéraire

Gaëlle Bohé connait bien l'univers de l'édition et du livre. Je devrais dire "des" livres puisqu'elle est autant compétente en littérature générale qu'en édition culinaire.

Elle est partie d'un constat très simple et assez désarmant : les "petits" éditeurs, entendez par là ceux qui sont indépendants, sont tenus éloignés des prix littéraires. Alors elle a eu l'idée de créer un Prix qui soit réservé à ces éditeurs dont elle loue la sensibilité et l'engagement et dont le nom est venu naturellement, ... Hors Concours dont elle a fondé l'académie.

Cette iniative soutenue par le MOTif, reprend le modèle des grands prix littéraires tout en proposant une structuration originale. Construit en trois temps, il permet à l’interprofession de découvrir l’actualité de l’édition indépendante. La volonté est nettement affirmée de promouvoir les meilleurs titres sur les réseaux sociaux, en librairies et en bibliothèques.

Il a enfin pour finalité de faire découvrir au grand public une sélection qualitative des auteurs publiés dans l’année dans l’édition indépendante.

Ce sont donc les maisons d'édition qui ont, dans un premier temps, retenu un auteur et un seul, et choisi un extrait d'un titre, et d'un seul, uniquement dans la fiction ou le récit en littérature adulte, francophone, publié au cours des 12 derniers mois et pouvant assurer (en cas de succès) un e édition nationale.

La contrainte était de ne pas dépasser le nombre de 50 et elle a pu être maintenue, ce qui n'était pas gagné d'avance quand on sait qu'il existe plus d'un millier d'éditeurs indépendants.

Parallèlement au recueil de textes, des professionnels du livre ont été sollicités pour faire partie du jury et c'est un grand plaisir pour moi de faire partie de cette première aventure qui me rappelle, dans un contexte différent ma participation au Grand Prix des Lectrices de ELLE. Le principe de ce Hors Concours me séduit particulièrement maintenant que j'ai (un peu) l'habitude de la chronique littéraire.

Le jury est constitué de 300 personnes (libraires, bibliothécaires, journalistes ...) ce qui va permettre de faire une pré-selection qui a du sens.

Les extraits des titres des auteurs en compétition, issus des catalogues des textes d’autant d’éditeurs indépendants ont été compilés dans un catalogue collectif qui m'a été remis et que j'ai commencé sans tarder à éplucher. Chacun des membres doit donner d'ici le 18 septembre sa sélection de 8 titres. L'originalité de la démarche est qu'il n'est pas obligatoire à ce stade de justifier son choix mais je m'y prépare malgré tout.

Juger sur des extraits n'est pas aussi aisé qu'on peut le penser et j'avoue ne pas avoir encore trouvé une méthode qui "fonctionne". Après plusieurs tâtonnements, le plus simple me semble désormais de lire le texte sans rien savoir auparavant de l'auteur et de son intention. Aux mots de se défendre tout seuls !

Le catalogue est extrêmement bien conçu, avec des pages additionnelles pour la prise de notes. Et aussi un petit carnet qui se déplie en poster et qui est une aide pour sélectionner les 8 favoris. Gaëlle Bohé suggère 4 critères d'appréciation : le style, l'intérêt de l'histoire, la construction des personnages et le degré d'émotion que l'on éprouve à la lecture.

Les 8 finalistes seront annoncés publiquement le 3 octobre et le jury final disposera des livres dans leur intégralité pour attribuer le 10 novembre le premier prix au lauréat qui recevra un chèque, sera le parrain de l'édition Hors Concours 2017 et sera invité au Livre Paris.

On ne pourra bientôt plus dire que cette édition n'a pas de prix ...
Académie Hors Concours, 210 rue Saint-Maur, 75010 Paris - 06 61 84 97 27
contact@hors-concours.fr

jeudi 21 juillet 2016

Onze grandes et trois petites (cuisine et vins) à Chambéry

Je suis allée en Savoie faire une balade gastronomique à travers les vignobles d'Apremont, des Abymes, et surtout de Chignin et Chignin-Bergeron (73). 

J'y ai gouté des vins issus de cépages totalement inconnus  de moi jusque là comme la Jacquère, l'Altesse, la Mondeuse ou le Persan ... en toute logique puisqu'ils ne sont plantés que sur ces versants qui composent une infinité de micro-terroirs.

Je compte bien relater cette découverte sur les 8 kilomètres de flânerie gourmande. Pour patienter voici une halte dans un restaurant de Chambéry, au nom évocateur, Onze grandes et trois petites (cuisine et vins), qui outre une carte de vins très étendue avec plus de deux cents références, propose une cuisine simple et traditionnelle mais très qualitative parce que tout y est préparé maison, à base de produits frais et de saison.

Le nom fait figure d'énigme et ce n'est pas l'équipe qui vous mettra sur la piste. Nous avons pensé qu'il s'agissait d'une allusion à des bouteilles, ce qui a provoqué un sourire ... appelant à chercher d'autres hypothèses que je vous laisse imaginer.
La première décision à prendre concerne la table. On entre dans le restaurant par une salle qui se déploie autour d'un superbe comptoir de bois sculpté qui fait office de bar, façon bistrot, sans perturber l'ambiance appartement installée par des tables basses et de profonds fauteuils de cuir.

Quelques reliques subsistent de l'ancienne cartonnerie. Notamment ce meuble de rangement où les bouteilles ont naturellement trouvé un lit à leur taille.

Les éléments de décor semblent là depuis toujours, un piano, des casiers ... à vinaigre de Nancy (qui ne pouvaient que retenir mon attention et raviver le souvenir de la visite des installations du grand vinaigrier Martin Pouret, basé depuis 1797 au 236 faubourg Bannier à Orléans).

On peut opter pour les zones "restaurant" avec une alternative entre deux décors selon la salle.

Ma préférence va directement à l'ambiance de l'Atelier, presque confidentiel mais si convivial, avec sa grande tablée qui s'étend sous des suspensions de porcelaine  et ses dessertes bordées de bouteilles venant de Savoie mais aussi des quatre coins de France. A signaler que bien entendu l'établissement a également une sélection de vins au verre à découvrir entre 5 et 9 € (12cl).

J'ai adoré la vaisselle, ancienne, dont plusieurs motifs me ramenaient directement chez ma grand-mère d'une manière incroyable. On pense que sa famille a des goûts uniques et on s'aperçoit que leur manière de vivre était universelle ...
Les plats qui nous ont été servis étaient simples mais savoureux, aussi beaux que bons, présentés généreusement et élégamment dans des plats "comme autrefois  à la maison".

Pour commencer une Déclinaison de tomates de chez Botti et Mozarella Burrata. On dirait un tableau avec les couleurs flamboyantes des tomates dont on comprend bien qu'il s'agit de fruits, disposées joliment entre les feuilles violettes de la salade Trévise et des bouquets de basilic. A coté de la tomate rouge classique, taillée en gros morceaux, de belles grappes de très grosses tomates cerise, la tomate ananas, orangée, dense et juteuse et puis la Green Zebra, qui bien que créée en 1985, est considérée à l'égal des tomates anciennes. Sa chair ferme et fondante a un goût sucré et on peut l'employer en dessert, par exemple associée à des fraises.

mercredi 20 juillet 2016

Partir en livre

On devine l'allusion puisqu'on cherche à cibler les jeunes : partir en live, c'est bien l'expression qu'ils lancent à tout bout de champ.

Le ministère de la Culture et de la Communication et le Centre national du livre ont choisi cette seconde quinzaine estivale pour imaginer une grande fête du livre à destination de la jeunesse.

Il ne faudrait pas en déduire que les jeunes ne lisent pas ou plus. L’école est certes le premier prescripteur mais ils sont près de 80% à dire aimer lire par goût personnel, pour leurs loisirs. D'après une étude menée par le CNL ils lisent en moyenne 6 livres par trimestre, dont 4 dans le cadre de leurs loisirs et consacrent environ 3 heures par semaine à la lecture pour leurs loisirs.

Plaisir, détente, évasion sont encore le trois bénéfices essentiels jusqu'à l'entrée au collège. C'est sans doute ce moment qu'il va falloir cibler puisque la concurrence des autres activités, et le manque de temps qu’elle génère, devient alors un frein majeur à la lecture des jeunes.

Inversement avoir des parents grands lecteurs est un élément très favorable. C'est sans doute pour contrebalancer un déficit que les centres de loisirs ont massivement inscrits les enfants aux animations proposées aujourd'hui dans le premier parc éphémère d’attractions littéraires à Pantin.

Un sac (avec une visière en carton et une bouteille d'eau ce qui était assez malin étant donné la canicule aujourd'hui même si le ciel menaçait) était remis à chacun avec deux exemplaires de Je Bouquine et un ouvrage dédié à Roald Dahl, offert par les éditions Gallimard jeunesse et le Centre national du livre.

Avec un texte de l’auteur sur la lecture et ses secrets d’écriture, ainsi que les chapitres 1 et 7 de Matilda, qui est une de ses oeuvres les plus touchantes.

J'ai remarqué quelques-unes des animations organisées par le Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis qui toutes rencontraient déjà un fort succès.

Sans doute parce que le programme est varié et attractif. Et que des lieux ont été aménagés de manière propice : la mare aux histoires est attirante par ses couleurs pour les tout-petits et leurs familles, les hamacs des "cabanes" par leur tranquillité.

Ceux qui n'ont pas envie de tourner les pages pourront laisser les histoires s'engouffrer dans leurs oreilles, en prenant place dans un des transats de Radio France. J'en ai fait l'expérience.

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