samedi 16 septembre 2017

Le sens de la fête de Eric Toledano et Olivier Nakache

Le sens de la fête est attendu dans les salles le 4 octobre prochain mais le public du festival Paysages de Cinéastes l'a découvert en avant-première avec enthousiasme.

Le thème de cette édition, la comédie, collait parfaitement à l'esprit du film. Depuis l'énorme succès d'Intouchables on sait combien Eric Toledano et Olivier Nakache excellent à faire rire tout en faisant réfléchir le spectateur sur les travers de la vie en société. 

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes, il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd'hui c'est un sublime mariage "sobre, chic et élégant"  dans le magnifique cadre XVII° du château de Courances (77), celui de Pierre et Héléna, que nous allons suivre en coulisses de 4 heures de l'après-midi jusqu'à l'aubeComme d'habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l'orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos.

Je n'aurais pas donné ce titre à ce film qui, selon moi, s'intéresse bien plus aux relations humaines dans le monde du travail qu'aux conditions à remplir pour qu'une teuf soit pleinement réussie. J'aurais plutôt retenu quelque chose comme L'esprit d'équipe. Il y a néanmoins plusieurs scènes ultra savoureuses, ... et on peut penser que certains n'oseront plus programmer un lâcher de ballons sans frémir.

C'est le contrebassiste de jazz israélien, Avishai Cohen, qui signe une musique métissée de percussions, darbouka, contrebasse et piano, en évitant le travers de la reprise de Mendelsohn.

Les comédiens sont évidemment pour beaucoup dans le succès du film. Jean-Pierre Bacri interprète un patron qui est à bout, prêt à vendre son entreprise et néanmoins toujours aux taquets pour motiver-encourager-et houspiller son équipe si nécessaire, et cela sans faire "du Bacri" de manière excessive, ce qui n'était pas facile en soi. Il est du coup extrêmement sympathique. On retiendra sa formule fétiche On garde son calme, et on s'adapte au premier couac dans notre vie de tous les jours.

Il coache ceux qui ne sont pas dans le coup avec tendresse et humour : Active-toi, mets une hélice et va bosser.

Jean-Pierre Rouve campe un photographe vivant encore à l'ère de l'argentique mais qui découvrira ce que le numérique peut lui apporter pour gérer ses relations ... amoureuses, grâce aux connaissances de son stagiaire. A l'entendre se plaindre de sa solitude on pense à Jean-Claude Dus (Michel Blanc) désespéré de ne pouvoir conclure dans les Bronzés. Sauf que l'issue sera différente. Les temps évoluent ...

Gilles Lelouche interprète un DJ un peu has-been qui évoluera positivement. C'est bien un des intérêts de ce film que de montrer comment chacun va, petit à petit, et malgré (ou à cause) des problèmes devoir modifier son comportement. A force de s'adapter on devient différent et on peut réviser sa conception des choses.

Sous prétexte de comédie, les réalisateurs traitent des sujets d'actualité, comme la discrimination et l'égalité. Un film à regarder ... en équipe avant une séance de team-building ! Histoire de détendre l'atmosphère et de lancer le débat.

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