samedi 17 juin 2017

Gaston et Lucie

Une horde  d'enfants, plutôt bien jeunots, gigotait dans une queue serpentine passage Louis Philippe, manifestant leur impatience que "ça" commence. Pour des raisons inexpliquées les portes du Café de la danse restaient fermées.

La dernière représentation de Gaston et Lucie allait commencer avec un certain retard. Pour être venue plusieurs fois ici les horaires sont toujours un peu approximatifs mais on aime la programmation, éclectique et de qualité, dans une salle idéalement située près de la Bastille et de taille moyenne.

Les lecteurs qui me connaissent savent que je m'investis assez largement. J'avais rencontré Nicolas, alias Monsieur Lune, pour la sortie de son dernier album et apprenant qu'il avait aussi imaginé une comédie musicale pour enfants je voulais en avoir le cœur net.

À Boville, tout le monde se trouve beau. Par contre, tout le monde trouve Gaston très moche. C’est en quelque sorte l’exception qui confirme la règle. Un matin, le Soleil refuse de se lever et laisse ainsi les Bovillains dans le noir. Incapables de réagir ni de se coiffer, ils permettent à Gaston de quitter la cage du cirque où il travaille, pour partir vers l’antre du Soleil tirer cette histoire au clair…

Le pitch me semblait un peu simpliste. Le fil conducteur est très classiquement inspiré des contes de littérature jeunesse.
Ce que j'ai trouvé par contre original c'est le traitement associant des images vidéo au graphisme moderne, un récitant dont le visage se découpe dans un disque comme un quartier de lune, d'excellents musiciens, une chanteuse à la voix hyper mélodieuse et Monsieur Lune himself en chanteur musicien chef de bande ... de Big band en l'occurrence.

Le public est venu en connaissance de cause : beaucoup ont déjà vu le spectacle. Les applaudissements sont nourris alors que les musiciens entrent en scène et que la salle s'assombrit sous le chant ... des cigales pour le moment.

Le début est plutôt original. Monsieur Lune, malgré son nom, chante un hymne au soleil. Et pour que le public suive l'histoire sans mal, des panneaux lumineux s'allument pour donner le nom des personnages. Parfois je rêve d'amour nous confie le soleil. Deuxième chanson en l'honneur des habitants de Boville qui sont des bovillains dans une ambiance quasi rock. La suivante dédiée à Gaston est tout autant rythmée mais pourtant empreinte de tendresse et d'une poésie certaine.
Le roi très beau n'a pas de chance car sa fille Lucie est très laide malgré ses beaux atours. L'ode à la nuit est propice au rêve. Gaston est déjà (un peu) amoureux de Lucie. Un héro c'est beau et Lucie m'aimera chante alors Nicolas avec la voix évoquant Arthur H, qui m'avait déjà frappée lorsque j'avais écouté son dernier album. Il fait quelques pas de danse très alertes.
Que le monstre soit végétarien, c'est plutôt tendance, à part des carottes, pour de belles notes, il ne mange rien. Et ce moment est très applaudi. Les chansons sont courtes, ce qui convient très bien à un jeune public.
Le soleil est parti mais il reviendra et la salle sera alors tout à fait éclairée. C'est déjà le final : c'est ici qu'on se sépare / qu'on se dit au revoir.
Des tonnerres d'applaudissements récompensent Frédéric Monaco à la batterie, Gaël Derdeyn au violon, à la mandoline, au montage des décors, Guillaume Zeller à la basse, Jean-Pierre "Cheveu" Bottiau, à la guitare et banjo, Alice pour son interprétation de Lucie, clavier et médolica et Monsieur Lune aussi bien entendu, guitare et chant.
Modestement, Nicolas ne revendique pas "la comédie musicale " mais l'adaptation d'un livre musical dont la séance de dédicace a suivi avec succès cette dernière représentation.
Un nouveau livre disque est en préparation, et sans doute sûrement futur concert, en octobre sur le même principe. On sait déjà qu'il s'intitulera le Dernier jour. Et on espère que cette nouvelle histoire sera aussi poétique que la première, aussi joyeuse également.
L'incroyable histoire de Gaston et Lucie, livre-disque, de Nicolas Pantalacci et Sébastien Rost, chez Papaluna Productions, depuis le 3 novembre 2010

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