dimanche 10 décembre 2017

Concert de mariaFausta pour son premier album solo Million Faces

Etre invité(e) à un concert de "lancement" d'un disque, c'est toujours l'assurance de vivre un moment exceptionnel. Je l'ai maintes fois constaté. Celui que mariaFausta a préparé en est la preuve.

Son premier album solo, Million Faces est disponible sur tous les magasins de musique en ligne, par exemple Itunes. C'est un voyage à la recherche d’un langage qui explore la Pop dans ses nuances Jazz, Rock, Blues.

Violoniste classique diplômée avec mention auprès du Conservatoire National de Musique Corelli de Messine, Maria Fausta Rizzo, de son vrai nom, a collaboré 12 ans avec les frères Melo et Pippo Mafali. Elle a poursuivi sa formation en France au Centre des Musiques de Didier Lockwood, d'où elle est sortie avec un diplôme de musique jazz.

Je l'avais découverte dans cette même salle du Théâtre de Nesle où elle interprétait en live la musique de la pièce Doll is mine. C'était une révélation. J'avais hâte de la revoir sur scène et cette soirée a comblé les attentes de tout le public ... jusqu'à une petite fille (sa nièce) de moins de trois ans qui a joué les choristes impromptues avec un à propos déroutant et spontané. C'est sans doute comme cela que naissent les vocations.

L'acoustique de la salle correspond parfaitement à ce qu'on peut espérer. Et quand on a la chance de voir en duo cette excellente violoniste avec l'extraordinaire Didier Lockwood vous pensez bien qu'on est proche des dieux. No picture about me est un pur moment de bonheur. Ils ne sont que tous les deux et la présence d'autres musiciens n'est alors pas nécessaire.
Elle se met ensuite au piano, qui est son deuxième instrument de prédilection, pour l'accompagner en chantant d'une voix qui semble "violoniser". Aucun doute possible : mariaFausta est (aussi) une rockeuse. Elle chante en anglais depuis son enfance, pour une question de sonorités. L’anglais correspond parfaitement à sa façon de chanter, au timbre de sa voix, à ses chansons, même si elle ne renie pas sa langue natale, l'italien, ni le français qu'elle parle à la perfection.
Le jazzman évoque les moments passés avec elle dans son école de Dammarie-les-Lys. Il avait tout de suite perçu ce qu'elle avait de différent de tous les autres : sa capacité à jouer et à chanter en même temps, d'une manière incarnée, lui faisant penser à Janis Joplin. Il salue tout autant sa compétence en temps que compositrice.

Le troisième morceau se situe dans une tonalité radicalement particulière, faisant davantage penser à une berceuse. Ces deux-là s'entendent à merveille malgré une manière de jouer très différente, et c'est ce que le public apprécie ce soir. mariaFausta n'utilise pas toujours l'archet et semble exploiter le violon de diverses manières.

Le grand musicien lui fait l'honneur et le plaisir de l'accompagner pour le premier morceau de l'album, Look over. mariaFausta l'a voulu comme une déclaration d’amour à la beauté. On vit dans un monde peuplé de mythes et de héros de légende... J’ai arraché tous les posters des murs de ma chambre, c’est ainsi que cette chanson est née. Se sentir tout simplement une partie de quelque chose de plus grand... quelque chose de parfait. La conscience de tout ce que je reçois au contact de la nature m’amène à dépasser mes peurs. Je veux regarder plus loin... au-delà de moi-même.

Le plaisir est partagé et rare car il est différent de ce qu'on pourra entendre en écoutant le CD. Kevin Reveyrand est à la basse et Matthieu Chazarenc à la batterie.

Hélas Didier s'en va mais un autre musicien d'exception, Olivier Ker Ourio, apparait avec son harmonica pour Rare Woman (piste 4), une chanson qu'elle a écrite lorsqu'elle n'avait que 17 ans. L'album a joui de la collaboration d’artistes reconnus au niveau international : Franco Mezzena Violoniste classique italien, Olivier Ker Ourio, harmoniciste jazz français, Didier Del Aguila bassiste flamenco français. Il se veut comme un voyage entre différents styles à la recherche d’un langage qui explore la Pop dans ses nuances Jazz, Rock, Blues ...
Ce sera ensuite un texte qu'elle a composé un soir, juste avant de rentrer en Sicile pour se marier, Love Song (piste 7), dédiée naturellement à son mari Giuseppe, et qu'elle la chante seule au piano. Je voudrais construire jour après jour notre vie ensemble nous confie la jeune femme.

Suivra Legend (piste 3) qui s'adresse à ceux qui sont prêts à faire le grand saut. Puis In the room (piste 11) dont les paroles pourraient être diversement interprétées : I was in the middle of the night / And here comes the sense of my life (...) Should I share my silence ... La tonalité est clairement blues et la petite fille aime visiblement l'harmonica qui l'incite à gazouiller.
L'harmonica n'a plus sa place dans la musique pour Rememberin'me (piste 8) qui témoigne par contre d'une part plus sombre de sa personnalité. Le batteur effectue un très bel accompagnement pour cette chanson terriblement rock.

mariaFausta a mis trois ans pour réaliser cet album et on comprend qu'il a fallu ce temps pour explorer plusieurs facettes, et justifier le titre de l'album, Million Faces. Elle est aussi chef d'orchestre et a commencé à travailler en tant que compositrice pour les chaînes du groupe RTI Mediaset. Ensuite elle a collaboré, en jouant et en composant, avec beaucoup de formations : du duo, avec la Dj Helen Brown, au trio, avec les frères Mafali, au quartet, pour un tribut à Astor Piazzolla et jusqu’à des Rock Bands. En tant que chanteuse et violoniste soliste, elle travaille avec de nombreux orchestres. En France, où elle a vécu quelques années, elle forme un duo avec la pianiste Jessica Rock et collabore avec plusieurs formations jazz/blues. Elle n’a jamais abandonné la musique classique et continue à enseigner le violon et à se produire avec des ensembles orchestraux. D’ailleurs, elle vient de rentrer d’une tournée chinoise.

Olivier Ker Ourio revient et nous offre un très beau solo auquel le piano lui répondra.
Baby Shine (piste 6) est l'occasion d'effectuer des percussions sur le piano alors que le percussionniste fait résonner une caisse comme un djembe. Très différent de l'interprétation que l'on peut entendre sur le disque on perçoit malgré tout une voix qui fait penser à Alice Merton quand elle chante No roots, grand succès actuel.
Ce n'est pas déjà fini ? Les saluts le laissent entendre mais une dernière chanson nous ravit avant qu'on se quitte dans une ambiance blues. mariaFausta est une artiste éclectique. Il est certain qu'on la reverra bientôt sur une scène, de théâtre ou de concert, ou les deux évidemment. Ces millions de visages sont les siens et correspondent à tout ce qui la fait vibrer, et nous avec. Son timbre est particulier et complexe. Sa manière de jouer est très personnelle, d'une ampleur et d'une implication qui fait aussi penser à Véronique Sanson bien qu'elles n'aient pas le même registre. Entre soul et rock cet album est envoutant, délicat et complexe.
Million Faces, de mariaFausta, dans les bacs le 12 Novembre 2017
Musiques, textes et arrangements de Maria Fausta Rizzo, chanteuse-compositrice italienne 
Le dimanche 10 décembre 2017 à 21h30
Au Théâtre de Nesle
8, rue de Nesle, 75 006 Paris
Avec Matthieu Chazarenc à la batterie, Kevin Reveyrand à la basse
Et la participation du violoniste de jazz Didier Lockwood et de l'harmoniciste jazz français Olivier Ker Ourio.

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