samedi 24 juin 2017

Inauguration du Pavillon des arts et du patrimoine de Chatenay-Malabry (92) avec les animaux en voie d'apparition d'Artbouliet

A l'heure où la sixième extinction massive d'animaux ne fait hélas plus de doute les créatures imaginées, sculptées et peintes par Sylvie et Philippe Bouliet font figure à la fois de vestiges préhistoriques (du fait de l'emploi de matériaux de récupération) comme de figures anticipatives du fait de la créativité et de la tendresse de ce couple d'artistes.

C'est une excellente idée de les avoir choisis pour inaugurer un des nouveaux espaces d'exposition du Pavillon des arts et du Patrimoine de Chatenay-Malabry (92) qui accueillera des associations châtenaisiennes développant les arts plastiques (dessin, peinture, photographie, artisanat, etc.) ainsi que prochainement les bureaux de l’Office de Tourisme.

Le pavillon est situé entre le Parc du Souvenir-Français et la rue Jean-Longuet. Construit au XIXe siècle, il a été successivement une résidence particulière, la mairie principale, une bibliothèque et a également accueilli le Conservatoire. La rénovation de sa façade en 2013 et 2014 lui a redonné son aspect architectural d'origine, et le remplacement des menuiseries et zingueries ainsi que la réfection de l'escalier, du perron et de la toiture ont achevé de lui rendre son lustre.
Revenons à ... nos artistes. Ils sont installés à Paris dans un atelier ouvert occasionnellement. Philippe commence en créant un volume à partir du fil de fer d'une bobine de fil galvanisé avant de le momifier en quelque sorte cette armature avec ce qu'on appelle du papier mâché (des bandes de papier imbibées de colle pour papier peint) qu'il laisse ensuite sécher.

C'est alors qu'intervient Sylvie. Elle pose une sous-couche blanche puis trace des motifs très colorés avec une peinture acrylique avant de vernir. Elle est vraiment la spécialiste de la couleur, allant parfois jusqu'à investir les socles.
Cela fait maintenant 8 ans qu'ils travaillent à 4 mains dans une parfaite harmonie. L’alliance de la forme, de la couleur et du motif des graphismes peints font de leurs Animaux en voie d'apparition des œuvres uniques et originales.
On peut considérer que Philippe détourne la forme animale et que Sylvie détourne la peinture, en s'inspirant de ce qui a été fait au Moyen-Age, par Picasso ou Miro.

Leurs inspirations sont multiples et souvent drôles, toujours élégantes et extrêmement soignées.  Comme les titres des oeuvres. Ci-dessus c'est un kimono de basse-cour que l'on nous invite à découvrir. Beaucoup évoquent l'Afrique, combinant parfois deux animaux bien réels comme le Rhinoroulécéros (non photographié).

L'exposition de Chatenay présente un zoo imaginaire très vaste, incluant aussi des animaux obtenus avec l'ajout d'objets de récupération, eux aussi détournés.
Mais ils peuvent aussi revisiter l'être humain et faire des objets qui ont une fonction, en particulier des luminaires, composant au final un cabinet de curiosités plutôt joyeux.

Leurs oeuvres ont été exposées dans différents musées français : Muséum aquarium de Nancy (2008), Musée Pierre-Corneille à Petit-Couronne (2007), Musée du Papier à Pont-à Mousson (2004).

Pavillon des Arts et du Patrimoine, 98 rue Jean-Longuet 92290 Chatenay-Malabry
Sculptures en duo : Animaux en voie d'apparition
Du samedi 24 juin au samedi 9 septembre
Le mardi de 10 h à 12h30 et de 16 h à 18 h, le mercredi de 10 h à 12h30 et de 14 h à 18 h, jeudi de 10 h à 18 h, le vendredi de 14 h à 18 h, le samedi de 10 h à 12h30 et de 14 h à 18 h.
Tél. : 01 47 02 75 22

vendredi 23 juin 2017

Un dîner au Isla Calaca dans le cadre du festival ¡Qué Gusto!

Le festival ¡Qué Gusto! met à l’honneur la gastronomie mexicaine chaque année au mois de juin depuis 3 ans grâce à la volonté d'une jeune femme qui pilote l'opération animée par l'amour de son pays, Ximena Velasco. Cette année cette troisième édition se déroule dans plus d’une trentaine de restaurants parisiens du 15 au 25 juin 2017.

Les tacos sont de la partie avec le Tacos Challenge, une compétition pour élire le meilleur tacos de la saison avec un jury composé de spécialistes et le vote des internautes.

Le festival ¡Qué Gusto! propose aussi des cours de cuisine, de danse, et des découvertes gustatives.

Parmi les festivités les plus attendues, on trouve les Dîners à quatre mains associant un chef mexicain et un chef français. Ensemble, ils préparent un menu spécial et original, une cuisine hybride mêlant les savoir-faire des deux pays.
Mais le clou de l'édition est le Dîner à six mains, orchestré par le parrain mexicain Daniel Ovadia (Bull & Tank Restaurant Group, au Mexique) avec Salvador Orozco (Mexique), de droite à gauche ci-dessus... associés pour la soirée avec le français Alexis Braconnier.
 
Il ne s'agit pas ce soir de tortillas, ou de burritos comme on peut en voir dans certaines échoppes de cuisine rapide mais de gastronomie. Car la cuisine mexicaine a été classée au patrimoine mondial de l'Unesco et révèle beaucoup de subtilités ... et de surprises.

Six mains qui ont orchestrés autant de plats en une succession de saveurs souvent inédites pour nos palais parisiens.
Alexis Braconnier se lance le premier en proposant un Ceviche de pescado, plus précisément Ceviche de merlu, granité concombre, mezcal, sauce basque. Grande fraicheur, délicatesse, raffinement de la sauce basque à base d'ananas et piment d'Espelette. On sent une pointe d'ail ... procurée par les petites pousses vertes de ce condiment, disposées parcimonieusement, mais fort astucieusement.

mercredi 21 juin 2017

Costumes espagnols entre ombre et lumière à la Maison de Victor Hugo

La nouvelle exposition de la Maison de Victor Hugo mérite bien son titre, Costumes espagnols entre ombre et lumière. Elle va réjouir les yeux des parisiens qui restent cet été dans la capitale.

Elle est installée au second étage, mais il faudra ensuite descendre d'un niveau pour voir quelques pièces témoignant de l'hispanophilie de l'écrivain français.

Elle est composée d'un remarquable ensemble de costumes traditionnels espagnols issu des collections du Museo del Traje, le Musée du Costume et du Patrimoine ethnologique à Madrid, en lien avec la Saison Espagnole du Palais Galliera.

On peut voir pour la première fois à Paris une quarantaine de vêtements et accessoires de la fin du XVIIIe au début du XX° siècle, jadis catalogués au rang de témoignages folkloriques.

Les pièces choisies sont superbes, très bien conservées, et mises en scène comme s'il s'agissait de tenues d'un défilé de haute couture, à l'instar d'un studio photo, devant un cyclo déroulé du plafond jusqu’au sol.

La seconde bonne idée est d'avoir placé cette collection en miroir avec une abondante sélection de photos de José Ortiz Echague (1886-1980) – ingénieur de formation, et dont la grande passion fût la photographie.

Du Maroc espagnol, aux provinces de son pays natal, il a saisi les paysages, les monuments, et surtout les habitants avec leurs costumes traditionnels en rendant compte de leurs rituels avec acuité et bienveillance. J'ai choisi deux clichés qui ne sont pas identiques aux photographies que j'ai prises pour ne pas saturer le lecteur mais on constate sur place combien  l'écho est troublant.
Cette présentation est inédite et unique. la beauté de plusieurs pièces coupent le souffle. L'intensité des couleurs provoque le premier étonnement. Nul doute que la richesse et la finesse d'exécution de ces costumes traditionnels de toutes les régions d'Espagne ... ont inspiré les plus grands couturiers espagnols, comme Balenciaga, puis tous les autres ensuite, en particulier Christian Lacroix.
 
Ces tenues étaient portées quotidiennement ... avant que la mode (uniforme) ne s'impose en Espagne comme dans tous les pays. Le livre du photographe a constitué aussi un fond de ressources pour les couturiers. A quelques rares exceptions ce sont les personnes qui les ont portés qui les ont réalisés. Alors à nos aiguilles !

lundi 19 juin 2017

Mal parti de Monique Jouvancy chez Buchet Chastel

C'est sur qu'avec un titre pareil, Mal parti, rien ne tournera rond. Pourtant il s'accroche et nous avec.

Malgré ses défauts, et son caractère tantôt touchant, tantôt franchement odieux on se dit qu'un jour quelque chose de bon adviendra, même s'il a eu toute l'enfance, longue, pour se faire à la défaite (p. 24). Et le lecteur continue d'espérer.

On croit un moment qu'après un début de vie chaotique la trajectoire est redressée. On refuse de suivre le père qui a assimilé le fils à un désastre (p. 42) et pour qui la réussite au certificat d'études ne remet pas la prophétie en cause. Ce père, il ne l'épatera jamais.

Il a pourtant un vrai métier et il peut légitimement croire en une réussite. Nous aussi. Mais l'ascenseur social se grippe à cause de ce qui devient un accident de parcours, en toute catastrophe.

Monique Jouvancy n'épargne ni les désirs, ni les défaites à son héros très ordinaire, en ce sens que cet homme a pu être un camarade d'école, un de nos voisins, un collègue peut-être. On a tous rencontré des personnes qui sont "mal parties". Celui-là est emblématique du genre, lui qui n'existe que derrière le pronom il, gouverné par des parents qui sont indéfinis avec l'emploi du on, car ils sont eux aussi anonymes.

L'écriture est prenante. Nous sommes très vite immergés dans la vie provinciale de la seconde moitié du XX°siècle, il n'y a pas si longtemps ... Elle nous met la tête sous l'eau mais on ne quitte pas la piscine. Il faut croire qu'on aura le souffle pour gagner l'autre rive.

Ce roman là est conçu pour être lu d'une traite. Allez-y, plongez !

Mal parti de Monique Jouvancy chez Buchet Chastel, en librairie depuis le 2 février 2017

dimanche 18 juin 2017

Le serment des pirates, nouvel opus du Petit Vampire de Joann Sfar chez Rue de Sèvres

On connait tous Joann Sfar, non ?  Il est illustrateur, romancier, réalisateur français, et même musicien. Il joue notamment du ukulélé. On a pu le voir ponctuellement sur scène avec Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos. Il est l'auteur de pochettes du groupe et du clip de la chanson Tes lacets sont des fées. Il a également réalisé, avec Kerascoët, le clip Hyacinthe pour Thomas Fersen.

Mais surtout il est l'auteur d'une centaine de bandes dessinées, appartenant à ce qu'on a nommé la nouvelle vague des années 2000 avec d'autres auteurs de BD qui revendiquent une liberté formelle en cherchant à s'éloigner des formats classiques franco-belges. En effet, il est autant à l'aise dans les formats classiques (Le Chat du rabbin, Donjon) ou plus novateurs (Klezmer ou ses Carnets autobiographiques).

Petit Vampire, comme Sardine de l'espace l'ont fait connaitre auprès des adultes et de la jeunesse. Cette série a été adaptée pour la télévision en 2003. En 2010, on découvre Joann Sfar dans le cinéma avec le film Gainsbourg, vie héroïque qui obtient le César du meilleur premier film.

En 2011 il a sorti une adaptation en dessin animé du Chat du Rabbin dont j'ai apprécié la drôlerie et l'intelligence, avec lequel il obtint le César du meilleur film d'animation.

Petit Vampire est tout à fait représentatif de l'univers du bédéiste et on est heureux qu'il nous revienne. La série déjà existante compte sept albums, réalisés entre 1999 et 2005. On annonce de "nouvelles aventures" mais il ne s'agit pas d'une suite. L'auteur fait au contraire une sorte de flash-back en racontant les évènements qui ont transformé un petit garçon normal en… Petit Vampire il y a trois cent ans.

Quand l'histoire précède celle d'une œuvre antérieurement créée en se concentrant sur les événements se déroulant avant le récit original on désigne l'oeuvre sous le terme de préquelle. Et c'est ainsi qu'il convient de qualifier ce tome 1.
Avoir 10 ans éternellement (planche 9-p. 15, ci-dessus), c’est vraiment dément !!! Sauf qu'en vivant enfermé dans une grande villa, même entouré d'une joyeuse bande de monstres, de pirates et de morts-vivants, au bout de trois cents ans, on commence à s'ennuyer ! Petit Vampire rêve de découvrir le monde. Mais quand il décide de partir explorer la ville, d'obscures forces se réveillent... Et si les vampires pouvaient finalement être morts-morts ? Petit Vampire aurait-il mis toute sa famille en danger ?

Le sujet pourrait effrayer mais la tendresse et un humour poétique sont très vite repérables pour rassurer les parents de mettre cet album entre les mains de leur progéniture dès l'âge de 8 ans. C'est une bonne entrée dans le fantastique. Et surtout, la joie de vivre de Petit Vampire est communicative. On voudrait comme lui qu'un esprit nous souffle de ne jamais nous souvenir des choses tristes (p. 12).

Sur le plan de la forme, les albums de la série comptaient jusque là une trentaine de pages. On passe à plus du double, avec jusqu'à douze cases par page, ce qui permet d'enrichir l'histoire qui peut franchement devenir joyeuse comme cette bagarre (planche 57 p. 63).
Les deux tomes suivants seront-ils eux aussi en continuité avec cette prequelle ou une suite au dernier de la série précédente...  ? Rien n'a encore filtré. On guettera le tome 2 en janvier 2018 et le 3 à l'automne suivant.

Petit Vampire, Tome 1 : Le serment des pirates, de Joann Sfar et Sandrina Jardel, série en trois tomes chez Rue de Sèvres depuis le 10 Mai 2017

samedi 17 juin 2017

Gaston et Lucie

Une horde  d'enfants, plutôt bien jeunots, gigotait dans une queue serpentine passage Louis Philippe, manifestant leur impatience que "ça" commence. Pour des raisons inexpliquées les portes du Café de la danse restaient fermées.

La dernière représentation de Gaston et Lucie allait commencer avec un certain retard. Pour être venue plusieurs fois ici les horaires sont toujours un peu approximatifs mais on aime la programmation, éclectique et de qualité, dans une salle idéalement située près de la Bastille et de taille moyenne.

Les lecteurs qui me connaissent savent que je m'investis assez largement. J'avais rencontré Nicolas, alias Monsieur Lune, pour la sortie de son dernier album et apprenant qu'il avait aussi imaginé une comédie musicale pour enfants je voulais en avoir le cœur net.

À Boville, tout le monde se trouve beau. Par contre, tout le monde trouve Gaston très moche. C’est en quelque sorte l’exception qui confirme la règle. Un matin, le Soleil refuse de se lever et laisse ainsi les Bovillains dans le noir. Incapables de réagir ni de se coiffer, ils permettent à Gaston de quitter la cage du cirque où il travaille, pour partir vers l’antre du Soleil tirer cette histoire au clair…

Le pitch me semblait un peu simpliste. Le fil conducteur est très classiquement inspiré des contes de littérature jeunesse.
Ce que j'ai trouvé par contre original c'est le traitement associant des images vidéo au graphisme moderne, un récitant dont le visage se découpe dans un disque comme un quartier de lune, d'excellents musiciens, une chanteuse à la voix hyper mélodieuse et Monsieur Lune himself en chanteur musicien chef de bande ... de Big band en l'occurrence.

vendredi 16 juin 2017

Les noces de Figaro mise en scène par Julie Gayet pour Opéra en plein air

Les six mois de travail que Julie Gayet a partagé avec Ken Higelin, le fils du chanteur Jacques Higelin ont vraiment été profitables.

On dit qu'il est plus habitué qu'elle à ce type d'exercice. Il est vrai que même si elle adore l'opéra et qu'elle joua et chanta autrefois Barberine, lorsqu'elle était au Conservatoire, elle n'avait jamais réalisé une mise en scène de cette nature.

La mission est pleinement remplie. Mozart a composé ces Noces de Figaro, en s'inspirant de la comédie de Beaumarchais Le Mariage de Figaro (1778) et la version que nous offre la jeune femme est sans doute fidèle à l'esprit.

On perçoit les touches tragiques comme les moments comiques, les instants de passion tout autant que les calembours, tous ces paradoxes qui font de ce opéra un chef d'oeuvre, la quintessence du théâtre musical dira Julie Gayet. Une folle journée qui est le miroir d'une société et de ses codes qui ont changé.

La jeune femme a mis beaucoup d'elle-même dans la mise en scène et pour avoir eu l'opportunité de discuter avec elle je peux assurer qu'elle l'a fait avec coeur et simplicité.

Sous sa houlette quasi magique on redécouvre une oeuvre que l'on croyait bien connaitre.

Quelle idée intelligence d'avoir fait sortir les musiciens de dessous la fosse d'orchestre ! C'est la première fois qu'on les voit jouer sous un kiosque.

Julie Gayet aime les musiciens et elle ne les cache pas. La musique n'est plus seulement illustratrice. Elle est partie prenante de la soirée, et ce n'est que justice.

jeudi 15 juin 2017

Prix Polar SNCF 2017

Le Prix Polar SNCF existe depuis des années et il concerne de plus en plus de lecteurs au fil du temps. Le terme est d'ailleurs à comprendre dans un sens élargi puisque la catégorie Court-métrages a rejoint la plus classique catégorie Romans qui elle-même s'était enrichie de la catégorie Bandes dessinées.

Le suspense ne dura pas très longtemps ce soir pour la remise des Prix dans une mise en scène évoquant de grandes figures aventurières comme Sherlock Holmes ou James Bond.

C'est tout au long de l'année que la compétition se déroule, avec l'objectif de faire découvrir un maximum de titres aux usagers, pendant leurs trajets en train, ou à leur retour, par écrans interposés. Et cette année ce ne sont pas moins de 35 000 votes qui ont été enregistrés sur le site.

Le Salon Livre Paris donna au printemps l'occasion à la SNCF d'animer les allées en proposant aux visiteurs de résoudre une énigme policière, avec à la clé la possibilité de choisir un des romans finalistes du Prix Polar.

Il se trouve que mon préféré, et pour lequel j'ai voté, fut Grossir le ciel de Franck Bouysse (Le Livre de Poche).

Mystérieuse et rurale, cette histoire d’amitié troublée par la mort d’un abbé, a remporté les prix Polar Michel-Lebrun 2015, Polars Pourpres 2015 ou encore Sud-ouest du polar (Gradignan) 2016. On ne s'étonne donc pas qu'il soit le gagnant du Prix Polar SNCF. Cela ne signifie pas que les autres titres ne méritent pas votre attention. Les voici tous en lice :

mercredi 14 juin 2017

Par amour de Valérie Tong Cuong chez Lattès

Je n'avais pas lu Par amour au moment de la rentrée littéraire alors que j'aime énormément Valérie Tong Cuong.

J'appréhendais de l'ouvrir en raison du thème. Petite fille, j'ai tant entendu de confidences de mes grands parents à propos de ces terribles années, et j'ai tellement compris combien ma mère a eu son enfance bouleversée à cause de la Seconde Guerre Mondiale que j'ai du mal à me plonger dans un roman qui traite de cette période, du 10 juin 1940 à septembre 44, sans que les souvenirs ne fassent écran.

Il m'est donc difficile de donner un avis objectif sur le roman. Je sais qu'il s'appuie sur l'histoire familiale de l'auteure et cela impose le respect. Le traumatisme fut inimaginable pour quiconque n'a pas été touché de près ou de loin, ce qui oblige à reconnaitre l'importance et la nécessité d'un devoir de mémoire mais j'avoue que j'aimerais qu'on me parle d'autre chose.

Ceci posé le roman de Valérie est un chef-d'œuvre de construction. Il est intéressant de l'avoir conçu sur un mode semi-choral de manière à toujours relancer l'intérêt du lecteur en changeant de point de vue. Et puis il se déroule au Havre que je devais (enfin, car c'était un projet conçu de longue date) visiter. Des soucis de santé m'ont contrainte à renoncer au séjour. C'était un signe pour voyager avec le livre, ... et le film d'Aki Kaurismäki, sorti en septembre 2011.

J'ai revu les images de bombardements telles que nous les montre le Mémorial de Falaise. La Seconde Guerre mondiale a fait plus de 35 millions de civils. Vous avez bien lu, 35 millions. Le Calvados en particulier a vu en moyenne près de la moitié de ses constructions détruites ... par les bombes alliées, ce qui est encore plus difficile à admettre, évidemment. Comme l'explique Jean (p. 105) à propos de l'occupation de son établissement scolaire : les Anglais visaient les Boches et des Boches on en avait plein le bâtiment. A force de bombarder Le Havre (plus de 800 bombes en un an) la ville fut détruite à 70%. Il est certain que c'est terrible.

L'auteur pointe que Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. On tient debout, pour l’autre plus encore que pour soi-même. Cette maxime a valeur universelle. Connaissant tout cela, ce qui m'a émue dans le roman de Valérie ce furent les pages consacrées aux enfants. Le repas d'anniversaire que le jeune garçon pensait naïvement pouvoir enrichir de quelques patates tourne au drame, et on comprendra pourquoi à la fin du livre. J'ignorais que la Croix Rouge avait envoyé des gamins en Algérie, occasionnant des séparations difficiles même s'il est vrai qu'ils y furent en sécurité. Le passage sur la découverte de l'amertume des olives est insolite.

Et puis j'avais oublié la recrudescence de la tuberculose et l'effroi que cette maladie provoquait alors. Pour le reste, je trouve qu'on lit un peu trop souvent des phrases du type : si j'avais alors pu me douter que ... (p. 68) La dernière fois, nous étions encore pleins d'orgueil, de confiance et d'espoir : nous étions invincibles. Comment peut-on se tromper à ce point ?

Que l'un des protagonistes fasse semblant de se conformer aux exigences ennemies pour masquer ses activités de résistance, est assez banal. Et même si les enchainements de situation sont dramatiques on peut deviner comment tout finira. A l'exception peut-être de l'explication du mutisme de la petite Lucie.

L'écriture est juste, sans sensiblerie excessive, à hauteur d'homme (si je m'autorise à reprendre l'expression de l'auteure, parce qu'elle est très juste). Elle démontre la complexité de la guerre sans prendre parti et son remarquable travail de documentation est à saluer.

Valérie Tong Cuong est née en 1964. Elle a fait des études de littérature et de sciences politiques. Après avoir travaillé huit ans dans la communication, elle a décidé de se consacrer complètement à l'écriture. Elle a écrit de nombreux romans dont les très remarqués L'Atelier des Miracles et  surtout Pardonnable-Impardonnable que je recommande sans aucune réserve. Par Amour est son 11ème roman.

J'ai toujours autant d'aller au Havre, pour voir la reconstruction pilotée par Auguste Perret, le même architecte qui bâtit la Comédie des Champs Elysées dont je visiterai les coulisses dans quelques jours.

Par amour de Valérie Tong Cuong chez Lattès

mardi 13 juin 2017

Un nouveau Big Fernand dans la capitale parisienne, au coeur du BHV

On va penser que je fais de la publicité, pourtant non. Si je vous raconte cette inauguration peu ordinaire c'est parce que je connais déjà bien l'univers de Big Fernand et que je sais que les ingrédients y sont de qualité.

Vous retrouverez l'essentiel de ce qu'il y a à savoir sur le concept et sur leur label qualité dans mon précédent billet, consacré à une ouverture à la porte sud de la capitale, à Montrouge.

Voilà notre hamburgé (c'est comme cela qu'on doit dire) grimpé au sommet d'un de nos grands magasins préférés, le BHV. Il manque l'accès à la terrasse, mais ça c'est parce qu'on a très très chaud ces jours-ci. Dès que la température sera retombée on n'y pensera plus et la vue sur l'Hôtel de ville est déjà très agréable.
Les recettes fétiches n'ont pas changé. Et j'adore le Lucien, qui est la version végétarienne. Les Fernandines (entendez par là les frites) sont toujours croustillantes comme on les aime.

En terme de localisation, nous sommes au 5ème étage. Les vêtements enfants sont à quelques mètres et je pense que la marque va se tourner un peu plus vers les jeunes affamés.

La salle n'a rien à voir avec celle des snacks de restauration rapide (même si on vous sert sans délai chez Big Fernand). Tout vaut le déplacement.

C'est -puisque les enfants vont venir- une bonne occasion de faire fonctionner leur sens de l'observation et d'enrichir leur lexique avec des expressions peu communes comme rince-coudes ... poste de commandement en leur cherchant des synonymes.
L'endroit a un atout de taille, avec une salle d'affinage dont il est le seul (pour le moment) à disposer. Elle est bien visible à l'entrée et ne désemplira pas quand on sait la quantité de fromages AOP qui est utilisée.
Surtout la Tomme de Savoie au lait cru qui entre dans la composition de 4 recettes de hamburgé.
Kevin, le patron des lieux, est toujours en action. c'est du sport que de le photographier. Il a déjà beaucoup d'idées pour que "son" restaurant soit le plus attractif, ... le plus longtemps. Comme par exemple en travaillant en nocturne quand le magasin lui-même amplifie ses heures d'ouverture. Mais par chance il peut déjà fonctionner le dimanche.
Quand il fait une chaleur caniculaire les glaces sont encore plus appréciées. Je ne sais pas si j'ai le droit de le révéler, mais elles sont fabriquées par Philippe Faur, et c'est une des références majeures dans le domaine. Christian Etchebest l'a choisi pour ses Cantines du Troquet. Ma préférence va au citron meringué mais le parfum madeleine (à droite) est très réussi.

lundi 12 juin 2017

Night in white Satie au théâtre du Rond-Point puis au Festival d'Avignon off 2017

Il y eut une représentation exceptionnelle de Night in white Satie en septembre 2016 au Théâtre du Rond-Point. C'est la seconde version, donnée le 12 juin 2017, dans une formation plus resserrée, que j'ai vue et qui sera à l'affiche au Théâtre du Balcon, pendant le Festival d’Avignon du 7 au 30 juillet.

Le spectacle s'inscrit dans la célébration de l’anniversaire de la naissance d’Erik Satie (150 ans en mai 2016), à l'initiative de l'Adami qui gère et fait progresser depuis 60 ans les droits de plus de trente mille artistes-interprètes en France et dans le monde. le 18 octobre prochain ce sera Bob Dylan qui sera à l'honneur.

Pierre Notte a bénéficié d'une grande liberté pour évoquer cet immense artiste qu'était Satie, et qui a influencé tous les arts. Comédie, musique, chanson et danse se répondent sur scène et composent un spectacle très original et très réussi.

dimanche 11 juin 2017

C'est trop bien de Philippe Delerm

C'est le premier livre de Philippe Delerm dont j'ai envie de parler sur le blog et celui-ci est annoncé dès 9 ans. Vous l'aurez compris, C'est trop bien est un ouvrage de littérature jeunesse.

Mais je le recommande à tous âges. Il rassemble une vingtaine de textes courts, dressant au final un panorama des petites joies et des émotions quotidiennes d'un enfant d'une dizaine d'années : petits riens ou instants forts à déguster entre les lignes, mais aussi moments rares à savourer en toute quiétude.

Annoncé comme un hymne au bonheur ce recueil est joyeux, poétique ou sensible, selon les pages.

Les jeunes lecteurs les savoureront-ils à leur mesure ? En tout cas les plus âgés, sans doute nostalgiques, sauront y repérer ce qui fait le sel de la vie.

On revit avec Philippe Delerm des moments de partage autour d'une phrase pleine de sous-entendu comme aujourd'hui il pourrait bien neiger.

L'auteur a le chic pour pointer les moments extraordinaires dans l'ordinaire de la vie. Il a raison de l'écrire : les adultes aimeraient avoir une cabane dans leur chambre (...) comme si on existait sans exister. (p. 15)

Et aussi grimper dans les arbres, parier sur les bénéfices qu'on tirera d'une brocante, aller dormir chez un copain, faire une bataille de poloches avec Grand-père. Parce que chacun de ces moments .... c'est trop bien (p. 35).

S'il ne fallait retenir qu'un seul texte de cette série je prendrais Un petit frère qui croit (encore) au Père Noël (p. 53) parce que cette nouvelle synthétise tout le bonheur familial.

C'est trop bien de Philippe Delerm, Milan, mai 2017

vendredi 9 juin 2017

Santiago Lomelli est le premier grand couturier mexicain installé à Paris

Quand on pense haute-couture on imagine l'inaccessible. Ça l'est bien sûr, et en terme de prix surtout, parce que les matières sont nobles et que les heures de travail placent les pièces réalisées à un niveau de coût de production très élevé mais ce n'est pas pour autant que tous les grands couturiers vivent sur un nuage.

En tout cas, il en est un qui sait être abordable. C'est Santiago Lomelli qui est le premier grand couturier mexicain installé à Paris, et depuis 2012 dans cette maison du Saint Germain-des-Près du 7ème arrondissement où je l'ai rencontré il y a quelques semaines. L'atelier est à la fois le lieu où il travaille avec son équipe et celui où il reçoit sa clientèle.

C'est à deux pas du Prince jardinier dans une ambiance assez proche, à l'allure presque cabinet de curiosités.

Si je n'écris pas "ses clientes" c'est parce qu'il a aussi bien une collection destinée aux femmes que de très beaux costumes pour les hommes. Ce sont malgré tout surtout les robes qui ont attiré mon regard parce qu'elles sont tout simplement sublimes.
Mais convenez que ce noeud papillon puisse faire envie. Le papillon est très inspirant pour ce créateur, en l'occurrence le Morpho Didius qui, posé sur le manteau de la cheminée, donne son nom au salon bleu.

jeudi 8 juin 2017

Nue sous la lune de Violaine Bérot chez Buchet Chastel

Nue sous la lune est un livre bouleversant parce que derrière cette oeuvre manifestement de fiction, en tout cas on l'espère, Violaine Bérot met en mots tout ce que la violence psychique peut faire comme ravages, bien plus que la violence physique, même si souvent les deux modes sont liés.

Celle (je pourrais tout autant écrire celui) qui a été meurtrie ne peut rien dire. En général elle est très forte, et c'est pour cela que le bourreau l'a choisie. Très souvent, comme dans cette histoire, ça commence par un déracinement : Elle a tout abandonné pour lui. Elle avait du talent, commençait à être reconnue comme sculpteur. Mais elle est devenue moins que sa servante. Insidieusement. S’est oubliée, reniée.

Au fil des années, car la relation d'emprise s'installe toujours durablement, il n'y a guère que deux voies possibles, supporter, ou fuir.

La victime pense naïvement que l'absence de plainte fera cesser l'agression, mais le silence n'est pas un paravent contre la cruauté.  C'est souvent dans le regard d'un proche qu'elle comprend que l'autre va trop loin mais le reconnaitre est plus douloureux que de continuer à nier.
C'est arrivé un matin alors que nous déjeunions. Un jeune homme m'a regardée, il a regardé les marques sur mon visage, le pourtour bleu de mon œil, il m'a regardée et j'ai senti qu'il aurait préféré ne pas comprendre ce qu'il était pourtant en train de comprendre (...). Çà voulait dire que je n'étais pas folle, que tu avais vraiment fait ce qu'il me semblait que tu avais fait.
Ces paroles sont déterminantes : la victime n'est pas persuadée que c'est elle qui a raison. Elle se sent confusément coupable. Voilà pourquoi elle s'est tue. Et quand elle comprend c'est la honte qui l'empêche de parler.

Si elle exprimait ses souffrances à son entourage, ce qu'elle ne fait pas dans le roman, il est probable qu'elle ne serait pas réellement crue ni soutenue. Elle serait alors exposée à une sorte de double peine. Elle ne pourrait que se replier dans le silence, pour oublier, le temps d'un répit. Jusqu'à s'oublier elle-même, devenir personne, comme l'écrit Violaine Bérot. Et avoir perdu jusqu'à toute raison de vivre.

La fuite, parfois, est salutaire, à condition de partir assez tôt, pour ne pas rechuter dans cette relation diabolique. C'est ce que tente la jeune femme dans les premières pages. Mais quand le processus est sévèrement installé le départ physique ne suffit pas pour déclencher une prise de conscience de sa capacité à se reconstruire ailleurs.

Violaine Bérot n'explique rien, ne justifie aucun geste, aucune décision. C'est arrivé, comme une maladie, contre laquelle il serait vain de chercher à lutter. Jouer à te quitter me rendait la vie supportable (p. 12). Si une rémission est envisageable, la guérison elle, ne l'est pas. C'est irrémédiable, c'est à dire littéralement sans remède.

On aura beau se raccrocher à ce qu'on peut, à des objets qui ne nous trahiront pas, ni ne nous remettront en cause (si le bourreau ne vous les jette pas ...). Ces objets sont par essence inanimés et inappropriés pour communiquer une force. Les petites femmes de bois de la jeune femme sont sans effet, comme le furent probablement les Causeuses de Camille Claudel. La destruction de la personnalité est si lente que même l'individu concerné ne s'en rend pas compte. Mais un jour vient où l'on n'est plus personne, donc effaçable.

Violaine Bérot a ancré le roman dans l'univers de la sculpture, ce qui est très habile parce qu'on remarquera que le sculpteur n'emploie pas le ciseau que sur les troncs d'arbres. Il sculpte et rabote aussi les pensées de sa compagne. A la référence, jamais citée, mais si présente de Rodin, on verra le Christ de Zadkine (p.88). Mais cela pourrait se passer dans n'importe quel milieu.

Elle démontre que l'art n'exonère de rien et qu'on ne peut pas s'en sortir tout seul, sans appui. Elle m'avait déjà touchée avec Des mots jamais dits. Elle est discrète mais ses livres ont une force incroyable pour dénoncer toutes les formes de violence dans une langue empreinte de poésie.
Violaine Bérot élève des chèvres et des chevaux en Ariège. Ecrire est pour elle totalement vital et plutôt que résumer sa biographie je préfère lui laisser la parole, tirée de son site.

Je suis née en 1967 au fond d’une vallée pyrénéenne. Ensuite il y a eu les études, la ville, une belle situation – informatique, aéroports et voitures de location, parfaite jeune cadre dynamique…

A 30 ans, j’ai tout lâché. Me trouvais ridicule dans cette vie-là. Suis retournée vivre au plein cœur des Pyrénées. Loin. Adossée aux arbres, avec la montagne en plein regard.

Par chez moi, on sait peu que j’écris, on l’oublie, ça n’importe pas. Écrire ne ressemble pas à un travail. Le seul métier que l’on me reconnaisse dans ma vallée, est celui d’éleveur. On ne fait pas appel à moi pour parler littérature mais lorsqu’une mise-bas est difficile, ou parce que mes mains savent traire et qu’il faut remplacer quelqu’un. Pour les gens de mon pays, que j’écrive n’est pas gênant, c’est seulement comme superflu.

J’écris pourtant. En-dehors du travail des bêtes, je crois même ne faire presque que cela. Quand je n’ai pas l’air d’écrire, j’écris encore. Je lis au soleil, et c’est pour écrire. Je marche des heures durant, et c’est encore écrire. Je ne dors pas la nuit mais c’est toujours écrire. Parfois je m’assieds à ma table, il ne me faut presque rien, un stylo, un papier – et puis, oui, une chose encore, cela surtout : me refermer très fort sur moi. Écrire c’est me retrouver seule, intensément.

Nue sous la lune de Violaine Bérot chez Buchet Chastel, en librairie depuis le 12 janvier 2017
Photos provenant du site de l'auteure

mercredi 7 juin 2017

Le Zicatela, un restaurant authentiquement mexicain

Je devrais écrire "les" Zicatelas puisqu'un petit frère a rejoint la maison mère, ouverte en 2003 au 8 rue Geoffroy-Marie 75009 Paris, à quelques mètres des Folies Bergère.

Celui-là est pile en face du Grand Rex, au 42 rue Poissonnière, 75002 Paris et n'est ouvert, midi et soir, que depuis trois jours. C'est donc tout frais !

La façade va être bientôt refaite, pour donner directement sur le trottoir mais elle est déjà aux couleurs du Mexique.

Pepe Iglesias ne relâche pas la pression. Ce n'est pas pour autant qu'il abandonne un sourire indéfectible.

Il a débauché son cuisinier Christopher il y a quelques semaines en le faisant venir du Mexique où il avait un restaurant et tous les deux ne chôment pas car les clients ne cessent d'arriver. Tous semblent venir en connaissance de cause et s'adressent en espagnol pour commander, parfois directement au comptoir de la cuisine ouverte.

Christopher est heureux d'être à Paris car si sa mère est mexicaine, son père est français.

Avec l'affluence il faut un peu patienter et un verre de sangria (en toute modération cela va de soi) permet d'attendre.

La décoration est sobre mais elle évoque le Mexique sans aucun doute possible : cactus, drapeau national, récipient en forme de tête de mort ...

jeudi 1 juin 2017

Dégustation de thés de La Compagnie Française de l'Orient et de la Chine

Vous connaissez sans doute le concept store parisien de la Compagnie Française de l'Orient et de la Chine. Celui du Boulevard Haussmann est complété par le restaurant le Yoko alors que l'établissement Rive Gauche, installé depuis un an boulevard Raspail, vient d'ouvrir un bar à thé.

La nouvelle gamme est disponible dans les 2 concept stores mais la dégustation n'est envisageable que rive Gauche. On y propose une sélection de thé d'exception, à commencer par  des "Grands Crus",  sans oublier les "Thés Verts" et les "Oolong",  et puis les "parfumés" qui ont toujours leur public.

J'ai participé à une dégustation menée par Gilles Brochard, qui est un grand spécialiste de cette boisson à propos de laquelle il a publié plusieurs ouvrages. En sa qualité de président-fondateur du Club des buveurs de thé on ne pouvait qu'avoir l'assurance de passer un moment dans la grande tradition du thé.

Il avait amené son plateau spécial, qui s'appelle un bateau, pour préparer la boisson selon la cérémonie du Gong Fu Cha (qui signifie le temps du thé), permettant de jeter les premières eaux et de répartir les suivantes dans les petites coupelles.

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